‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 94 sur 285 · INDIENS DU NORD · texte numérisé non relu

INDIENS DU NORD

Les GuATos — habitent le haut Paraguay et ses affluents ; ce sont des Indiens très-doux et excellents canotiers, qui se rendent fort utiles à Guyaba et aux environs pour la navigation des rivières et les transports par eau ; presque tous les hommes parlent le portugais. Leurs armes sont l'arc et les flèches, qu'ils manient avec une extrême habileté, et une petite lance pour combattre le jaguar. Leur vie se passe en canot. Ils sont polygames; chacun a autant de femmes qu'il en peut nourrir. Les hommes ont peu de barbe : ils attachent leurs cheveux relevés sur le soinirut de la tète; les femmes les portent flottants. Leurs vêtements se réduisent, pour les hommes, à un simple calimbé qui couvre les parties sexuelles ; pour les fem^

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mes, à une espèce de chemise de coton. Leur langue est très-gutturale et ne ressemble pas le moins du monde au guarani. Très-pacifiques, ils vivent en bonne intelligence avec les Brésiliens, qui font im commerce d'échange avec eux pour le poisson frais et salé dont se fournissent Cuyaba et les environs. Ces Indiens sont encore les Guatos de l'époque de la découverte; seulement ils sont beaucoup plus nombreux que ne le dit Azara, qui les avait cependant vus.

Les GuANAS — habitent aux environs de Cuyaba et dans les anciens Llanos de Xérès , autour du fort actuel de Miranda , sur le Tacuary . Ils sont agriculteurs et pêcheurs ; quelques-uns sont aussi bons * canotiers que les Guatos et pratiquent les mêmes industries. Les Guanas se retrouvent également dans le Chaco, de l'autre côté des grands lacs, sur les limites de la province de Chiquitos et des terres de Chiriguanos, où ils sont connus sous le nom de Chanès. Cette nation est trèfr-nombreuse encore, car on sait que la fraction demi-civilisée qui "vit près de Cuyaba n'est qu'une petite partie de la nation entière, qui se divise en un très-grand nombre de tribus nommées Layanas, Quiniquinoas, Choroanas, Tchoaladis, Cayconoes, Yamocos, Ethelenas, etc.

Les Guanas sont, aujourd'hui comme autrefois, intimement liés avec les Mbayas, pour lesquels ils font de l'agriculture et auxquels ils s'attachent en guise de domestiques. Ils ont des villages formés de huttes rangées proprement autour d'une place centrale. Dans chaque hutte , commode et soigneusement balayée , vit une douzaine de familles; tous couchent sur des lits formés de feuillages, de peaux ou d'une toile de coton, élevés sur des piquets plantés en terre. On voit qu'il y a chez ce peuple une véritable tendance à la civilisation. Un certain nombre vont travailler au Brésil pour y gagner les outils et ustensiles en fer dont ils ont besoin. — Leurs femmes sont jolies et propres ; malheureusement elles ont l'habitude de tuer presque toutes leurs filles. Elles donnent pour raison à cette déplorable pratique que , s'il y a dans la tribu plus de femmes que d'hommes, les hommes sont moins doux et moins aimables avec elles, et que par conséquent il est de leur in^ térêt que le nombre n'en augmente pas. Aussi assure-t-ou que, lorsqu'elles sont sur le point d'accoucher, elles vont se cacher dans le bois et enterrent sans pitié leur enfant, s'il est du sexe féminin. Le petit nombre de femmes qui restent fait que celles-ci, étant très-recherchées, sont orgueilleuses, coquettes, libertines, mais aussi

dans une condition infiniment meilleure que toutes'^ les autres Indiennes, qui sont accablées de travaux pai* leurs maris. Le divorce et l'adultère sont communs ; mainte Hélène se fait enlever par son amant, et devient souvent Théroïne de quelque aventure plus ou moins dramatique, quoique les Guanas ne soient guère jaloux.

Ces Indiens sont pacifiques et n'attaquent pas les autres nations ; mais, poussés à bout, ils combattent avec courage, tuent tous les hommes au-dessus de douze ans et adoptent les femmes et les enfants, comme font enftore aujourd'hui les Indiens du Sud. Leurs annes sont les mêmes que celles des Mbayas, leurs alliés.

Mbatas. — Ceux-ci sont les Indiens que les Paraguayens et les Argentins appellent encore Indios bravos^ Indiens belliqueux, insoumis, et souvent Guaycurus; les Brésiliens les nomment Indiens cavaliers et Cadineos. — Depuis la conquête, les Mbayas ont toujours habité les mêmes régions, c'est-à-dire le nord du Pilcomayo , dans le Chaco, ainsi que nous l'avons déjà dit. C'est une race belliqueuse et hardie, qui s'est mise à l'usage du cheval, conune presque toutes les tribus du Chaco. Indi'^pendammiiit de la lance, de Tare et des flèches, qu'ils manient admirablement, plusieurs ont adopté la carabine et sont devenus excellents tireurs. En ce moment, ils vivent en paix avec les Brésiliens, qui cherchent à les soumettre par la douceur, en donnant une investiture aux chefs et en leur fiiisant quelques petits présents. Ds sont, au contraire, au plus mal avec les Paraguayens , dont ils ont très-souvent ravagé la frontière septentrionale, et dont ils menacent incessamment les possessions sur le Chaco. C'est principalement pour surveiller ces teriibles Mbayas que Francia avait fait élever une ligne d(^ corps de garde fortifiés sur la rive gauche du Rio-Paraguay, et que son successiîur, D. Carlos Lopez, l'a entretenue. Lors de la courte existence de la colonie française du Chaco, les Mbayas s'étaient mis en rapport avec elle et avaient commencé un petit trafic de cire, de peaux, <*te., que M. Lopez fit interdire. En somme, les Mbayas en sont encore aujourd'hui à peu près au même point qu'il y a trois siècles, et tout ce que nous en aTons dit (page 138) est encore leur histoire présente.

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