‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 73 sur 285 · SALADEROS · texte numérisé non relu

SALADEROS

Le saladero est l'usine où l'on abat le bétail en grand , où l'on sale les peaux et la viande, où l'on recueille la graisse, les os, le crin, et tous les autres produits animaux pour l'exportation.

La création d'un saladero demande de grands capitaux, une organisation intelligente et économique; car les frais y sont considérables, et ce n'est que par un ordre parfait qu'un établissement de cette nature peut marcher et donner des bénétices proportionnés aux déboursés et au travail de l'entrepreneur. La plupart des saladeros appartiennent à des associations : il est rare, en effet, qu'un seul, individu possède les fonds nécessaires à la fondation d'un pareil établissement. Beaucoup d'étrangers ont des capitaux dans cette industrie.

Le temps n'est plus où l'on tuait simplement les animaux pour le cuir, et où les cadavres qui semaient la plaine, après une grande tuerie [matimzd)^ étaient abandonnés aux chiens, aux vautours et aux mouettes. Aujourd'hui tout ce que peut rendre un animal est exploité, et la plupart des perfectionnements de l'industrie européenne, ceux du moins que le personnel dont on dispose permet d'exécuter,, ont été introduits dans ces usines.

La première condition pour un saladero est d'être voisin de la mer ou d'un cours d'eau navigable pour de grosses embarcations, circonstance qui facilite l'exportation des produits et leur transport aux navires qui les chargent, savoir : les cuirs secs et salés, les graisses, les os, les cornes, etc., pour l'Europe; la viande séchée et salée pour le Brésil et Cuba. Aussi tous les saladeros du littoral, et il n'y en a que là, sont-ils établis sur l'Uruguay, le Parana, la Plata, et autour de la baie de Montevideo.

Une autre condition est la possession d'un vaste champ, avec des eaux abondantes dans le voisinage, afin que les animaux, fatigués de la route, puissent trouver à boire et à paître, et se reposer avant d'entrer à l'abattoir. En effet, indépendamment de ce que la viande des bœufs fatigués ne vaut rien, leur cuir s'enlève alors avec difficulté au dépouillement; il est facile de le couper pendant cette opération, et il en résulte un déchet inévitable.

Il faut ensuite édifier les bâtiments nécessaires pour le dépôt du sel, des viandes et des cuirs, pour la graisserie, etc.; les hangars pour le découpage et le salage des viandes; enfin la demeure du pa-

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