DIMENSION^ LONGUEUR, LARGEUR^ PROFONDEUA DU PARANA
La longueur totale du Parana depuis sa source, près de Goyaz, jusqu'au cap de Saint- Antoine, embrasse 20 degrés de latitude et est au moins de 800 lieues marines, soit 4,500 kilomètres. Il est difficile d'apprécier sa largeur qui, très-considérable, varie suivant les endroits. Elle est toujours en moyenne d'au moins une lieue, depuis l'Ile d'Apipé jusqu'à Corrientes; de deux et même de trois, depuis cette ville jusqu'à San-Pedro, où commence le Delta paranien. Audessus de l'île d'Apipé, elle est très-variable, mais rarement au-dessous d'un mille jusqu'à la sierra de Maracayu. Sa rapidité trèsgrande dans la partie supérieure de son cours diminue à partir des bouches de l'Y-Guazu; mais son volume d'eau est tellement considérable, que, malgré la très-faible inclinaison du terrain depuis Corrientes, puisque l'altitude est tout au plus de 60 mètres sur une distance de 300 lieues, le courant est extrêmement fort, surtout à l'époque des crues. Sullivan l'évalue de 2 à 4 milles à l'heure, suivant la hauteur des eaux.
A partir des îles d'Apipé et de Yaureta, la profondeur des canaux navigables aux basses eaux n'est jamais inférieure à 2'",50 ; il faut cependant l'établir pour les sections suivantes :
1° Plata. — De Montevideo à Tile de Martin-Garcia, canal du sud :
— Profondeur qui n'est pas moindre de 5", 40. — Distance, HO milles.
2*" Canal de Martin-Garcia, — Minimum : 4"", 20 en profondeur.
3° Rio'Parana. — De Martin- Gaixia à Corrientes : 540 milles.
— PiHjfondeur minimum : 2"*, 25, au point le plus bas qui est le jjaso de San-Jtuin, Ce biis-fouds, situé à 4 lieues au-dessus de la Paz,
FLELVES ET RIVIÈRES. ^ UIO-PARANA. 97
est formé par un banc de roches plates qui pai^aît traverser le fleuve. Ce banc est recouvert de sable dur, dans un espace de 600 mètres. Du reste, le canal est peu profond jusqu'à la Paz, et les navires d'un fort tirant d'eau doivent marcher avec beaucoup de précaution à l'époque de Tétiage. Ce bas-fond rocheux se reproduite 4 lieues du bourg de la Esquina ; les roches sous-jacentes s'y font reconnaître par lui graud bouillonnement des eaux; mais comme il y a beaucoup de fond, c'est sans danger pour les navires. Un peu plus haut, les lies se rapprochent au point de ne laisser qu'un cauiil assez étroit nommé faso (le Pinduti.
Les grands navires calant de 3 à 4 mètres d'eau ne peuvent remonter cette partie du Parana qu'à l'époque descmes.
4" De Corrientes à l'île d'Apipé : — 150 milles. Profondeur au basses eaux, minimum : — 2 mètres.
Salto de l'île d'Ajnpéy et Salto d Aregua : — tous les deux parallèles Pt formés par un banc de gi'ès grossier qui traverse le fleuve du nord au sud — par 27°20' lat. sud, et 58*^30' long, ouest. Ces deux rapides De peuvent être franchis par de grosses embarcations qu'aux grandes eaux.
5*^ Du Salto de l'Ile d'Apipé à l'embouchure de l' Y-Guazu : — 270 milles.
Navigation peu connue aujourd'hui. Jadis les grandes embarcations de Corpus, Loreto, San-Ignacio, etc., descendaient le fleuve pour porter leurs produits à Buénos-Ayres. Aujourd'hui, cette navigation est absolument suspendue, faute d'habitants. Seuls, les bateaux de guerre Paraguayens s'en servent pour le service militaire et le transport de la Yerba-Mate.
6* De la bouche de l' Y-Guazu à la grande cascade de la Guayra ou de Maraca^ii : — 180 milles.
Profondeur moyenne difflcile à déterminer. Beaucoup de rapides. Cependant le fleuve est accessible en toute saison pour de moyennes embarcations et des canots. Les Paraguayens seuls naviguent sur cette partie du Parana, pour aller exploiter les Yerbales de Maracayu et de Tncuiiipucu.
7* De la cascade de Maracayu à l'embouchure du Rio-Pardo : — 240 milles.
Navigation sur laquelle nous manquons complètement de renseignements. D'après les anciens récits des missionnaires, il doit y avoir beaucoup de rapides.
8* De l'embouchure du Rio-Pardo à celle du Rio-Tieté ou Aftembi :
— 90 milles. Rivière profonde, d'une rapidité médiocre, très-navigable.
9° Du Rio-Tieté à l'embouchure du Rio-Grande : — 90 milles.
Comme la section précédente. — Les Brésiliens donnent le nom de Rio-Grande à cette section du Parana.
10° De l'embouchure du Rio-Grande aux sources du Corumba : — ISO milles.
Navigation pour les canots et embarcations d'un faible tirant d'eau, à cause des rapides ; peu pratiquée d'ailleurs, faute de population.