PRODUITS NATURELS DE LA PAMPASIE
les feuillets siibcorticaux brûlent complètement. C'est ainsi que de ^wastes bois de Caldenes, aux environs du Rio-Quinto, dans la Pampa c3u sud de San-Luis, n'offrent plus que les squelettes d'arbres desséohés. Le bois du Calden est facile à travailler et s'emploie pour la menuiserie et la charpente.
Dans cette môme plaine on trouve le Tabac [Nicotiana Tabacum^ — Solanées) à l'état sauvage, ainsi qu'un Piment à petits fruits ronds et ^erts excessivement piquants [Capsicum rahiosiim), — Les Champignons y abondent aussi dans les temps humides.
Les bois nombreux qui bordent les rivières de la province de Cor- ^ova, ceux qui se groupent sur le versant oriental de ce massif, xenferment les mômes essences que la Mésopotamie argentimî. Bans les prolongements nord de la sierra, vers la province de Santiago del Estero, dominent surtout le Chahar^ \ Algarrobo et le Quebracho blanco.
Les forôts considérables de cette dernière province s'étendent dans le voisinage des rivières Solado et Dulce ; là, les arbres ont une taille beaucoup plus élevée et l'Algarrobo prend un grand développement. On y trouve encore le Mistol qui, comme le Quebracho, conser\'esa feuille en hiver et donne un petit fruit sucré assez agréable. C'est un arbre trapu dont le tronc atteint jusqu'à 0'",70 de diamètre , mais il est peu élevé. Son bois est utile pour la menuiserie. Le Vinal [Acacia Jerox) est armé d'énormes épines; taille moyenne. — Le Molle [Schinus molle ^ — Térébinthacées), de moyenne taille également, donne un bon bois de menuiserie et une excellente écorce pour le t'mnage. — Lé Guayacan et le Palo santo^ Gayac, bois saint [Guayacum officinale^ — Rutacées), qui ne sont que la môme espèce, donnent, outre un excellent bois pour l'ébénisterie, la résine employée en médecine sous le nom de résine de Gayac. Cet arbre abonde dans le Chaco. Les Indiens l'emploient en guise de fer pour leurs flèches ; ils l'emboîtent dans le roseau dont ils façonnent cette arme et l'assurent avec un fil de cuir. La pointe en est très-dure et leur permet d'attaquer hardiment de grands animaux. — La Brea, Térébinthacée dont l'aspect se rapproche de celui du Chanar, a le tronc parfaitement vert et garni d'une écorce très-fine; l'incision faite à ses branches donne une gomoïe-résine douce au goût, ayant l'apparence de la gomme arabique, translucide comme elle, mais un peu rougeâtre. — Dans ces bois l'Héliotrope se rencontre partout à l'état silvestre et de très-haute taille. — De l'autre côté du Rio-Salado, dans le Chaco, la végétation est analogue à celle de la province de Corrientes,
4tg RÈGNE VÉGÉTAL.
Les environs de Santiago del Estero offrent en abondance le Jwne (Polygonées?...), arbuste très-vert, dont la feuille est filiforme et composée de petites parties ovoïdes articulées les unes avec les autres. Ses cendres sont prodigieusement riches en carbonate de soude : aussi le bn*de-t-on pour les en retirer et les faire servir à la fabrication du savon. Cette exploitation pourrait devenir avantageuse, si elle se faisait en grand. Le Jume est le végétal par excellence du grand bassin des salines et de la plaine de Guyo. Il croit dans tous les terrains sales, et même dans les Cordillères où il est connu sous le nom de Tola. — Les Cactus abondent également partout dans la plaine intérieure. Le Ce7*eus Peruvianus y atteint d'énormes dimensions et forme un arbre du plus étrange aspect.
Toute la plaine qui entoure le massif central au nord et à Touest a le même genre de végétation : abondance de plantes salines, de Cactées, de Mimosas. Ce n'est que dans les endroits un peu humides, près des versants de la sierra, où s'ouvrent des quebradas, de petites vallées, que cette végétation se montre vigoureuse ; partout ailleurs elle est chétive et rabougrie. Une Térébinthacée excessivement abondante, la Jarilla^ remplit la plaine occidentale et se voit à peine de l'autre côté du massif central. Cet arbre, qui ne forme qu'un buisson élégant, est très-fragile, a un bois extrêmement résineux qui lui permet de brider quoique vert. Il couvre de très-grands espaces, et se trouve mêlé aux -rl/^arro6o5, aux Quebrachos blanchos, suj. Rétamas, aux Breas^ qui, avec les cactus, composent presque exclusivement la végétation de cette vaste plaine intériem^. Il faut y joindre le Piquillin^ arbuste qui donne un fruit pareil à la groseille et qui est très-répandu.
Le massif central réunit presque toutes les plantes du sol argentin; mais aucune n'y acquiert une très-grande taille. Les plus beaux arbres croissent, nous l'avons dit, dans les quebradas (gorges] inférieures, là où il y a de l'humidité et une terre végétale plus profonde. C'est ainsi que près de San-Pedro de los Sauces, à la descente du plateau de Pocho, nous avons vu les Chanares et les Breas les plus grands de tout le pays.
Les plateaux supérieurs de la sierra de Cordova, les Achalas, la Pampa de San-Luis, etc., etc., qui ont une altitude moyenne de 2,200 mètres, ne produisent que des Graminées et offrent de bons pâturages. Dans les plis de terrain qui s'y trouvent croit un arbuste singulier, le Tabaquillo, ainsi nonmié à cause de soo