‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 72 sur 285 · PRODUITS DU RÈGNE ANIMAL. - ESTANOAS. — LEUR PERSONNEL · texte numérisé non relu

PRODUITS DU RÈGNE ANIMAL. - ESTANOAS. — LEUR PERSONNEL

ne se réunissent qu'au rodeo ou au corral, par troupes de quatre ou cinq cents.

Bétail orejano ou public, — Le bétail qui n'a pas de marque est considéré comme appartenant à TÉtat; c'est le cas de tous les anî^ maux nés sauvages ou devenus tels. Quelquefois le chef civil ou militaire les fait saisir et marquer, en leur taillant ou coupant le bout de l'oreille , d'où le nom d' orejano donné à cette fraction des troupeaux de la Pampa. Quelques propriétaires le font aussi pour leur compte en y ajoutant leur marque, mais cette opération est dispendieuse à cause du nombre de chevaux et de peons, ainsi que du temps qu'elle nécessite. Du reste, il n'y a plus aujourd'hui (18S8) de bétail orejano que dans le sud de la province de Buénos-Ayres, où les invasions répétées d'Indiens ont fait abandonner des estancias, et où, par conséquent beaucoup d'animaux, n'étant plus surveillés, sont devenus à moitié sauvages.

Une grande estancia forme une sorte de village. Autour d'elle se groupent toujours des familles, généralement de peones^ attachées à l'établissement, et môme celles de quelques individus qu'on n'emploie qu'accidentellement, et qui le reste du temps vont travailler ailleurs. — Les petites estancias appartiennent à des propriétaires qui, soit par héritage, soit par leur industrie, sont arrivés à posséder d'abord quelques douzaines de têtes de bétail, puis quelques centaines. Leur nombre, très-limité autrefois, a beaucoup augmenté aujourd'hui, soit par le fractionnement des propriétés entre les descendances des familles, soit parce que beaucoup de majordomes et de capataz intelligents et laborieux sont devenus propriétaires eux-mêmes. Enfin plusieurs étrangers ont acheté des terrains et se sont faits estiuicieros. Ceux-ci, jusqu'à présent, réussissent moins bien que les fils du pays dans cette industrie, où ils ont à lutter contre une foule d'écueils que ces derniers savent mieux éviter. Les peons sont moins souples, moins obéissants avec eux; oiï leur vole plus de bétail, et ils n'acquièrent qu'à la loîigue l'habitude du séjour de la campagne et de la conduite à tenir envers ses habitants, chose absolument nécessaire à ceux qui veulent exercer lucrativement cette magnifique industrie. On comp(e pourtant dans les provinces de Buénos-Ayres, d'Entre-Rios et dans la Bande-Orientale, de belles et puissantes estancias possédées par des étrangers, généralement très-anciens dans le pays.

m RÈGNE ANIMM..

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