‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 36 sur 285 · INSECTES. — HÉMIPTÈRES. — PUNAISES. — PUCES · texte numérisé non relu

INSECTES. — HÉMIPTÈRES. — PUNAISES. — PUCES

Mais la plus incommode de toutes les espèces de ce genre est la Punaise des lits [Cimex lectularia^ Linn.) nommée dans l'intérieur Chinche de Castilla (Punaise de Castille) , pour la distinguer de rhorrible Vinchuca indigène. Il parait qu'elle a été effectivement importée d'Espagne et qu'elle n'existait pas autrefois. Azara raconte qu'on ne la connaît au Paraguay que depuis 1769, et dans la province de San-Juan, où elle abonde aujourd'hui ; on nous a affirmé qu'elle avait été importée récemment par des effets venus d'Europe. Quant au littoral, nous croyons bien qu'elle y existe depuis la découverte. On a beaucoup de peine à s'en débarrasser, et ce n'est que par une extrême propreté et beaucoup de persistance que l'on y parvient.

La Vinchuca ressemble à une Réduve {Redtivius physorhynckus^ Ser\.) ; c'est un insecte qui vole au besoin. Il porte une tête séparée du thorax par un étranglement prolongé ; sa forme est ovalaire, sa couleur chocolat, comme la punaise ordinaire ; sa longueur atteint de deux à trois centimètres. A peine la nuit est-elle arrivée, que ces horribles insectes sortent de leurs trous et s'abattent sur les dormeurs, dont ils piquent toutes les parties découvertes pour leur sucer le sang. Si par hasard on se retourne dans le lit et qu'on les écrase, ils laissent une grande tache sanglante sur les draps. Leur piqûre, assez douloureuse, cause ensuite une démangeaison très- désagréable. Ces insectes habitent les climats les plus secs et sont communs dans tout rintérieur. On peut les détruire assez facilement en les pourchassant avec soin ; mais les vieilles maisons, les chaumières, les maisons de poste surtout, en sont infestées. Aussi, l'été, couche-t-on presque toujours en plein air pour les éviter, car elles restent dans T intérieur des maisons et ne volent pas au dehors. La Vinchuca est rare sur le littoral, mais très-commune dans les provinces andines et surtout dans celle de San-Juan, où l'extrême sécheresse du climat pai^ît faciliter sa reproduction.

La Puce [Pulex)^ qui, comme la Punaise des lits, est aptère, c'està-dire sans ailes, est rangée dans ce groupe. Ainsi la Puce ordinaire [Pulex irritans^ Linn.) infeste horriblement les maisons restées pendant quelque temps sans habitants. Sur le littoral, il y eu a en toute saison, et l'on peut s'en préserver par la propreté ; mais, dans l'intérieur, si elles disparaissent en grande partie pendant 1 été, elles y reparaissent avec un nouvel acharnement l'hiver. Sous

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ce rapport, Tucuman est détestable. Il n\ a que les maisons neuves et bien construites qui en soient exemptes. Cet insecte infeste même quelques parties de champs et de bois, où Ton est tout étonné d'en trouver sur le sol. On sait d'ailleurs que c'est une plaie des pays qui se rapprochent des tropiques.

La Chique des Antilles [Pulex pénétrons^ Linn.), connue sous le nom de Pique et de Nigtia^ se montre à partir du 29* degré. Elle se loge particulièrement dans les doigts de pied à côté des ongles. Cette puce ressemble de prime abord à une puce ordinaire; seulement elle a le corps un peu plus allongé, ainsi que le bec ou suçoir, à l'aide duquel elle perce le trou par oii elle s'introduit sous l'épiderme. Cet insecte, si c'est une femelle fécondée d'avance qui s'y introduit, augmente considérablement de volume par suite de la dilatation du ventre, qui est rempli d'œufs, et devient de la grosseur d'un pois, si l'on ne se hâte de le retirer. La douleur produite par cette puce varie en raison de la sensibilité des personnes. Quelquefois ou s'en aperçoit presque aussitôt qu'elle a pénétré ; d'autres fois ce n'est que lorsqu'elle est déjà assez volumineuse qu'elle amène de la douleur. L'unique et sur remède est de faire une petite incision à l'épiderme avec la pointe d'un couteau, d'un canif, et de retirer l'insectt», qui représente alors une petite poche ronde, blanchâtre. Les Indiennes et les métisses sont fort adroites pour ces extractions, qu'elles opèrent sans occasionner la moindre douleur. Une simple lotion, et l'application d'un petit linge, s'il y a une plaie, suffisent après l'opération; toute autre chose est inutile. On cite cependant des cas de tétanos, et nous en avons vu un nous-même à Bella-Vista, en juin 1836, après une piqôrede Nigua, Mais ces cas sont fort rar^s, et, par expérience, nous préférons encore la chique au Bicho Colorado (Rouget, Lcptits autumnalis) ^ dont nous allons bientôt parler. — La malpropreté , la négligence ou une extraction incomplète peuvent cependant amener des plaies rebelles et même la chute des ongles. Les Français de la colonie de la NouviUc-Bordeaux, sur la rive droite du Rio-Paraguay, près de l'Assomption, en souffrirent beaucoup au commencement, parce qu'ils ne savaient pas bien s'y prendre pour leur extraction, et que la plupart ignoraient ce qu'était cet insecte, qui n'est réellement pas dangereux, si on l'enlève dès le moment où l'on s'aperçoit de sa présence.

DinÈRKs. — Cet ordre comprend d'autres insectes qui sont un

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