‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 111 sur 193 · ROSÉE · texte numérisé non relu

ROSÉE

La forte évaporation, produite pendant le jour par l'action solaire, rend les rosées abondantes en toute saison. Comme la différence de température entre le jour et la mût est toujours considérable, la vapeur d'eau dissoute dans l'air conun«'nce à se condenser dès que le soleil a disparu sous Thorizon, et, retombant par son propre poids, couvre le sol. Aussi le serein est très-fréquent le soir au printemps et simule une véritîible pluie fine par les temps les plus claii's. Ce n'est qu'au cœur de l'été que la terre, très-échauffée, le vaporise de nouveiui à mesure qu'il touche le sol, et empêche la rosée de se

fonu(»r. Kt cepi'udîuit il j vu a presque toujoui's; eu effet, Li ixisée rr pas besoin, pour se produire, d'être précédée du serein : il suffit q la terre soit plus IVoide que Tatmosphère anil)iante , que le ciel s piu', le rayunnenient actif, h» vt»nt peu sensible, pour que la cond sation des vapeurs ait lieu. Or, ce n'est (|u'aux mois de janvier, de vrieret de mars cjue la surface du sol a d'ordiiiîiire une tempérât plus élevée (jue Tair ambiant, et que par conséquent ce phéiiom ne se manifeste pas; mais tout le reste de Tannée, le temps est gé rîUement si clair la nuit, que le rayonnement est toujoui's ai?sez U?nse pour produire la rosée.

GËL££8 BLA^CII>;S.

Au printemps, (;Vst-à-dire en septembre et en octobre, le rayonne ment est souvent la cause mémi^ des gelées blanches, quoique li thermomètre marque encore 4** et S** au-dessus de 0. Le sol se i^e-^^'

^- al*.

froidit assez pour que la congélation des gouttelettes d'eau qui le rr^^ ^ couvrent, se produise. Ce phénomène se présente dans tout rîntérieûr ^ ^ ^ de la Mésopot^imie argentine, au Paniguay, dans le Chaco, sous le-^^*tmpique , et jusque dans les plaines des provinces de Santa-Cruz^ * "^' de la Sierra, de Moxoset de Chiquitos, dont l'altitude n'excède pjis^^^*^' 200 mètres, et qui sont situées entre le 12'' et le 16' degré de latitude.^ ^"^ ^

r.IVRE.

Le givre se voit quelquefois loi's des fortes gelées blanches, coA- 3 — tà-dire que les gouttelettes condensées de vapeur d'eau qui cou— m -/vraient les plantes et les arbustes se gèlent, et les tapissent ainsi d'uut» m le mince couche glacée, (a» givre fond aux premiers rayons du soleil -•'; mais les végétaux peu robustes souffrent beaucoup alors de la cha--^^ <leur brusque qui succède au refroidissement de la nuit, et souj»- ^t connne brûlés. Ce phénomène est heureusement assez rare.

nei(;e.

La neige ne tombe jamais sur le littoral : ce n'est qu'au sud d — <* Buénos-Ayres, par des vents de sud-sud-est, qu'on en voit quelque fois de rares flocons.

BROIILLARU.

Le brouillard en revanche est commun, surtout pendant Tautom»^ et l'hiver, à l'entrée di* la Plat4i. Comme ce phénomène est le ré^-

llYGROMt'TRIK. :Sfi5

SLtltatdc la différence de température entre Tair et Teau, c'est-à-dire

que celle-ci étant plus rhande que Tair, la vapeur qui s'en élève se

oo¥idense et devient visible, on comprend i[\ih Tautonme ee phéno-

LiTÈ ^ne doive être plus fréquent (ju'en toute autre saison. C'est effec-

ti-vement ce qui arrive, plus souvent toutefois à Montevideo et à

t «énos-Ayres, que dans l'intérieur, où les brumes sont rares.

A l'entrée de la Plata, des brumes lointaines apparaissent assez

• vivent dans les très-chaudes journées d'été : et»la s'explique parla

► ■.'mation très-rapide de la vapeur d'eau sous rinfluence d'une haute

'■mpérature. Le même phénomène se montre sur h; ParîUia et rUru-

/lay, dont les vastes lits simulent bien plus souvent une suite du lacs

cj[i.m'un fleuve. Aussi le mirage s'y voit-il continuellement, pendant

^ 1.1. on navigue sur ces deux rivières; les berges qui forment le rivage,

l^e^-ii^ arbres lointains sc^nblent parf(»is perdus dans le ciel, et produi-

5>t^ lit des illusions d'optique extraordinaires.

BROunxvnn skc ou fumée d'horizon.

Quant au broiûUard sec, il n'(»st pas rare dans les provinces litto-

i*^les, quoique bien moins commun cependant qu'à l'intérieur. L'ex-

t^^cîine chaleur du jour élève non-seulement les vap<'urs aqueuses,

'^ïîu's aussi des corps légers, tels que la poussière et le sable très-lin.

;^^*s substances troublent la transparence de l'air dans les chaudes

J^^Urnces d'été, et rétrécissent l)eaucoup l'horizon; (»lles y produisent

'^'ïe sorte de fumée lointaine qui embrume le ciel. Le brouillard sec

**^^^ souvent augmenté par les inci*ndies de paluragi-y ([ue l'on pra-

•Sl^ie si fréquemnKMit pour renouveler la verdure des cluunps; quel-

^^lofois même il n'a pas d'autre cause.

Ges fumées s'étendent à des distances très-considérables. A Afon- ^ Video, l'air est parfois embrumé des incendies pratiqués de l'autn» J*^*tfj? de la rivière, c'est-à-dire à 20 et '\0 lieues au sud. Dans c*» cas, ^"^ 1 )rouillard persiste toute la j(»urnée ; on sent une légère odeur "^ suie ; quoique le ciel soit parfaitement dépouillé de nuages, W ^loil pandt un orbe comphHement dépouillé de ses rayons, surtout ^^"^^qu'îlse rapproche de l'horizon. Ce brouillard p(»rsiste également, ^^'^Igré des vents assez forts; car les inc(*ndi(»s ({ui bii donnent naisce s'étendent sur d'immens(»s surfaci^s et on maintiennent ainsi la

*'^^lse. La chaleur est alors extrêmement forte; il semble que le dais

^ Tapeur sèche qui couvre le ciel ait pour effet de (îoncentrer sur la

^^^l>erficie du sol toute l'action des rayons si>laires. Ces inct^ndies, ap-

atf6 <:iJMATOLOGIK.

pelés dans le pays queniazones, sout moins fréquents, moins étendus dans la Mésopotamie argentine, où le terrain est- plus accidenté, que dans les provinces de Buenos- Ayres et de Santa-Fé, où la parfîiitt» horizontalité du sol facilite leur développt^ment.

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