‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 139 sur 193 · PÊCHER · texte numérisé non relu

PÊCHER

Le Pêcher [Amygdalus Persica^ — Rosacées) abonde dans le de la Plata, comme l'Oranger, mais il descend plus bas dans le sud et remonte moins dans le nord. C'est un arbre également importé, mais qui est devenu indigène par son immense multiplication, résultat des bonnes conditions du sol et du climat.

Nul arbre ne se reproduit ici avec autant de facilité que le Pêcher, il forme de véritables forêts dans les lies du Parana. Dans la province de Buénos-Ayres, on le sème pour former des taillis qui fournissent le bois à brûler nécessaire à la consommation dans la campagne. Toutes les estancias de la Pampa et de la Mésopotamie argentine en ont quelques-uns autour d'elles ; c'est le seul arbre que le gaucho (paysan) aime à planter, parce qu'il croit sans avoir besoin d'être soigné et qu'il est excessivement robuste. On le trouve dans

les bois des sierras de San-Luis, de Cordova, de Tucuman. Cependant , il ne réussit bien que jusqu'au 29* degré , à moins que l'altitude du sol ne modifie la température. Au delà de cette latitude, le * fruit est petit , presque toujoufô piqué des vers ; aussi ne le voit-on guère au Paraguay.

D y a plusieurs variétés de ces Pêchers ; mais les espèces les plus multipliées appartiennent toutes à la classe des pèches duveteuses à fruits adhérents au noyau. Ce sont celles qui croissent à Tétiit silvestre et dont le fruit n'en est pas moins très-doux ; telles sont les variétés qui remplissent les îles du bas Parana, et dont on va chercher les fruits à l'époque de leur maturité , pour les vendre sur les marchés de Buenos- Ayres et de Montevideo.

Ces Pêchers ont une vie assez courte et ne durent guère plus de 1 5 à 20 ans, souvent même moins; mais ils sont remplacés immédiatement par les rejetons qui poussent à leurs pieds ou par les nouveaux sujets provenus des noyaux semés par les vents : aussi la reproduction de l'arbre n'est-elle jamais interrompue et les bois de Pêcheurs semés exprès forment-ils d'épais fourrés. Ce n'est que dans les endroits abrités et cultivés que le Pêcher acquiert une grande taille et dure plus longtemps ; nous nous souvenons d'en avoir vu un, qui svait plus de dix mètres de haut et le tronc à proportion , dans la cour du cloître du vieux couvent de la Merced, à Santa-Fé.

Quant aux variétés nouvelles cidtivées, elles ne sont nombreuses que sur le littoral, où depuis quelques années on a importé beaucoup d'espèces d'Europe, et cela seulement chez quelques amateurs nationaux ou étrangers. Les masses ne cultivent que le Pêcher indigène, dont le fruit assez agréable fait les délices de tous, et que l'on consomme en immense quantité. Les gens du pays affirment que quel que soit le nombre de pêches que Ton mange, elles ne font jamais mal ; le fait est que nous n'avons jamais entendu personne s'en •plaindre et que ce fruit est éminemment digestible.

Malgré toute sa rusticité, le Pêcher indigène est quelquefois attaqué d'épidémies qui le font périr en grand nombre, telles que la cloque, les pucerons, etc. Mais la reproduction est si abondante et si prompte, que ces fléaux sont sans graves résultats.

Dans quelques provinces on fait sécher les pêches découpées en lanières pour en faire une conserve connue sous le nom d'Orejones. La province de Mendoza est particulièrement le siège de cette industrie.

En parlant des arbres à fruits silvestres, nous avons cité, YAlffor-

robo^ le Chanar^ le Mis toi, le Mol le ^ le Piquillm^ dont les fruits sont comestibles, et qiii, fermentes dans Teau, produiseint des baissons tI neuses, auxquelles on donne indifférenunent le nom de cMcha et d'tfloja^ boissons très-appréciées dans l'intérieur, surtout par les gens de la campagne. Les autres arbres, tels que Vlbapohy^ Vlba^y^VIbn- Poru, Y lba-Viyu^YIba'Vtra,YIsipo,le Nangapiri^\àNangapiriponi [iba veut dire fruit en guarani), tous des Missions, de Corrienfes, du Paraguay et du Chaco, pourraient être culthés et s*amélîoreniient certainement. Ils sont, il est vrai, de beaucoup inférieurs aux arbres à fruit originaires de Tancien continent ; mais on les aime dans le pays, et ils rendent de véritables services, en contribuant à varier kl . nourriture si simple et souvent si volontairement insuffisante des ha — bitants.

§ IL — Arbres fruitiers.

Page 1