‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 63 sur 285 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pr^dolta d« rèipie aMlnaL

§ I. — Produits naturels ou à l'état sylvestre^ obtenus par la

chasse, la pêche etc., etc.

PBLLETERISS.

En passant eu revue les animaux les plus remarquables du territoire de la Confédération argentine, nous avons indiqué les produits utiles qu'on en pouvait obtenir.

Les peaux de Tigre et de Fourmilier sont très- recherchées, mais très-rares, car celles que Ton se procure généralement dans le pays sont données en présent, et ne peuvent guère être considérées comme un objet de commerce. Elles se vendent néanmoins très-bien ; ainsi une beUe peau de Jaguar vaut toujours au moins 8 piastres (40 francs), et va jusqu'à une once d'or (80 francs) lorsque c'est celle d'un mâle et qu'elle est bien marquée. Les peaux d'Ocelot, de Couguar, de Chat sauvage, beaucoup plus petites, ont une faible valeur ; mais la peau de la Panthère fauve du Brésil et des Missions atteint le prix de celle du Tigre. — Quant à celles d'Aguara et de Renard, on en rassemble si peu qu'elles ne peuvent entrer en ligne de compte. Cependant on tue assez de renards pour pouvoir tirer parti de leur peau, qui donne une jolie fourrure grise ; mais généralement on la laisse se perdre. — Les Indiens Pampas emploient la dépouille du Zorrillo à faire de charmants tapis de pied qu'ils viennent vendre à Buénos-Ayres. — Ceux du Chaco vendent ou échangent à Corrientes et à Santa-Fé des peaux de Cerf, de Capibara, etc., contre des haches, des vêtements, etc. On tanne ces cuirs, qui ser\ent à faire des chaussures de chambre très-solides, surtout celle du Capibara, qui est épaisse et très-résistante. — La peau du Tapir, qui est rare, est em« ployée pour faire des brides, des harnais de cheval. — On ne fait rien de celle de la Yisoache, qui cependant pourrait servir à tous les usages auxquels on emploie celle du lapin, et qui a l'avantage d'être plus grande et plus forte.

Les deux pelleteries d'exportation sont celles de la Loutre et du Chinchilla. — La Loutre abonde partout, principalement dans la

lagune de los Porongos, où se perd le Rio-Dulce, et dans les lacs du Chaco. Sa peau est très-fine et très- douce; aussi les Mocovis voisins de Santa-Fé en apportent-ils des quantités considérables sur ce marché. Le prix en est généralement de 3 à 4 piastres la douzaine dans le commerce. — Le Chinchilla vient des régions andines, surtout de la frontière de Bolivie. Salta fait le principal commerce de cette fourrure et l'exporte au Chili ou à Cobija. Son prix sur les lieux est de 4 piastres la douzaine.

Les plumes d'Autruche sont un objet d'exportation d'assez de valeur : ce sont encore les Indiens Pampas qui en approvisionnent le marché de Buénos-A)Tes. La quantité qui vient de la Bande-Orientale ou des provinces est insignifiante. A Buenos- Ayres, on la met en balles à la presse hydraulique et on l'expédie pour l'Europe. Les Indiens font aussi avec la plume du ventre de l'Autruche de beaux tapis blancs d'une grande dimension, mais qui ont l'inconvénient de ne pouvoir se conserver longtemps, car les vers, presque toujours, attaquent le bas de la plume et à la longue la détruisent.

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