‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 113 sur 193 · PHÉNOMÈNES DES PLUIES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES DES PLUIES

]Noiis ne pouvons cependant regarder ces chiffres comme absolus, r robservution à Montevideo nous signale des oscillations comprises entre 0,859"" minimum en 1844, en S6 pluies; et 1,400"" rrft^^udmum en 1846, en 61 pluies, c'est-à-dire une différence d'un tic^isen plus. Par conséquent, les quantités que nous signalons pour 1*^^ points autres que Montevideo ne sont que des indications app:iTC3ximatives, les obsenati(»ns n'ayant pu être continuées asse^ loM Jgtemps pour permettre de déterminer ime moyenne détiuitive.

Il pleut indistinctement, mais irrégulièrement dans tous les mois;

ot^lui qui a été très-pluvieux luie année peut ne pas offrir une goutte

<l"€:5au Tannée suivante. On peut môme dire, en thèse générale,

qi^i'iiu mois très-sec suit généralement un mois très-pluvieux. Cepeu-

Ai^iit il y a, comme nous ven(»ns de l'indiquer plus haut, d(uix sai-

s^cjms assez tranchées où les phûes manquent rarement : c'est aux épd-

q\ics du passage de la saison froide à la saison chaude et de la chaude

à. la froide. On a donc alors les pluies de printt^mps et les pluies d'au-

toraiie; aussi, les mois de mai et d'octobre tont-ils, en résumé, ceux

4^*î donnent le plus d'eau. Cette quantité, qui a été jusqu'à 28 centi-

ïii^'tres dans un mois à Montt^video (juin 184()). donne en moyenne

'^^iii"" pour mai, et 0,123'"'" pour octobre; puis viennent sep-

^Hïbre et juin pour le maximum d'eau tombée.

l^lus on remonte vei-s le nord et plus l'hiver est sec. Après les ^"Oïidantes pluies d'automne, le ciel se nettoie et se maintient pur, Plusieurs, mois de suite dans le nord de TEntre-Rios, (4orrientes , les ***issions, le Paraguay, llarement alors un orage en ïdtère la netteté, ^^cepté quand un norte^ c'est-à-dire un de ces coups de vent si *^*^auds du nord, dont nous avons parlé, vient amener une tempéra- 'Ure insolite de 2i) à 30 degrés dans cette siiison.

En revanche, c'est aussi vei*s h* nord de, la région littorale que ^^ pluies sont le plus fré([urntt's et le plus abondimtes en été, alors ^U Viles manquent quelquefois vers l'embouchure de la Plata, circonstance extrêmement préjudiciable aux l)estiaux et à la campagne. ^■^s météores aqueux sont toujours assiîz considérabl(»s au Paraguay ^^ ^^ Corrientes, et il est rare que dans la saison chaude, un mois s'y p<i3Q^ sans pluie. A Montevideo et à Buénos-Ayres, ce sont égale- ^^lât les orages qui, dans cette saison, viennent rafraîchir l'atmosphore, et il y a même là, quelquefois, des étés foil pluvieux dans les- ^Uels une période de vents chauds et humides, de pluies et d'orages ^^pétés, rappelle tout à fait l'hiverniige des contrées équinoxiales. iJne chose à remarquer diuis le climat du littoral, c'est que sur

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trois pluies, deuxsout accoinpagiioes d'orage. ( les orages sont soiivi d'iiiie gi*ande violence et IVntrée de la Plala est renommée pour fréquence et leur intensité. *

Une autre particularité, c'est qixh la différence de ce qui a été p^^ marqué en Europe, les pluies y sont beaucoup plus fréquenter- ..^ j^ nuit que le jour ; la pluie commence ordinairement le soir ap^^/y^le coucher du soleil, ou au milieu de la nuit, et cesse au mafcr:,^. Elle dure rarement toute la journée , excepté avec les vents de sud-est et de nord-(»st, et aux époques des changements des à^ux saisons indiquées. — L«»S phénomènes électriques qui accompagi7f»iit presque constamment les chutes de pluies semblent favoriser lew «r abondance. Di quantité d'eau tombée à la fois supplée alors à la r^^' reté du météore; car s'il y a sous ce climat 60 pluies seulement e*' ^* Aoyenne dans tout^ l'année, chaque pluie donne 2 eentimètn^'''*^ d'eau, quantité certainement très-considérabh». En remontant vei le nord, cette quantité (»st plusfoite encore; elle explique les débor" déments de rivières qui prenncMit leui's sources en deçà du tn) piqiK'.

Malheureusement, ces chutes creau se distribuent si inégalemeut-^ que souvmil on souffre de la séclien^sse : ainsi, dans les trois moisd décembre 1858, janvier et février 1859, à (îualeguaychu, ilesttomb 0,471"*"' d'eau; et cependant cet été a eu une forte sécheresse, puisque du 49 décembre au 12 février, il n'est tombé que deux fois des quanti tés d'eau insignifiantes, ce qui fait une sécheresse réelle de 35 jours. Or, dès que la terre a été un mois sans recevoir de pluie pendaui l'été, elle se dessèche outre mesure; les ruisseaux tarissent, les fla ques d'eau, les petites lagunes disparaissent. Tous ces inconvénien augmentent si la sécheresse se prolonge; elle devient alors une véri table» calîjmité publique. 11 se développe des épidémies graves paim' le bétîiil, principale richesse du pays jusqu'à présent, et ragiûeultun en souffre beaucoup. — Par bonheur, on a vu rarement des séchi ressOs duHT plusieui's mois de suite , et il est rare qu'il se passe pliu de cinquante joui's sans pluie.

Les sécheresses se terminent par de véritables déluges. — En 1848^^ il n'avait point plu pendant les mois de septembre et octobre t^ Montevideo. Depuis le 31 octobre à 10 heures du soir, jusqii ai < 2 novembre, 10 heures du matin, c'est-à-dire en 30 heures, iltom)):.^ dans cette ville Q,255"" d'eau en une pluie continue accompagnée de violents tonnern^s et de grains de vent très-forts. — Ces pluies!

PLLiKs. auu

trèssihoiidautes se répètent de temps u aiUi*e sur les différents points du littonil. — Ainsi, dans la même \ille de Montevideo, le 7 février 1846, nous avons vu tomber 0,047"" en une demi-heuix». — A Pamua, le 27 octobit» j 854, nous avons 0,075 en une soirée; — sur le Rio-Uruguay, pirs de la Resttmracion, 0,060 en une matinée, Je 30 décembre 1855 ; — enfin à Gualeguaychu, 0,090 le 9 août 1856 eii une journée, et autant le 22 du même mois, lequel donna, en somme, le chiffre énorme de 0,24 i d'eau en 6 pluies, dont 3 avec orage. A la vérité, ce déluge était un fait réellement exc «optionnel eu hiver. Enlin le 23 décembre de la même année, un pvaud orage, qui dure tout le jour et toute la nuit, doinie encore le chiffre de 0,090 d'eau. Il est à remarquer que ce jour-là même, à Sitii-Luis, dans la soirée, nous éprouvions un violent orage et une primde pluie approximativ(»ment de 0,030. La latitude y t»st, à peu de chose près, la même qu'à (lualeguaychu, mais il n'y a pas moins ^^ 7 degrés de différence en longitude. — Nous citons souvent la ville "t- Ciufdeguaychu parce que nous avons pu y faire des observations '^■fi'tilièi'es, qui ont été continuées en notre absence. — Le 8 mai's '8f>7 y donne 0,035 d'eau en une courte avei'se. Dans le mois de déctîBibre de la même année», il y tombe l'incroyable quantité de **'*70 en quatre orages seulement. Le 19 décembre 1858, il y a en- <^^rti 0,105 d'eau en une seule matinée.

-t-if.»s grandes pluies qui durent 24 ou i8 heures occupent de très-

^HBtt?s espaces, et affectent presque tout le littond. Ainsi, les mois

, * xnars et d'avril 1856, très-pluvieux à Gualeguaychu, le furent

*^^**l€ment à Corrientes et à l'Assomption : il y a cependant (> et

degrés de différence en latitude. Les mêmes grandes pluies, les

*^^iïies gnmds orages s'y répètent à 34, 36 ou 48 heures de dis-

^^Uce, et quelquefois le même jour, ahis^i que le prennent les doubles

^^bleaux météorologiques que nous possédons. La faible différence

^^ date provient seulement de la direction de ces orages, selon

H^i'ils viennent du nord ou du sud. — Quant aux pluies et grains

^libits, et aux courts orages d'été, ils sont essentiellement locaux.

IjB, fréquence des décharges électriques accompagnant les pluies

^oiiue à Teau qui tombe alors des qualiti»s particulières (jue nous

ti 'avons point vérifiées par l'analyse, mais dont l'analogie permet

^'aflirmr Texistenre. Des expériences très-délicates, suivies eu

t'rmice pendant nombre d'années, ont prouvé que, tout(» piu'e

qu'elle paraisse, l'c^au de pluie ne renfei-me pjis moins, par mètre

cube, de 35 grammes <le matières étrangères, (|ui compreniu»nt

particulièrement de Fazote pur, de Tacide azotique, de rammoniaque^ du chlore et de la chaux. — Le calcul de cette quantité correspont à 31 kilogrammes d'azottî, fournis dans toute Tannée à un hectait de superficie. — Sur ces 31 kilogrammes, 9 pro>iennent de Tammi niaque, et 21 de Tacide azotique naturellement en dissolution l'eau de pluie. L'étude de cette môme quantité, relativement au mois, fait voir qu'elle est plus considérable en été, à l'époque d( plus nombreux orages.

Or, si nous appliquons ces lois au climat du littoral de la ¥h et de ses deux grands fleuves, nous en tirerons les déductions si vantes :

Le nombre des pluies avec orage y serait de 42 en moyenne, c't à-dire trois fois et demie plus considérable qu'à Paris, où de longr séries d'observations ne donnent que 12 orages par an. La qua^ tité d'eau tombée y serait également de plus du double, 1,200"° ^n moyenne approximative; ce serait donc, en tenant compte du uo:^k:k> bre des orages, une quantité presque triple d'azote, qui se trouver^««.il. dissoute dans l'eau pluviale, et par conséquent 93 et non 34 kL Xogrammes de ce corps éminemment fécondant, qu'une surface c3e 10,000 ïQètres carrés, c'estrà-dire un hectare, recevrait par aua^3«. Ces considérations peuvent expliquer l'extrême fertilité du sol d«3iJC^ toute cette région.'

Le baromètre est ici peu fidèle comme indicateur de la pluie, fc^ " indique une pression assez basse, celle de 735 à 750*"", par exempA ^^' on peut être sûr d'uu grain, d*uu orage, avec ou sans pluie, suivi ^^^ pampero ; mais les pluies continues, avec vent de nord-est et de sii< est, s'accompagnent d'une pression atmosphérique assez forte, comi*'^^ 760 à 764°° ; cette pression ne diminue que si la pluie doit dui*^^ longtemps, et l'on peut compter ensuite sur du vent de sud-ouest <- '^ même d'ouest. Dans la Plata, le baromètre prédit plutôt le vent q^ — *^ la pluie.

Li pluie s'annonce par d'autres signes qui trompent raremei tels qu'une barre au sud-ouest ou au nord-est, un ciel chaîné, %x sorte de brume lointaine. Lorsque cet aspect du ciel se préseï après quelques semaines de sécheresse, et que Test s'encombre nuages, on peut compter sur des torrents d'eau.

Quoi qu'on ait dit, et quelles que soient les idées populaire^' ce sujet, nous n'avons pas remarqué que l'Age de l(i lune ait, so« ce climat, aucune influence sur les chutes de pluie.

ÉLECTRICITF' ATMOSPHÉRIUI'K. 371

§ VI. — Orages,

ions connaissons déjà la fréquence des orages dans le bassin de

la Tlata, qiii, depuis la découverte de rAmérique, a toujours été

ci^L-^5 pour leur nombre et leur violence. Nous savons que les deiix

ti^ M^ des pluies qui y tombent sont accompagnées de nianifestiitions

él^E*' ^triques, tonnerre, éclairs, en toute saison, et spécialement daiis

la période chaude. Mais en dehors de ces orages faits, complets,

il "y a encore un certain nombre de jours orageux qui doivent entrer

ei m ligne de compte dans l'appréciation du régime de Télectricité

dir«.Kis'ces contrées.

Montevideo nous donne 39,7 orages complets par an, et 17,4-

jomirs orageux, c'est-à-dire des jours où il y a des tonnerres, dès

êoTairs lointains, un aspect orageux du ciel caractérisé par la prér-

st*iice de nuages pommelés, à contours ari'étés, (»t animés de ce frémis-

seixent particulier à Tétait électrique. C'est donc en tout 37 jours

do manifestations électriques dans Tannée, c'est-à-dire presque itn

dixième. Ce nombre augmente vers le nord, mais dans l'été seule-

'^^^^nt; car, pendant l'hiver, les orages y sont plus rares qu'à l'entrée de

'^ Platii. Depuis le 32' degré jusqu'au 23% près d«î la moitié des mois

" <^té offi'ent soit des orages faits, soit des jours orageux ; ces orages,

î^ïoîque très-fort.s par les grains de vent qui les accompagnent,

*^ï*t plus souvent sans pluie qu'à ^fontevideo ou à Buénos-Ayres. Il

^ ^ aussi plus souvent que dans ces deux villes de ces bourrasques

*'*^>ites, mais courtes, qui se terminent par une îiverse.

Kii outre, il faut distinguer ici deux sortes d'oniges complets : Les orages subits et couils, presque toujours suivis d'un grain ^ Vent de sud-ouest, pan^ils à ceux qui, en Europe, éclatent pen- ^^nt Tété; — 2" les orages qui se forment lentement, durent de 6 à *^ lieures, accompagnés de tonneiTes et d'éclairs continus, ou qui se *^8pendent quelques heures pour recommencer après, formant ainsi ^^*ne véritable série d'orages d'un seul. Souvient les phénomènes *^*^^triques ne se manifestent qu'au commencement de la pluie, ^^ diminuent ou disparaissent à mesure que h» vent se tixe au sud- ^'^t et prend de la force, sans que pour cela la pluie cesse de tomber; ^^la arrive surtout dans les Sn-estadas. Nous avons vu que toutes ^ gi*andes chut<^s de pluie ont lieu dans des omges de cette na-

312 CLIMATOLOGIK.

La hauteur des nuages orageux est généralement considérable ;

cependant nous les avons vus quelquefois se traiiier presque sur le sol

Ainsi, le 29 aoîit 1836, dans une plaine des environs de Gualeguay — chu, à 2 lieues au plus de cette ville , nous nous sommes tiwivé ai milieu d'une tourmente (»ù le tonnerre et les éclairs se succé'daieu presque sans interruption, rasant, pour ainsi dire, la surftice du sol le bruit était faible, pareil à celui du papier qu'on déchire, telle -^Er-e-^ ment qu'il fut à peine entendu dans la ville. Os sortes d'orages soi: .^^m très-dangereux pour c<mi\ qu'ils surprennent au milieu de la pampr.^ ,s à cause de la quantité de décharges électriques qui frappent alors sol; les pays(uis les redoutent beaucoup. Cette faible hauteur d« nuages orageux ne se voit que dans les orages de la seconde espèc»^ ^

Quant au bruit du toinien'e , il offre ici des particularités reniai jm^' qaables. Tantôt c'est un seul coup, pareil à l'explosion de plusieu ■*! pièces d'artillerie tirant à la fois ; tantôt c'est une succession à peii^ :■< iuteiTompue de roulements; tantôt enfin le bruit est entièreme j^ it semblable h celui des orages d'Iîurope. Ces roulements, dans les oi^^ "■ges de la seconde espèce, se prolongent quelquefois jusqu'à 80 5=^ ^^condes ; mais jamais à MonUîvideo nous ne les avons vus absoUune :» ^^ continus, comme cela nous est arrivé dansl'Entre-Hios. Le 27 octoh»» '^ '<' 18S3, àParana, nous avons compté, montre en main, jusqu'à 3o ïjtb ^^nutes de roulements non interrompus, diminuant un instant d'iut4>B ^ " site pour reprendre imm''diatem'^nt leur force premièriî. Le l'îuni'^^ 1856, dans la même ville, nous filmes témoins de ce même ph.*'-^ " nomène, que nous n'avons revu nulle part. A Corrientes, àl'Assoinf^ " tion, comme à Montevideo et à Buénos-Ayres, les coups de toiiueri^ -^* sont très-répétés, l'interruption entre les roulements très-courtt* i mais enfin il y a interruption, tandis que dans les deux orages d. * Parana, il tonna pendant près d\me heun* sans aucim intervall "^' appréciable entre les roulements.

Les éclairs, qui signalent les échangeas d'électricité entre les diffé=r — l'entes couches nuageuses, nous ont toujours semblé être de deiixso^^'tes : la première et la plus nombrt»use se compose de ces tniits, de ct=^* sillons de lumière, très-resseiTés, très-minces et tn'^s-îirrétés sur ifc= -^ bords, d'une couleur qui varie du roug<* peu foncé "îui blanc le pli— '^ éclatant, vu passant par toutes les nuances iiitermédiaires. C^^*^ éclairs sont très-longs, se bifurquent souvent, quelquefois mô*i-^^^^** se trifurquent. Leur direction et leur forme en zigzag sont constant— i" les ; mais ce qui nous a surpris bien des fois dans l'Entre-Rios, c'^*^^ de voir les mêmes éclairs se répéter trois, quatre et môme cinq f^ "^'^

ORAGKS. 373

eiitactement dans le même eudi'oit, avec la même forme et presque ail même moment. Les éclairs perpendiculaires au sol sont très-nombreux. Cette forme dVclairs linéaires se montre plus souv**ut dans les omges subits et courts, que dans ceux h grandes pluies eontinues.

La seconde.espèce d'éclairs, ou plutôt la seconde forme, au lieu cl'être concentrée en traits sinueux presque sans largeur apparente, e^mbrasse de très-grands espaces, et colore de toutes les nuances les l>ords des nuages. Le plus souvent on aperçoit un trait d(î feu en zig- ^f^ plus ou moins distinct, mais qui projette autour de lui une lueur ^•ciugeâtre uniforme ,, coloration qui cependant n'est pas constante, c^îir le jaune, le \iolAtre, le bleu pale, s'y voient de temps k «filtre.

Ces sortes d'éclairs apparaissent principalement dans les orages de longue durée, qu'accompagnent des pluies continues.

Les éclairs lointains, dits vulgairement de chaleur, sont extrémeïTieut communs et apparaissent aux bords de l'horizon. Ils sont dus 1^ plus souvent à des omges trop éloignés pour être aperçus. Plusieurs orages offrent de temps h autre une phosphorescence particulîère des nuages. Malgi'é l'abondance d'électricité que dégagent oes fréquents météores, nous n'avons jamais vu d'aigrettes lumineuses couronner les pointes des édifices ou des mats de navires. La pluie, au contraire, au commencement des orages, est quelquefois phosphorescente eu touchant le sol.

Quant aux éclairs en boule, nous ne les avons vus qu'une fois, et eo fut dans la province de San-Luis,le 23 décembre 1856; à quelque distance du nuage , ces éclairs faisaient explosion comme une pièce d'artifice.

Les accidents produits par la foudre ne sont pas ici en mison directe de la fréquence des orages ; on en compte cependant quelquesuns chaque année. Dans les vastes plaines de la Mésopotamie argentine, dans les pampas de Buenos- Ayres et de Santa-Fé, les gauchos sui*pris par l'orage, s'ils sont trop loin pour gagner un rancho, mettent pied à ten'e, et assis sur le sol , enveloppés dans leur pouc/to (manteau), attendent paisiblement la lin de l'orage. Ils estiment que ceux qui galoppenten ce moment s'exposent beaucoup. C'est aussi ce qu'on nous fit obsener aux environs de Bella-Yista, dans la province de (îorrientes, sur une route où la fondre avait tué quelques mois auparavant deux cavaliei^s. A Montevideo et à Buénos-Ayres, les navires sont assez souvent foudroyés. Azara raconte, que le 21 jau-

«:4 CIJBIATOLOGIK.

vier 1793, il y eut à Biiéiios-Ayres un orage pendant lequel foudre tomba treute-sept fois et tua eu différents endroits dix-neulS^ personnes.

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