‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 135 sur 193 · PRODUITS NATURELS DE LA RÉGION TROPICALE · texte numérisé non relu

PRODUITS NATURELS DE LA RÉGION TROPICALE

La Sombra de Toro^ — qui est un houx d'autant plus élevé qu'on avance davantage vers le nord, est employée pour les jougs de charrettes.

Une espèce différente de Chahai\ — beaucoup plus haute et qui ne change pas d'écorce comme celui de Tintérieur, a un bois analogue pour les qualités et Fusage au Palo de Lanza.

Le Mato^ le Charqtd^ le Molle ^ — ont une écorce excellente pour la tannerie, quoique inférieure à celle du CebiL

Les Palmiers sont peu nombreux et croissent de préférence dans la plaine : ce sont les mômes espèces que sur le littoral.

Dans certaines quebradas, il y a quelques Araucarias^ mais ils ne ssorit d'une taille moindre que dans le haut Uruguay.

Enfin Y Oranger [Naranjo — Citrus aurantium)^ — qui croît par- 't.out à Tétat sauvage, offre un bois excellent pour le tour, les manches d'instrument; et Ton trouve l'arbre à Yerba-Maté dans les forêts ci'Oran et du San-Francisco.

Nous n'avons cité ici que les arbres les plus connus et les plus utiles. On connaît la variété de la flore tropicale. La végétation de ce versant des Andes est celle des parties correspondantes de la Bolivie et du Péxou; seulement on n'y trouve point les Quinquinas, dont la limite sud paraît être, suivant M. Weddel qui a parcouru cette contrée, le "vingtième degré. Une foule de plantes, utiles soit pour la teinture, soit pour l'art de guérir, soit sous le rapport textile, restent encore ignorées des habitants qui n'exploitent naturellement que les plus communes, celles qui sont le plus à portée» des centres de population. Les forêts du nord de la Confédération sont d'un aspect réellement extraordinaire pour la puissance des végétaux qui les composent, et à laquelle la moyenne générale des arbres du territoire argentin ne vous ont point préparés. Serrés les uns contre les autres, ces grands arbres, pareils à des colonnes, s'élancent droits dans les airs, quelques-uns portant suspendues àleursbnuichesdes Lianes gigantesques.

Point ou du moins très-peu de branches latérides; le végétal semble se hâter de grandir pour aller chercher vers le ciel le soleil qui le vivifie, la rosée et les brouillai'ds qui le rafraîchissent. Les troncs de ceux qui sont tombés de vieillesse gisent çà et là, recouverts d'une telle quantité de plantes parasites de tout genre et de toute famille, que Tétude botanique d'un seul demanderait plusieurs jours. Les Tillandsias y brillent de tout leur éclat; leurs belles feuilles vertes qui retombent comme des festons, leurs panicules, tantôt roses, tantôt

violets, décorent les troncs d'une façon éminemment pittoresque, en même temps que les perroquets , les aras , les toucans aux couleurs éclatantes perchent sur les plus hautes branches et font retentir la forêt de cris aigus. Des Orchidées de toute espèce se suspendent aux rameaux ; des Fougères nombreuses croissent aux endroits humides : il n'y en a cependant point d'arborescentes. Des Champignons variés croissent au pied des arbres ; quelques rares Mousses, mais de nombreux Lichens tapissent Fécorce de quelques-uns. Cette végétation puissante orne et remplit toutes les pentes des derniers contre-forts orientaux des Andes et les bords des rivières sans nombre qui eu descendent; et en suivant leurs bords, ell^^ va se confondre avec celle du Chaco.

Les Cactus, les Broméliacées y ont les mômes représentants que dans r intérieur, et la Caraguata y est plus développée encore qu'au Paraguay. Parmi les plantes tinctoriales, une espèce de Garance (Ruhia tinctorum^ — Rubiacées), et l'Indigo [Indigo fera Anil ^ — Légumineuses), croissent à l'état sauvage et seraient susceptibles d'une culture lucrative. Toutes les gommes et résines des Missions et du Paraguay se retrouvent dans cette partie tropicale de la Confédération Argentine.

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