CLIMAT DE L'INTÉRIEUR
Luuitité de vapeurs dissoutes dans Tair, ils sont plus rares à cause 3 la sécheresse de l'atmosphère . Celle-ci n'eu est pourtant pas beau- >up plus claire , car, quelle que soit sa sérénité, les poussières trèsles qui la remplissent y déterminent continuellement une petite rume lointaine qui rétrécit beaucoup le champ de la vision. C'est Ate fumée d'horizon que nous avons déjà indiquée (voy. page 36S). orsque, au contraire, une petitt? pluie a nettoyé l'atmosphère, la vue * étend à des distimces immenses , et presque tous les grands somlets du système orographique argentin peuvent être aperçus de l'un Tautre, malgré des intervalles de 50 et GO lieues en ligne droite. Durant la saison des pluies, les orages, très-fréquents dans la loiitague , descendent également sur les plateaux inférieurs et dans t plaine ; mais, malgi*é cela, on n'y peut compter d'une manière bsolue, et il y a là quelquefois des sécheresses obstinées qui rendent, oinme nous l'avons déjà dit, la culture impossible sans irrigation rtilicielle. Les orages y sont aussi violents que sur le littoral, et aalheureusement, dans le voisinage de la sierra, la grêle les accompagne plus d'une fois.
La plaine à Test de la sierra d'Aconquija et de ses dépendances, et ;elle à Torient de la sierra del Alumbre, c'est-à-dire la plaine» de Tu- ;uinau et de Salta, se rapprochent beaucoup parleur climat de celui du Paraguay et de Corrientes ; seulement l'automne et Thiver y sont 3lus secs. En revanche, la fin du printi^mps et tout Tété y sont trèspluvieux. Ainsi, dès le mois de septembre, les pluies rommt»nceut à Oran et dans la vallée du San-Francisco ; ce n'est qu'à la lin d'octobre qu'elles deviennent abondantes à Tucuman , et en novembre ï Santiago-del-Estero. Il semble que, partant des hauts sonunets de la sierra d'Aconquija et de la ligue de faîte de celle de Zenta, les vapeurs condensées s'avancent lentement vers le sud-est pour y verser les eaux qu'elles contiennent. Dans toute cette région, les pluies sont donc ti'ès-abondantes de novembre à mai^s. Ce sont presque toujours des orages qui éclatent le soir, donnent une averse considérable, après laquelle le ciel se nettoie et devient clair t^ute la nuit. — Notons en passant que cett(* partie du sol argentin est voisine du tropique, puisqu'elle est comprise entre 22 et 27 degrés de lat. S. — Ces grandes pluies expliquent les crues et les débordements des rivières Dulee, Juramento, Vernnîjo et Pilcomayo. Nous regrettons de n'avoir pu séjourner assez longtemps dans ce pays pour évaluer la quantité d'eau qui y tombe dans ces quatre mois de novembre à
mars, mais, d'après les renseignements que nous avons pris, cette quantité doit l)ien être de 100 h 120 centimètres. C'est probablement plus du double de ce qui tombe dans tout le reste de Tannée.
Les chaleurs sont très-fortes à cette même époque ; ce sont des chaleurs humides et orageuses d'autant plus fatigantes qu'il y a peu de différence entre la température du jour et celle de la nuit. Elles favorisent dans ces vallées une végétation très-puissante, la plus belle de tout le sol argentin.
Dans les plaines de Catamarca et de Santiago-del-Estero, qui se rapprochent du grand bassin des Salines, les chaleurs sont réellement écrasantes en été. Nous y avons vu le thermomètre a 42 de gi^és. Lorsque le vent sort de cette région embrasée, il est chau comme Tair qui sort de la bouche d'un four ; c'est un vrai sirocco Ueureusement que ces bouffées ardentes sont de très-peu de durée et que presque aussitôt de violents orages leur succèdent. Ces ora ges n'ont toutefois ni la durée ni l'intensité de ceux du littoral, grêle est très-rare dans la plaine, et se voit au contraire dans le vo sinage de la montagne.