PRODUITS NATURELS DE LA PLAINE INTÉRIEURE
écorce qui se lève et se détache par lanières exactement de la couleur et de la forme de la feuille de tabac desséchée. Ce bois brûle très-difficilement, et donne une mauvaise odeur ; il est du reste peu abondant.
Les plateaux inférieurs offrent des bois de palmiers Chamœdris qui croissent à une altitude moyenne de 1,000 mètres. Ce palmier n'excède pas 6 mètres maximum en hauteur ; sa feuille est en éventail comme celle du Caronday ; elle ne se détache pas de l'arbre, mais se dessèche et se renverse , formant ainsi une sorte de fourreau qui persiste et envelopp e le tronc tout entier. Cette enveloppe est éminemment combustible : aussi les enfants s'amusent>-ils parfois à y mettre le feu. Lorsque le bourgeon terminal résiste h cet accident, l'arbre continue de croître, mais il est retardé de plusieurs années. Le palmier Chamœdris donne un fniit comestible comme celui du Yatai, mais plus petit. Ces bois de Palmiers forment deux principaux gi'oupes dans la sierra de Cordova : l'un, près du bourg du Chaiîar, à peu près par 30® de lat. S., c'est le plus considérable; l'autre, près des pics volcaniques du plateau de Pocho, par 31® 30' environ. On en trouve aussi dans la plaine de San-Luis, en descendant la côte du Palmar, vers le bourg de San-Francisco, par 32° 20', où ils étaient très-multipliés autrefois; mais ils ont été presque complètement détruits. Le Palmier de cette région est un arbre tout h fait semblable au Chamcerops nain des bords de la Méditerranée, il n'a d'autre produit que son fruit. Le bourgeon terminal est comestible, mais moins fourni et moins bon que celui du YataL Sa croissance est un peu moins lente que celle de ce dernier. — Sur le reste de ces mêmes plateaux , la végétation est très-vigoureuse ; il y a d'excellentes terres et les quelques gelées de l'hiver y sont amplement compensées par les chaleurs de Tété. La facilité de l'irrigation en beaucoup de points y permet de très-belles cultures.
Le massif de la sierra de San-Luis est beaucoup moins boisé que celui de la sierra de Cordova; mais les pâturages y sont meilleurs. Il y a aussi plus d'humidité. Du reste, c'est exactement la môme nature végétale.
La grande plaine qui s'étend entre le massif central et les cordons intermédiaires du Gigante, des Quijadas, de la sierra de los Llanos, de la sierra de la Rioja, est couverte de bois , mais de bois peu épais, presque exclusivement composés de Jarillas , Algarrobos, Chafiares, Breas et Quebrachos blancos. Tous ces arbres, au milieu
desquels croissent de nombreux Cactus, sont maigres et rabougris et ne prennent quelque développement que dans les fonds un peu humides où se rassemblent momentanément les eaux pluviales. C'est le pays des travesias^ c'est-à-dire, des déserts sans eau; l'on n'y rencontre que celle que l'on tire des puits ou que l'on a amassée dans les mares artificielles [represas). Cette forêt, si l'on peut donner ce nom à ces bois peu épais et peu élevés, commence dans le sud au pied des Andes, vers le 38*^ degré et se prolonge jusqu'au 28* à l'extrémité nord de la vallée de Catamarca et aux plaines de Tucuman où elle s'unit alors aux bois du Chaco, qui arrosés par les pluies abondantes de l'été, ont une végétation toute différente. Elle couvre donc une immense surface et embrasse le bassin des salines qui en occupe le milieu et y forme un vaste demi-cercle. Ce bassin desséché nourrit essentiellement le Jnme; mais dans les endroits très-salins la végétation est absolument nulle. Au milieu, cependant, quelques îles, véritables oasis désertes, s'élèvent de quelques mètres au-dessus de la plaine environnante, et se reconnaissent de loin à leur végétation plus vigoureuse et à la hauteur relative de leurs arbres, qui vers le nord commencent à devenir assez beaux.
Le petit massif de la sierra de los Llanos a la végétation de la partie orientale de la chaîne de Cordova, mais beaucoup moins belle. C'est un sol granitique naturellement maigre et sec et qui produit peu. Il serait très-propre à la culturelle la vigne. Le bétail se reproduit très-bien au milieu de ses bois, où l'Algarrobo domine et donne abondamment ses fniits. L'élève des bœufs, chevaux et mules, est en conséquence l'unique industrie de cette région,
Bassin de Cuyo. — La plaine ou plutôt le bassin de Cuyo fait partie de la grande forêt dont nous avons plus haut signalé l'étendue ; mais sa végétation est encore moins variée. Son sol argileux et salin ne nourrit, indépendamment des essences habituelles, Jarilla, Algarrobo, Chafiar, Brea, Jume, Cactus, etc..., qu'une espèce particulière de genêt que nous n'avons vue que là, et que nous nommerons Genista Cuyensis^ dans le pays, Retamo. Ce retamo est un genêt d'une grande taille, d'un port triste, rameux et contourné, d'un feuillage plus grossier que le genêt ordinaire, et dont le fruit est une gousse oblongue, aplatie, qui ne renferme que deux ou trois graines. Son bois, très-dur, est excellent pour le tour ; il croît dans les en-