‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 77 sur 285 · ANIMAUX DOMESTIQUES. — ÉPIZOOTIES · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES. — ÉPIZOOTIES

duirc. Cette absence de dégoût pour une telle chair était due au très-haut prix du bétail à cette époque, car on est au contraire fort délicat pour la viande de bœuf, et même on ne mange jamais, à moins d'y être forcé, celle des animaux maigres, laquelle est toujours de qualité inférieure. La sécheresse de Tannée fut réputée la cause de cette épizootie ; cette sécheresse avait en effet duré près de huit mois dans la province de Santiago-del-Estero, celle de toutes les provinces argentines qui en souffrit le plus.

Vers le nord du Chaco, dans la province de Corrientes, au Pai'aguay, la Garrapata [acmnis ixodes^ voyez page 64), lorsqu'elle est trèsrépandue, occasionne plus de pertes dans le bétail que toute autre épizootie.

La pustule maligne et le charbon sont connus, et confondus sous le nom de grano malo; heureusement ils ne sont pas communs. On connaît parfaitement l'extrême danger qu'il y a de toucher aux cadavres des animaux morts de cette terrible maladie ; aussi se hâtet-on d'abattre les bestiaux qui commencent à en être attaqués, pour limiter le mal, et brûle-t-on leurs dépouilles, en se gardant bien de toucher au cuir.

Lii race chevaline est sujette à peu de maladies dans la Plat<\. Ce qui y tue les chevaux, comme les bœufs, c'est la faim et la soif lors des sécheresses; si l'été n'a pas été favorable au pâturage, les gelées surviennent avant qu'ils aient pu engraisser un peu et reprendre des forces. Quant aux maladies proprement dites et de nature épidémique, elles sont fort rares. La mortalité parmi les chevaux en domesticité ne tient qu'à la mauvaise manière de les traiter. — Il en est de môme pour les mules et les ânes.

Les moutons n'ont guère ici d'autre maladie que la gale : lorsque celle-ci atteint pour la première fois un troupeau, elle le fatigue énormément, quoique peu de sujets succombent, et le rendement de la laine devient presque nul. Plus tard les animaux s'y habituent en quelque sorte, et la maladie devient moins grave. On a employé beaucoup de remèdes contre cette affection : les onctions soufrées, l'huile depotro^ la térébenthine, etc. On la guérirait facilement si les troupeaux étaient moins nombreux, ou si Ton avait plus de monde pour les soigner; mais les bêtes saines se trouvant en contact incessant avec les bêtes malades, il est impossible de l'extirper complètement d'un troupeau.

COmr. ABGKITIIIB. — T. II. 9

La claTelée et le piétîn sont inconnus. Le mouton passant toute l'année en plein air, sous un beau climat, les maladies qui sont en Europe le résultat du séjour à la bergerie, des pâturages humides, des foins gâtés, etc., ne se montrent jamais dans la Plata.

Les gallinacés semblent ici plus sujets aux épidémies que les autres animaux. Il n'est pas rare. Tété surtout, d'entendre les habitants des environs des villes se plaindre de la mortalité de la volaille, tandis que dans les estancias, au contraire, elle jouit d'une santé parfaite. Nous croyons que ces épidémies sont dues à un défaut de soins : on nourrit trop exclusivement les oiseaux de basse-cour avec du grain sec ; les cours ne sont pas assez grandes , Feau qu'on leur donne n'est ni assez propre, ni assez fraîche. Les volailles qui peuvent courir dans les champs ne sont jamais malades, ou du moins le sont très-rarement ; tandis que celles que l'on renferme sont d'une éducation beaucoup plus difficile. Le dindon, qui s'élève difficilement sur le littoral et qui y est sujet au rouge dans la jeunesse et aux coups de sang dans l'âge adulte, croît dans l'intérieur sans aucune espèce de maladie. — Le canard se trouve bien partout et n'est jamais malade.

Quant aux autres animaux domestiques, tels que les chiens, nous avons remarqué que chez eux, surtout parmi les races nouvellement introduites et délicates, le catarrhe nasal, avec gastro-céphalite plus ou moins intense, était beaucoup plus grave qu'en Europe. Cette maladie, par laquelle ils passent tous, de l'âge de quatre à dix-huit mois, enlève un très-grand nombre de jeunes sujets dans les plus belles races récemment importées : terre-neuves, épagneuls, lévriers, etc. Nous avons également noté que ces animaux vieillissent plus vite qu'en Europe sous ce climat, et qu'à dix ans aucune de ces espèces n'a conservé sa vigueur et son énergie. Les métis croisés avec les espèces indigènes sont d'une santé beaucoup plus robuste. — Nous avons déjà parlé de la rage qui se développe quelquefois à l'état épidémique chez les chiens devenus sauvages {cimarronefl) et en tue un nombre immense (voyez page 94).

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