‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 45 sur 285 · ANE · texte numérisé non relu

ANE

L'Ane serait complètement méprisé sur le littoral s'il ne servait à la production de la mule et du mulet, cet animal si précieux pour le pays et dont on apprécie toute l'utilité quand on a, comme nous, goûté des Cordillères ou des travesias. L'âne fut introduit en même

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temps que le cheval, mais il n'est pas, que nous sachions, devenu sauvage conune son congénère. Il est môme assez remarquable, au point de vue de la physiologie animale, que l'une, si beau et si robuste en Orient, son pays d'origine, n'ait pas repris ses formes et son énergie premières dans une contrée si analogue à celles de l'Orient sous le rapport du climat et des productions.

L'espèce que l'on élève dans le bassin de la Plata n'a rien donc de particulier, quoique l'on mette quelque soin au choix des étalons pour la production des mulets. Ces étalons sont cependant d'apparence médiocre, bien que les métis qui en résultent soient au contraire d'une assez belle taille et très-vigoureux, probablement à cause de la bonne qualité des juments que l'on consacre à cette production.

L'âne est employé comme bétede somme au Paraguay, principalement aux environs de l'Assomption, où les Indiennes qui founiîssent le marché de cette ville populeuse s'en servent pour le transport de leurs denrées. Les ânes de ces localités sont tous d'une taille moyenne, de couleur café au lait, et ont le poil très-ras. En réalité, c'est une jolie race, quoique un peu petite. On les traite bien, et le fourrage est toujours abondant dans le pays. Aussi l'animal s'y entretient-il en bon état. — Dans le nord de la Confédération, les ânes sont moins beaux, plus petits, mais très-durs à la fatigue. Ils sont multipliés dans les provinces de la Rioja, de Catamarca, de Salta et de Jujuy, et s'emploient principalement dans la montagne. En Bolivie, c'est avec le Lama, presque le seid animal de transport.

Les Baudets que l'on destine à la reproduction sont donnés à nourrir à une jument qui vient de mettre bas, et qui, si Ton prend quelques précautions, ne s'aperçoit pas de cette substitution. Ils s'élèvent ainsi avec les juments, et, lorsqu'ils sont adultes, on les emploie à les cou>Tir. Pour cela, on forme à l'âne étidon une niatiada^ c'est-àdire une troupe de juments reproductrices, qu'il sait parfaitement conserver et qu'il défend avec succf^s contre les empiétements des chevaux entiers ; il expulse ceux-ci a force d'entêtement et de courage, car il se bat avec plus de fureur et d'opiniâtreté que le cheval lui-même. Cette manada se compose de 23 à 30 juments auxquelles il suffit parfaitement. En leur compagnie, il vague dans les champs comme le reste du bétail. Cependant le baudet n'est pas aussi attaché à ses juments que le cheval et se permet de temps à autre des excursions lointaines à la poursuite de quelque cavale étrangère. Il a besoin d'être un peu surveillé. Les jeunes mides et mulets accompagnent

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