ANIMAUX SAUVAGES. — RONGEURS
RONGEIRS.
Rats et Souris. — Aussi multipliés qu'en Europe. On sait que le Rat est originaire d'Amérique, et qu'il n'était pas connu des anciens. L'espèce la plus commune ici est le Surmulot, grand rat extrêmement répandu dans les saladeros (abattoirs), où il trouve abondamment des matières animales pour se nourrir. Il est bien moins nombreux à la campagne ; mais la souris se trouve partout.
ViscACHE {Cavia Acuschi^ Linné; — Lagostomus trichodactylus^ Rrookes ; — dans le pays, Biscachà) . — Cet animal est essentiellement l'habitant de la Pampa. On ne le trouve qu'à l'ouest de l'Uruguay , surtout à partir du 30* degré en allant vers le sud ; il est plus rare vers le nord. C'est une chose assez remarquable qu'il n'y en ait pas un, ni au Rrésil, ni dans la Bande-Orientale. La Viscache ressemble beaucoup à la marmotta, elle est toutefois un peu plus grande; elle a, comme elle, des habitudes nocturnes, ne sort que le soir au coucher, mais n'a point de sommeil hibernal. Rien de curieux comme de voir courir ces animaux à l'entrée de la nuit, père, mère, petits, autour de leurs terriers où ils se réfugient au moindre bruit. En quelques endroits leur nombre est si considérable que c'est un vrai fléau pour les cultures , car ils rongent l'écorce des jeunes arbres et dévorent tous les légumes. Une des habitudes les plus singulières de ce rongeur, c'est de pousser continuellement vers l'entrée de son terrier des os, des branches d'arbres, du crottin sec, des pierres, enfin tous les corps mobiles qu'il trouve dans le voisinage. Il vit également en bonne intelligence avec une petite chouette diurne [Strix uructtrea, d'Orbigny), qui passe tout le jour en sentinelle sur ce même terrier. Ces animaux multiplient énormément et vivent en famille dans les mêmes terriers, qui communiquent les uns avec les autres par des galeries souterraines, de sorte qu'il y a des endroits où le sol est tout miné par eux. — On chasse la Viscache au fusil ou avec des chiens. Si Ton peut inonder les terriers en y détournant un filet d'eau, l'animal s'enfuit pour éviter la noyade et les chiens l'étranglent au passage. Elle est facile à tirer au fusil le soir ou au clair de lune ; mais il faut qu'elle soit tuée roide, autrement elle va mourir dans son terrier et il est impossible de l'en extraire, à moins de le défoncer entièrement, ce qui exige un travail infini. Sa chair, qui est bonne à manger, mais dont s'abstient cependantle paysan argentin, ressemUe k celle du Lapin. Sa peau peut servir aux mêmes usages que
celle de ce dernier, et a de plus Tavantage d'être trois fois aussi grande.
Le Lièvre des Pampas [Lepus patagonicus ; — Dolichotis pata-* gonica de Desmarest) ne se trouve que dans le sud. Il ressemble beaucoup à notre Lièvre d'Europe, dont il aies habitudes; mais il est un peu plus grand et un peu plus lourd.
Les provinces du Cuyo et le revers occidental des massifs de Cordova et de San-Luis nourrissent une autre espèce connue également dans le pays sous le nom de Liebrc (Liè\Te) ; c'est un Agoiti [Cavia j4^oii/f, Linné), dont le train de derrière est assez élevé et quia deux fois la taille du Lièvre ordinaire. Des naturalistes en ont fait une espèce particulière sous le nom de Dasiprocta Azarœ^ en mémoire de cet illustre natui'aliste. Le Paraguay et le nord de la Confédération nourrissent deux autres espèces d'Agouti plus petites que la précédente ; mais elles ne sont pas très-communes.
Dans la sierra de Cordova on trouve un Lapin analogue au Lapin d^Europe, et qui, comme lui, vit dans des teiriere. — Nous en avons vu dans les Andes un autre, dont la robe est fauve, très^tine, et qui a la queue im peu plus longue que le précédent; mais il en a les oreilles, la forme et les mœurs. — Dans le nord ou trouve un Lapin nommé par les Guaranis Lapiti [Lepus brasiliemis); il est plus petit que celui dTurope, et assez rare.
Ia^ Chinchilla ^Cullomys Chinchil/a^ Geoffroy Saint-Hilaire) est un nuigeur que Ton trouve exclusivement sur les plateaux secondaires des Andes. C«e joli petit animal, dont tout le monde connaît la peau gris d'acier, toujours si soyeuse et si fine, ressemble à la fois au Lapin et à rÉcurouil; il est plus petit que le I^pin. vit comme lui dans des terriers et est parfaitement inoffensif. Les Indiens nioutagiiards le poursuivent avec acharnement pour sa peau qui \^ut de 3 k 4 piastres la douzaine, sur les lieux ; aussi la raci* eu tutelle beauci>up diminuée^ car les chasseurs détruisant tout, adultes et jeunes . leur reproduction . si grande qu'elle soit . ne peut réparer de pareilles pertes, Ihi les traque au piogi^ ou au furet voy. BuroH. pag. S\ C-ette fourrure a été très à la mode eu Europe il y a ime quuuaine d'années, et elle y est encore d'uiH' assez grande ^^eur.
CiOiiATC ou Cochon dinde ;0»ri*f #i/>nnt. Ofvia cohnfa. Liuué; —