‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 120 sur 193 · LUMIÈRE DES ASTRES · texte numérisé non relu

LUMIÈRE DES ASTRES

La pureté si constante du ciel de la Plata, la sérénité des nuits, donnent à la lumière des astres un éclat et une netteté dont on ne peut guère se faire une idée sous le ciel nébuleux de la plus grande partie de l'Europe. Si l'on songe en outre que les constellations du ciel austral sont les plus brillantes du ciel, à l'exception de la grande Oui'se qui n'y est pas visible, mais que remplacent avec éclat le Navire, le Centaure, la Croix du Sud ;... que toutes les étoiles de première grandeur passent sur son horizon dans le courant de l'année , — on pourra se rendre compte de la splendeur des nuits

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siious ers latitudes. Les étoiles de sixième gr.iudeiir y sont parfaitemont et fa(iIem(Mit visibles h V^vW nu, et une simple jumelle de spectacle y a^MNuidit én(H'méinent le ehamp de la vision.

Otte limpidité du ciel jj permis de suivre facilement, à la simple vue, les m(ulifications extraordinaires qu'a éprouvées depuis douze années, dans sa lumière et son aspect, la belle étoile changeante r, du ^ Navire, lacpulle, après être devenue aussi brillante que Arctunis eu ^ 18.'!0, a commencé à diminuer d'éclat en i8i)3, et est devenue en ^j 1858 d'une grandeur intermédiaire entre la première et la seconde, ^ ^ prenant ainsi Taspect du (l<eur di* l'Hydre. De même, on a pu ^^mi observer parfaittMnent la belle comète de 1843, qui, apparue le -^^A 3 mars, resta ÎH jours s\n» Thorizon de Montevideo. On distingua.^-^ mu clairement scm noyau, dont l'existence fut contestée eu Europe, less-r-F^s (ludulations de sa cpieue, qui fut double les deux premiers jours el*^ -^*»t embmssait une longueur de oO dt»grés; enfin on put la suivn» poucr m ir ainsi dire pas à pas, jusqu'à ce qu'elle se perdit dans les profon— ^ jiideui's du ciel.

On comprendra facilement que si les planètes et les étoiles ont wn^MTJxe lumière si brillante sous le ciel de la Plata, il en doit être à plus fort^-^'-le raison de même de notre satellite, de l'jistre qui est le plus rapprocha -M'jBiê de la terre. Aussi la lune y a-t-i'lle une lumière beaucoup plus viv»~-^ ve que jamais nous ne l'avons remarqué en Europe. Deux misons y coum: ml *iitribuent : la direction moins oblique de ses rayons et la parfaite lim- jr-«ipidité de l'air. Il est souvent facile de lire des caractères moyenne-^^ ^^ ment lins à la clarté de cet astre, et rien ne peut rendre renchanle«=^-^" ment des nuits tièdt»s de la saison chaude, par ces magiiifique-=3^ '<*î^ claii's de huit» qui donnent à tous les objets une douceur et une molK -^'^ lesse infinies.

Enfin il est des nuits qui, sans lune et avec un ciel étoile, soii*: ^^^ extraordinairement claires, tandis que d'autres, dans les mêmes coii^*- ^" ditions, sont très-obscures, malgré toute la splendeur de la voAt-:^*** céleste et la scintillation de ses milliers d'astres. Il nous est cile de donner la raison di» ces différences et d'expliquer la phos phorescence de l'atmosphère dans le premier cas. Nous noteroi cependant qu'alors il y a beaucoup de vapeurs dissoutes dans couches atmosphériques et que leur difterence de saturation trique peut ccaitribuer à cet état lumineux. Or nous avons vu eorer"^^ bien les manifestations éh^ctriques sont fréquentes et générai* sous le ci(*l <1(^ la Plata.

PHËiNOMkliNES PARTICULIERS. asi

KTOILES FILANTES.

La pureté du ciel de la Plata permet de voir uu jfnuid nombre de ces météores, mais nous n'avons jamais reconnu aucune périodicité dans leur apparition, quoique nous ayons observé avec beaucoup de soin aux époques du 10 août et du 14 novembre. Toutefois, dans quelques parties du plobe, ces mêmes époques en ont présenté un si grand nombre, toutes dans une direction si pareille, qu'on a été amené à soupçonner l'existence d'un cordon d'astéroïdes qui couperait alors l'orbite de la terre ; de telle sorte que plusieui's de ces corps célestes, sollicités par l'attraction terrestre, seraient entraînés hoi's de cet orbite et tomberaient sur le sol, où ils arrivent toujoui's obliquement, avec une extrême vitesse, et sont comuis sous le nom d*aérolithes. ?fous savons déjà que l'on donne cette orifçine à la gTAnde masse de fer du Ghaco. •

Lorsque ces corps ne font qu(» traverser l'atmosphère terrestre sans tomber sur le sol, la rapidité de leur mouvement détermine Tincandescence de leur superficie, et au milieu de la nuit, on aperçoit une traînée lumineuse, pareille à une fusée, offrant quelquefois, h son extrémité antérieure, une petite boule enflammée qui fait explosion comme une bombe d'artifice, mais dont on n'entend pas toujours le bruit. D'autres fois, ces météores assez volumineux se meuvent

beaucoup plus lentement et font une explosion bniyante ; dans ce dernier cas, la terre se trouve parfois semée de pierres d'un aspect tout particulier : ce sont là les aéorolithes, que l'on désigne aussi sous le nom de pierres météoriques. — N(his n'avons point à rechercher si les étoiles filantes et les aérolithes appaitiennent à des corps planétiûres, ou sont le produit d(^s exhalaisons terrestres, des poussières volcaniques, qui seraient entraînées dans les hautes régions de l'atmosphère, où se trouvant soumises à des influence s divei*ses, mais où l'électricité (elle explique tout!!..) jouerait uu grand rôle, elles se condenser.iient, puis s'enflammeraient. .Nous pensons que la scicMice est encore trop peu avancée^» sous ce rapport, que les obs(?i*vations exactes sont trop peu nombreuses, pour qnv Ton puisse établir autre chose que des hypothèsc^s sur ce sujet intéressant. Ce que nous dirons, c'est que dans le ciel argentin, nous avons vu des étoiles fihmtes dans Uwvivs les saisons, sous diftérentes latitudes, mais toujours d'une manière très-irrégulière. Elles nous ont paru plus nombivuses dans la saison chaude ; mais on »iit qu'il est bc^aucoup

plus facile d'observer à cette époque, que peudaut les luiits fraîches de rhiver. Leur fréquence nous a pani également coïncider avec les éti^s les plus secs, tels que ceux de 1847 et 1849. Les sillons lumineux traversaient le ciel diuis toutes les directions, mais principalement de Test à Touest. Nous en avons obser\'é près de rembouchure de la Plata plus que partout ailleurs , tandis que c'est dans nos voyages des Andes, dans les nombreuses nuits passées an bivouac, sous un ciel d'une entière netteté, que nous avons le moins vu de ces météores. Plus nous nous rapprochions du tropique, et plus rares ils se faisaient au milieu des nuit^s sereines, si fréquentes, surtout ,j^ jj en hiver, sous cette latitude.

Les seules dat(*s où nous ayons vu un grand nombre d'étoiles -^ •§ iilantesîila fois, sont les H décembre 1846, 20 février 1847, 4 novembre 1849, à Montevideo.

§ VIII. — j\it/(/nétis?nr terrestre, — Variatioîts de raiguille

aimantée dans le bassin de la Plata.

Nous n'avons point d'observations assez suivies pour établir ic les variations qui s'opèrent dans la déclinaison de Taiguilie aimantée Cette déclinaison est orieuUde dans toute la Platii. — A Montevideo pendant une période de douze années, nous l'avons vue varier de Ib à 14 degrés; mais nos obsenations sur ce point n'ayant pas été faites avec une précision mathématique, nous n'eu pouvons garantir U stricte exactitude. Ci\ qui est ct»pendaut à remarquer, c'est que le^ variations de l'aiguille aimiuitée, dans toute cette région, paraissent s'accomplir entre le faible chiffre de 10 et celui de 16 degrés, qu'à mesure que Ton s'éloigne des côtes orientales, la décliuaisos: vers l'est augmente.

Ainsi, la déclinaison à Montevideo, en 1837, étant de 11*4', Fi génieur de La Berge a trouve à

La Victoria

Nogoya

ParaDa

San- Luis

San-Juan

Mendo/a

Quant aux aurores australes, il n'est pas à notre connaissance qn l'on en ait vu de Montevideo, de Buénos-Ayres, ni même du

Laiitiide S.

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