VENT UL SUD-EST. SU-KSTADAS
Nous connaissons déjà la fréquenct» du vent d(^ sud-est; mais ce
"^"^^iit est parfois aussi violent que le pampero et amène des tempêtes
^^lel'on désigne sous le nom do Sti-cstmff/s^ et qui sont toujom*s ac-
mpagnées de grandes pluies, très-souvent de tonnerres et d'éclaii's
'^•utinus. Pareils k ces grands coups de vents escortés de longs ora-
s qui régnent dans les latitudes et aux environs du cap de Bonne-
'^^pérance, ils embrassent d'immenses étendues et sont parfois très-
^l^ngerenx. Nous en avons fait la riide expérienct^ en avril 1839,
*Ors de notre retour en France.
C'est principalement aux mois de mai et d'octobre, c'est-à-dire à
^ époque des pluies, que les su-estadas ont lieu. Leur action est fil-
^lieuse pour la rive droite de la Plata, et surtout pour la vnda de Bué-
^^os-Ayres, où presque tous les sinistres signalés ont eu lieu pendant
^es ouragans. Alot's les eaux montent assez pour pousser les naviivs,
^ui n'ont pas pu t(»nir sur leurs ancres, jusqu'à quelque distance du
^îvage et les échouent dans les champs. — Le poil de Montiîvideo,
l^réservé par la langutî de terre sur laquelle est bâtie la ville, souffre
peu des su-estadas; cepejidant la grande tempête du 21 juillet 1830
Tut assez violente pour y jeter neuf grands navires à la cote, quoique
lèvent fût franchement sud-est. O qu'il y eut de remarquable dans cet
imragan, c'est qu'à Buénos-Ayres il était très-nettement du sud, et
ii'y fit point de dégâts, tandis que dans le bas L'ruguay la tempête de
sud-sud-est fut extrêmement foile et que plusieurs bAtiments de cabo-
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tage, quoiqu'ils se fussent bien amarrés aux arbres des rives, coul reiil bas, tîint les (»aux refoulées par la force du vent soulevaient d' normes vagues. Beaucoup d'îles furent inondées alors. Ces ven furieux du sud-est fout sirigulièrenïcnt monter les eaux du bas Para et du bas rruguîiy, oi causent des inondations locales, de pou durée, mais assez fortes. Il est vrai (pie l'absence dépopulation et cultures sur ces rives et sur vrri' îles, les rend jusqu'à présent dommageables.
Dans l'intérieur des deux fleuves, les mauvais vents de sud-est J/^ bas de la rivière se traduisent par des vents de sud-sud-est ou de T*^?^/. nord-est. Ils s'étendent du reste jusqu'au nord du Paraguay, c'est— -^^ dire sur une zone de 42" en latitude, exactement comme le pamperv?.
Dans le bas de la rivière, les grandes su-estadas ne dépassent gixère^ le nombre de trois par an, mais les moyennes sont fréquentes, et îl n'y a guère de pluies et d'orages du sud-est qui n'amènent de trb»^ — forts vents de cette nature, fies vents poussent les navires sur le eûtes de Kio-Cirande, un peu au-dessus de la pointe de Los Castillos^ si connue par les nombreux naufrages qui y ont lieu chaque année.
Une chose remarquable, c'est que^ loin de baisser avec les grands ^^* vents de sud-est, le baromètre monte pr(»sque toujours. La grande »u-estada du 21 juillet 18r)0 à Montevideo eut lieu avec une hauteur moyenne barométrique de 759"", et très-souvent de longs orages et de grandes pluies, venus avec le vent de ce cMé du compas, coïncident avec ime forte pression atmosphérique accusée par Vélévation du baromètre, qui est alors de 760 h 76S'"" ; ce n'est que lorsque le ^^ -■
mauvais temps continue qui» le mercure baisse.
Le vent du sud franc est rare à l'entrée de la Plata et dans^^ •^ le reste du littoral, excepté dans la vallée des deux fleuves, où, comme^^^® nous l'avons déjà vu , les brises du sud-ouest et du sud-est au de la rivière deviennent tout à fait des brises du sud en remontan vers le nord.
I^e vent de nord-est est le plus commun de tous les vents sur 1 rives du Paraha et de l'Uruguay.
Le printemps est la saison la pins rnteuse de l'année; depuis 1 mois d'août jusqu'au mois de janvier, les vents de nord-est et de sud est soufflent avec beaucoup de force et de continuité. L'été , ils di minuent d'intensité, et, à partir du mois de mars, commencent calmes et les vents variables qui durent l'automne etl'hiver. — Plus oVJ
HYGROMÉTRIE. n03
a=> ''éloigne du littoral des grands fleuves, et plus l'action de ces vents c^liininue ; ils sont peu sensibles à Fintérieur.
§ IV. — Humidité atmosphérique.
HTGROMÈTRK.
La prédominance des vents de large doit nécessairement renre le climat du littoral assez humide , malgré la rareté proporîonnelle des pluies. C'est effectivement ce qui arrive, surtout ■5* Montevideo, à Buenos- Ayres et à Gualeguaychu, qui, situés aux loords de la masse énorme d'eau douce de la Piata et de l'Uruguay, «:»n reçoivent toutes les éviiporations. Les obser\'ations hygrométri- « pies que nous avons faites à Montevideo, nous donnent une moyenne de ^l"" à l'instrument de Saussure. Ce chiffre, d'nprès l'échelle de Gay- I^ussac, indiquerait 14»'^*"™',5 de vapeur d'eau avec une force ^Itistique de 7°*",2 par mètre cube d'eau , quantité très-considérable, mais qui s'explique d'une part, par l'action des vents du large, qui sont les plus fréquents ; de l'autre, par l'énergie de l'ac- Tion solaire pendant l'été. Cette action enlève de la surface des eaux €ie ces grands fleuves des mîisses de vapeurs aqueuses, qui, le soir et la nuit, retombent en serein et en rosée ; aussi la différence que marque l'hygromètre entre le moment le plus chaud du jour et le matin ^st-elle très-sensible : 8** en moyenne à Montevideo pour toute l*année, mais iO° pour l'été. Dans l'intérieur de la Mésopotamie argentine , cette différence est encore plus marquée ; elle s'élève jusqu'à i 3* à Gualeguaychu et î\ la Conception de l'Uruguay , et jusqu'à 25" à Parana, en été, tant l'action solaire est vive.