‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 47 sur 285 · ANIMAUX DOMESTIQUES. — MULET. — MOUTON · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES. — MULET. — MOUTON

avec la même facilité la chaleur et le froid. Aussi nul autre animal ne peut-il le remplacer dans la montagne. En outre, pour le voyage il a les allures plus douces que le cheval, soutient son même pas allongé des douze et quinze heures, et est aussi frais le soir en arrivant à la couchée que le matin au départ. Peu sont vicieux, quoiqu'ils ruent davantage que le cheval et qu'il faille toujours s'en défier. Habitués à marcher en troupe, ils suivent toujours la jument dite madrina (marraine), qui, la sonnette au cou, marche en tête de la bande. Un bon mulet travaille pendant une quinzaine d'années^ si on ne le surmène pas.

Le cheval, l'âne et le mulet, voilà les trois grands moyens de locomotion et de transport dans l'Amérique du Sud, et particulièrement dans le bassin de la Plata. Tels qu'ils sont, c'est-à-dire tels que la nature et l'acclimatation les ont faits (car l'homme en a abandonné en quelque sorte la reproduction au hasard), ils forment des races déjà remarquables par leurs qualités et même leur beauté ; mais combien ne seraient-elles pas susceptibles de s'améliorer, si elles étaient l'objet des soins intelligents et rationnels dont on les entoure en Europe ! Que ne pourrait produire^ ^ous un climat si favorable, au milieu de pâturages si substantiels, l'introduction de l'étalon arabe pour les che* vaux de selle, celle du percheron ou du normand pour les chevaux de trait, celle du baudet du Poitou pour la mulasse ? Quelle facilité n'aurait-on pas, même immédiatement, pour améliorer les races indigènes d'une manière sûre, quoique un peu plus lente, par un choix des meilleurs reproducteurs pris parmi ces milliers d'animaux qui paissent dans les pâturages naturels, et où se i^ncontrent parfois de si magnifiques sujets I II n'est pas douteux pour nous qu'on ne parviendrait, au bout d'un certain nombre d'années, à avoir ici des e^ces aussi belles que les plus remai^quables de l'Europe et de l'Asie.

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