PRODUITS NATURELS DE LA REGION TROPICALE
Le Noyer sauvage [Nogal — Juglans alba^ — Juglaiidées) est un ^•bre plus élevé que le précédent et très-droit, mais moins rameux. Sa taille atteint 40 mètres dans le département d'Oran ; il est moins ^levé à Tucuman. Employé dans les constructions et Tébénisterie. Son bois exige beaucoup de temps pour sécher.
Cèdre ou cédrel (voyez page 403). — De la taille et du port du Noyer, mais plus volumineux de tronc, il atteint jusqu'à 50 mètres. Il y en a plusieurs variétés. Cet arbre abonde dans les bois de Tucuman, de Salta et d'Oran ; on en exporte à dos d'âne, jusqu'en Boli\'ie, des planches pour la menuiserie et la fabrication des meubles.
h'Uru7idey (voyez page 404) est le môme que celui du Paraguay et sert aux mêmes usages.
Le Quebracho Colorado atteint ici une hauteur de 30 mètres ; il est supérieur en tout à celui du littoral. Il en est de même du hlanco qui est en outre plus droit, moins rameux et beaucoup plus gros de tronc que dans la plaine intérieure. — UEspinillo^ partout ailleurs maigre et noueux, devient ici haut de 20 mètres, et son tronc a jusqu'à 50 centimètres de diamètre. Son bois est jaunâtre et d'un bon effet pour le charronnage.
Le Laurier donne un bois d'une couleur café clair traversé de veines qui varient du vert au jaune. Il exhale une odeur agréable. Excellent pour la menuiserie fine, les bois de fusil, les manches
d'instruments divers On en sort facilement des planches de 50 à
60 centimètres de diamètre.
Le Mistol^ beaucoup plus volumineux que dans la plaine intérieure, n'a d'exploitable que le tronc, long de 5 à 6 mètres. Bois très-varié en coiUeur et d'un très-joli effet, compacte comme l'acajou.
Le Tipa. — Très-grand arbre haut de 25 à 30 mètres, parfaitement droit, tronc volumineux d'où l'on peut sortir des planches de 60 à 70 centimètres de large. Bois facile à travailler; employé pour les emiDarcations.
Le Quina-quina [Myroxilon peruanum^ — Légumineuses) particulier à cette région, est un arbre magnifique de première grandeur, très-droit, atteignant jusqu'à 30 mètres et donnant des planches de la même dimension que le précédent. Il a fort peu de branches latérales, sa tête se déploie dans la forêt comme un parasol élégant. Son tronc est couvert d'une écorce lisse, mens épaisse et résineuse ; quand on l'a perforé, il en découle un suc qui^ en se solidifiant, donne le baume-résine connu sous le nom de baume du Pérou, baume de Tolu. On ne s'occupe point ici de cette récolte, mais elle pourrait devenir l'objet
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d'un commei'ce important. Le bois de Quina-quina est jaune dans ses couches les plus extérieures et rougeAtre au cœur, ce qui donne des veines très-remarquables aux planches qu'on en tire. On remploie pour l'ébénisterie, mais surtout pour la charpente des maisons.
Guaycanillo, — Peu connu, n'est pas d'une grande taille, mais il est admirablement veiné.
Gxiayacan, — Arbre trapu, à bois noir compacte et lourd qui se rapproche du palissandre ou jacaranda ; il pourrait être cfmployé pour l'ébénisterie. Est une variété du Gayac.
Palo sanlo. — C'est le Gayac (voyez page 417).
Arrayan. — C'est une sorte de buis; son bois est extrêmement dur et très-propre aux ouvrages de tour.
CehiL — Acacia fort élégant, abonde partout ; sa taille n'excèd pas io mètres. Malheureusement on gaspille cet arbre précieux, son écorce, belle et blanche à l'extérieur, est la meilleure de toutespour la tannerie. C'est une variété du Curupy du littoral.
Yuchan, — Est le Samu de la province de Corrientes, où on l'appell aussi Palo Bo7*racho. C'est le fromager des Antilles [Combax cet — Bombacées). Cet arbre, d'un aspect si singulier, ne dépasse pas 5 à 6 mètres à Corrientes ; dans les petites sierras du Juramento il a L^Be
double; mais près d'Oran, c'est un très-grand arbre de 20 à 25 mè '--
très dont la cime s'épanouit en parasol. Le tronc considérablemec=3l renflé par le bas, et figurant une amphore, est couvert d'épines pe u aiguës et qui ne piquent point. Le fruit est une sorte de qui, lorsqu'elle est mûre, s'ouwe et laisse sortir un coton très-fi— d'une extrême blancheur. Il paraît qu'à Santa-Cruz de la Sierra on commencé à en faire des tissus. Sous l'écorce de cet arbre se trou une sorte de toile végétale dont les Indiens usent comme tissu, et tordue donne de bonnes cordes. Le bois du Yuchan est éminenimemit spongieux ; comme la couche extérieure est très-dure, on en débi*^ le tronc en tronçons que l'on ferme d'un bout pour faire des espèces de tonneaux, ou bien on le scie dans le sens de la longueur et on le creuse pour former des auges à laver le linge, baigner les enfants, constmire des pirogues, etc., etc.
Le Ceibo (Erythrine). — Donne un bois semblable au liège : trèsabondant près des endroits humides.
Le Palo de Lanza. — Fournit un bois souple, analogue à celui du Frêne et employé aux mômes usages : ce nom lui vient de ce qu'on le fait servir principalement aux bois de lance, aux flèches des voitures légères, partout où il faut de la force et de l'élasticité.