‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 48 sur 285 · MOUTON · texte numérisé non relu

MOUTON

Le Mouton, introduit dès le principe dans le bassin de la Plata, comme les précédents animaux domestiques, ne fut pendant longtemps l'objet d'aucuns soins. On se garda bien d'y amener le Mérinos, qui prospérait alors dans la Péninsule, laquelle, fidèle à son système envers l'Amérique qu'elle regardait comme devant toujours beaucoup consommer et peu produire, s'en réservait soigneusement le qionopole. Gr&ee à Texcellence du climat, malgi'é sa fai*'

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blesse native et Tabsence presque complète des soins de Thomine, le mouton se propagea extraordinairement, non point à l'état sauvage, mais en troupeaux considérables autour de quelques estancias. Dans l'intérieur on recueillit une petite partie de leur laine pour la fabrication de quelques tissus grossiei's ; sur le littoral on se contenta de prendre quelques peaux pour en tirer des pelions. On alla jusqu'à tuer des milliers de ces animaux pour faire de la chaux avec leurs os, abandonnant la peau et la chair aux chiens et aux vautours. Comme l'on se nourrissait exclusivement de viande de bœuf, on négligeait celle du mouton, regardée comme inutile ou mauvaise. Cet état de choses dura jusqu'en 1820, époque où l'établissement de nouveaux Européens dans la Plata révéla l'utilité que devait avoir l'élève du mouton, surtout sil'on venait un jour à améliorer la race par des croisements judicieux avec les béliers importés du vieux continent.

Dans les provinces de l'intérieur, le mouton avait été cependant un peu moins négligé que sur le littoral ; on fen eut partout quelques petits troupeaux, et, sur une aussi gi^ande surface de pays, l'animal, devenu indigène, se forma en plusieurs sous-races, différentes, non par la taille, qui resta toujours petite, mais par la laine, qui fut plus ou moins feutrée, plus ou moins longue. Il est même extraordinaire que, chez des animaux abandonnés à eux-mêmes pendant si longtemps et sous des latitudes aussi chaudes, le type primitif ait si peu varié. Ainsi, même aujourd'hui, au Paraguay, près de l'Assomption, où la température moyenne est de 23 degrés, le mouton n'a pas perdu sa laine frisée, comme cela est arrivé dans le nord de l'Afrique ; il y est resté de petite taille, perdant de temps à autre de grandes plaques de laine, qui se dét<ichent d'elles-mêmes parct^ que l'animal n'est pas soigné ; mais il diffère peu de l'espèce qui vit dans les autres provinces du littoral. Les Indiens sauvages du Chaco élèvent eux-mêmes quelques moutons, exactement pareils à ceux du Paraguay.

Dans les provinces de San-Luis, de Cordova, de Santiago-del-Estero, la race est plus belle, plus haute sur jambes; elle porte une toison plus fine et plus touffue. A Catamarca, la laine est déjà d'une finesse remarquable ; elle atteint sa qualité supérieure dans la Puila de Jujuy, où, sur de froids plateaux élevés de 3,500 à 3,800 mètres, les brebis paissent, mêlées aux lamas, un gazon court, mais substantiel, et où l'absence de chardons, de bardane, d'insectes do toute nature, favorise la production d'une laine fine et toiiffue, qui reste toujours parfaitement nette. Aussi l'exportation de cette laine

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