COCHENILLE
Nous venons d'en parler tout à l'heure. L'exportation en est tout a fait insignifiante ; elle se consomme dans le pays pour la teinture des fils de laine ou de coton, avec lesquels on fabrique encore quelques tissus.
§ II. — Produits résultant de V élève du bétail. — Industrie pastO"
raie. — Estancias. — Saladeros.
L'élève et l'exploitation du bétail ont été de tout temps et sont encore aujourd'hui l'industrie primordiale et essentielle de toute la Confédération argentine ; c'est la branche qui fournit les principaux moyens d'échange avec l'Europe, et alimente presque en entier le commerce d'exportation. — Le bétail s'élève dans des fermes ad hoc ou Estancias ; il est exploité dans des abattoirs particuliers ou Saladeros.
ESTAIfCIAS.
L'Estancia est rétablissement où l'on élève une certaine quantité de bétail; Bœufs, Chevaux, Mules, Moutons, etc. On comprend som ce nom le terrain, la maison et le personnel nécessaires pour cette exploitation.
Un terrain d'estancia, pour que Texploitation soit fructueuse, né* céssite trois conditions: — fourrages de bonne qualité, eaux en abondance, sur le terrain même ou très-près de là, étendue suffisante pour y loger et nourrir un nombreux troupeau. — Ces conditions sont celles que recherchèrent, dès le principe, tous ceux des colons espa^ols qui voulurent se livrer à cette industrie, et ils s'attachèrent surtout à rétendue du terrain. Il leur fut facile d'obtenir du gouvernement colonial de vastes concessions. Plus tard, à mesure que la population s'accrut, on réduisit ces concessions, dont beaucoup n'avaient pu être mises en rapport, et l'on adopta pour le terrain d'estancia une mesure légale désignée sous le nom de suer te, sans doute parce que, dans le commencement, ces terrains avaient été tirés au sort. Cette mesure était de 3,000 vares castillanes de face sur 9,000 de fond, en tout 3/4 de lieue (1,991 hectares 76 ares) de superficie. Les suertes passèrent depuis dans beaucoup de mains, se fractionnèrent ou s'additionnèrent, et donnèrent à la propriété l'aspect qu'elle a aujourd'hui. Mais le terrain d'estancia dut rester toujours assez vaste, et ne put guère se réduire à moins d'une à^rme-siicrte d'étendue. Dans les régions très-éloîgnées des centres de population, sur la limite des Indiens, les concessions furent et sont encore aujourd'hui beaucoup plus vastes. Nous en connaissons une de l'autre côté du Vennejo, à quelque distance nord d'Oran, qui a quatre vingt-dix lieues de superficie, et dans la vallée du San- Francisco, il existe des concessions de forêts qui n'ont pas moins de vingt lieues de front sur quatre ou cinq de profondeur, de la rivière à la montagne. — Partout dans le pays on prit généralement pour front d'une concession la limite d'un cours d'eau, grand ou petit, comme étant une ligne de démarcation naturelle, pour séparer commodément deux propriétés.
Le terrain une fois choisi et ayant des eaux en quantité suffisante pour abreuver le bétail, soit lagunes permanentes, soit rivière ou ruisseau, l'estanciero chercha pour bâtir son domicile un endroit un peu plus élevée un mamelon situé vers le milieu de son champ^ pour