V* CLASSE. — ARBRES DES PATS CHAUDS
Palmiers. — Aucun palmier n'est cultivé, excepté le Dattier [Phoenix dactyliferà). L'espèce d'Afrique est peu répandue , et ses dattes sont inférieures jusqu'à présent à celles de l'arbre du Sahara. — Le palmier Pindo^ qui est un dattier indigène planté dans quelques propriétés, mais qui croît aussi à l'état silvestre, donne un fruit trèsdoux, nommé à Corrientes Ita-pita. C'est une grappe volumîheuse succédant à la fleur qui sort d'un spathe long et recourbé ; elle est mûre à l'entrée de l'hiver. Nous avons déjà dit que le Coco [Palmù dstrocarium) , le Yataî et le Palmier de Cordo va [Chamœ dris argentina) donnaient également des fruits comestibles. La culture les améliorerait probablement, comme tous les arbres fruitiers en général.
Bananier [Musa saptentiwn^ — Musacées). — Réussit dans te nord de Corrientes et des Missions, au Paraguay, dans la vallée du San- Prancisco, à Oran. Abrité, on peut TobteBrr partout, à partir du 35* degré ; mais il feut le couvrir en hiver , car il craint beaucoup les gelées, et de plus, les vents tourmentent et brisent sesfenîHes. Nous l'avons vu fructifier à Montevideo, mais la chaleur n*y est pas assez forte pour que le fruit mûrisse bien. Les conditions nécessaires pour qu'il réussisse dans Tîntérieur de la Confédération, sont un abri contre les vents dominants par un rideau de grands arbres ou des murailles; point de gelées et une chaleur forte en été.
Le CBÉBiMOixiBR {Anona Cherimolia^ — ABonacées, — ChirimoUo) est un bel arbre qui se cultive dans le nord de la Gonfédératiûn, et donne un bon fruit qui a le goût de la pomme de reinette, avec un peu phis de parfum. C'est une sorte de pomme verte très-grosse» renfermant, à Tépoque de la maturité, une pulpe blanche dans laquelle flottent les gniineSw Le GbérimoUier se eultive près de Salta, à Tucuman, à Catamarca, dans la vallée du San-Franciseo. Nous ne Favons vu, ni à Corrientes, ni au Paraguay ; mais il y réussirait très-bien, car c'est un arbre robuste qui pourrait être propagé facilement jusqu'au 30'' degré, et même plus au sud, si Ton avait soin de l'abriter contre les courtes gelées de l'hiver. H prospérerait certainement dans une bonne eiposition , et ce serait une acquisition nouvelle pour le centre et le sud de la Confédération. Le ChérimoUier est l'arbre fruitier indigène le^plus af^récié au Pérou. Ses congénères, le Cwossol [Anona mu* rieata\ la Pomme-caneUe [Aîwna sfuammosa) sont cultivées dans les Antilles.
Le Papayer [Carica Papaya^ — Papayacées) est nommé dans le pays Maman. Il croit à Corrientes et dans la partie tropicale des provinces du nord. C'est un aAre qui a quelque chose de l'aspect du .figuier, mais il est beaucoup moins grand. Le fruit, très-charnu et l'enfermant une pulpe amylacée, est verl, pareil à une très-grosse fi^e, allongée, bosselée et adhérente a la tige. On le mange cuit ou cru, et il est assea agréai:^.
Raquette [Cactus Opuntia^ — Cactées). — Il n'est cultivé pour le £ruit que dans la province de Cordova, où l'on en fait des vergers. Partout ailleurs on se contente de recueillir ses produits silvestres, soit dans la campagne, soit sur les haies qu'on en forme.
Go¥Avi£R [Psidium pomiferumy — Myrtacées). — Arbuste trèsrobuste et qui croit dans tout le pays. On le cultive peu, quoiqu'il léossisse partout. Le fruit est de la grosseur et de la forme d'une petite poire à peau jaunâtre dans k maturité. D est assez parfumé, d'un goût un peu aigre et astringent, mais assez doui.
Gkerabu» [Pynka granatuniy — Granatées). — Extrêmement robuste, croit partout et atteint en arbre une taille de 6 à 8 mètres. La beauté de sa fleur et le goût exquis de son fruit le font rechercher. Ce fruit acquiert ici, quoique l'arbre soit abandonné à lui-même.
une grosseur considérable. Bien conduit, le grenadier devient réellement magnifique; malheureusement, on n'a pas soin d'enlever les rejetons sans nombre qui poussent continuellement du pied et de la tige, et la plupart des sujets restent buissonneux. On pourrait, à cause de la rapidité de sa croissance et du feutré de ses branches, remployer utilement en haies vives, ainsi qu'on le fait dans l midi de la France et en Italie.
Pistachier (Pistacia vera^ — Térébinthacées) . — Ce joli arbre ,^ qui réussit parfaitement sous le climat de la Confédération , est ^ peine connu, excepté dans quelques jardins particuliers. C'est un arbre diolque, c'est-à-dire que les fleurs mâles sont sur un sujet et les fleurs femelles sUr un autre, comme dans le dattier. Le fruit, d'un vert cramoisi, contient une amande verdâtre, d'une saveur trèsagréable et parfumée , recherchée surtout par les confiseurs. Le pistachier, qui atteint une taille de 6 à 8 mètres, pourrait se cultiver partout avec beaucoup d'avantage.
Cacaotier [Theobroma Cacae^ — fam. des Malvacées, — tribu des Butnériacées) . — On a essayé de le cultiver dans la vallée du San-Francisco, mais les petites gelées qui arrivent quelquefois dans ces localités gênent beaucoup sa culture. Il faut un climat chaud et humide. Le père Puidengolas, missionnaire franciscain , essaye en ce moment de le naturaliser à la Esquina-Grande sur le Rio-Vermejo, nous doutons qu'il y réussisse. Quoique cette localité soit sous le tropique et le sol excellent, le vent du sud amène des froids passagers, mais vifs, qui font beaucoup de mal à cette plante.
Cafeyer [Coffœa arabica^ — Rubiacées). — Le Café n'est cultivé que dans la vallée du San-Francisco et au Campo-Santo, bourg de la province de Salta par 24** 40' et à une altitude de TSC"". Les plants proviennent des Yungas, vallées chaudes des versants orientaux des Andes de Bolivie, et fameuses par le café de choix qu'elles produisent. L'espèce récoltée jusqu'à présent dans la Confédération est excellente, mais en trop petite quantité pour être encore un objet de commerce. C'est à M. Comejo, planteur du Campo-Santo, un des agriculteurs argentins les plus intelligents et les plus zélés pour le progrès du pays, que l'on doit l'introduction de cette culture. Malheureusement les jeunes plants ont été gelés plusieurs fois et il a fallu les ra-
battre ; cependant une fois la plante bien acclimatée, il n'est pas douteux qu'elle ne donne de bonne récoltes. Il faut noter ici que les environs d'Oran et toute la vallée du San-Francisco sont encore plus favorables à ce végétal que la plaine du Campo-Santo. Le caféyer aime un climat modérément chaud, mais il craint les gelées ; or il y a plusieurs points de cette même vallée, tels que San-Pedro, le Rio-Negro et la Reduccion, où il ne gèle jamais. Cette culture si lucrative et si facile sera donc une nouvelle source de richesses pour cette région déjà si favorisée sous le rapport des productions tropicïdes.
Olivier [Olea Europea^ — Oléiiiées). — L'Olivier devient un grand arbre sous le climat de la Plata, il y croît partout ; nous en avons vu à Famatina, dans la grande valléeMece nom, par 29 degrés et 1 ,1 00" d'altitude, dont les troncs étaient véritablement monstrueux. C'est un arbre qui craint les grandes chaleurs continues, comme les grands froids. Dans l'ancien continent, il ne croît pas au delà de 45 degrés nord; d'un autre côté, il vit, il est vrai, dans la zone équatoriale, mais il n'y donne aucun fruit. Les Oliviers plantés en grande quantité à Buénos-Ayres , à Montevideo, y fructifient à peine, sans cloute faute d'être greffés, tandis que dans les provinces des Anfies, à Mendoza, à San-Juan, à la Rioja, une culture plus soignée les rend très-productifs. Dans cette dernière province, la côte d'Arauco est renommée pour ses olives qui sont réellement délicieuses. Il est très-probable que si l'on profitait de l'excellence du clixnat et du terrain, la culture de l'Olivier deviendrait une branche d'exploitation agricole très-lucrative dans la Plata, où l'on n'emploie que des huiles étrangères, le plus souvent de qualité très-inférieure , par suite des falsifications, des mélanges dont elles sont l'objet. L'Olivier n'a pas à craindre ici les hivers rigoureux (jiii lui font quelquefois tant de mïd en Provence, en Espagne, en Italie et dans les montagnes de l'Algérie. Sa culture sur une grande échelle serait donc une industrie nouvelle dans le pays et enrichirait certainement un jour les agriculteurs qui s'y livreraient. Mais il en est de l'Olivier comme de l'Oranger : il faut du temps pour qu'il soit en plein produit, et ici l'on ne sait point attendre.
2e CLASSE. •— ARBRES DES PAYS TEMPÉRÉS.
Beaucoup de ces arbres ne sont cultivés que depuis peu de temps, car les premières espèces introduites jadis avaient singulièrement
dégénéré : le climat est un peu chaud pour elles. Les arbres deyiennent magnifiques, mais ils ont trop de bois et les fruits sont tares. D'un autre côté ils sont mal gouvernés ; les arboriculteurs instruits et habiles manquent essentiellement au pays.
CoiGNAssiER [Cydonia commtmis^ — Rosacées). — Le Coignassier est devenu dans la Plata ce qu'y est le Pêcher : il croît à l'état silvestre. On le plante dans la Bande-Orientale et dans la province de Buénos-Ayres pour bois de chauffage, pour former des haies, enfin pour le fruit. Ce fruit est excellent, ne manque jamais, et s'emploie en immense quantité pour faire des pâtes qui se conservent longtemps et font l'objet d'un commerce intérieur assez étendu. Le Coignassier a ici un grand avantage, c'est qu'étant devenu réellement indigène, il offre des facilités immenses pour la greffe des arbres de la même famille, à cause de sa vigueur et de sa rusticité. On commence à apprécier ces qualités, aujourd'hui que l'agriculture fait de notables progrès sur les rives de la Plata et dans l'intérieur. La variété la plus commune du Coignassier dans ces régions est celle à fruit pyriforme, dite de Portugal. C'est aussi l'espèce préférable pour la qualité du fruit et la vigueur de l'arbre qui, bien conduit, pourrait acquérir une assez grande taille.
Abricotier [Ai^menicLca vulgaris^ — Rosacées). — Assez répandu sur le littoral et dans les provinces des Andes. Il charge peu, et le fruit est petit. Mais ceci est dû à une culture imparfaite, car des plants nouvellement introduits d'Europe ont donné de beaux et bons fruits. Ce qui le fatigue le plus, ce sont les vents très-violents du printemps, qui sèchent les fleurs fort délicates de cet arbre et font tomber les jeunes fruits qui viennent de nouer. On commence à en varier les espèces. Celle qui est devenue indigène a beaucoup de bois et peu de fruit, La culture de cet arbre a donc grandement besoin d'être améliorée ; mais on peut compter sur le succès, si l'Abricotier est conduit avec intelligence.
Prittoer [Pnmus domestica^ — Rosacées). — Peu cultivé. Il donne d'ailleurs très-peu, excepté dans quelques vallées des Andes, à Mendoza, à San-Juan, et encore la qualité est-elle médiocre. Sur le littoral on en a planté un assez grand nombre dans ces derniers temps, mais les produits n'ont pas répondu aux soins dont ils avaient étéj'ofajet. C'est encore un arbre à acclimater.
Ckrisi£r [Prunus cerasus^ -*- Rosacées) . — Réussît beaucoup mieux €jue le précédent. Ses fruHs sont un peu acides. Sa croissance est extrêmement rapide , mais il ne vit pas longtemps et se sèche à la ciouziëme ou quinzième année. On en a importé des Tariétés nouvelles qoi paraissent devoir mieux prospérer que l'espèce devenue indigne. On ne le cultive que sur le littoral et dans les provinces andines ^ù il réussit encore mieux.
PouuER [Ptjrus domestica^ — Rosacées). — Très-répandu. L'arbre devient extrêmement robuste et croît même trop, mais le fruit est de qualité inférieure, du moins dans les espèces devenues indigènes et qui sont peu variées, et se rapportent principalement aux espèces d'été. Dans ces derniers temps, on a importé beaucoup de nouveaux plants d'Europe : ils ont parfaitement réussi, on a même pu les reproduire de greffe, soit sur franc, soit sur Coignassier. C'est d'abord a Montevideo, puis à Buénos-Ayres que cette culture a pris quelque extension ; elle a gagné ensuite Santa-Fé, Parana, Rosario, Gualeguaychu et notamment la belle qninta (maison de campagne) du général Urquiza, à San-José, près de la ville de l'Uruguay, magnifique établissement qui offre aujourd'hui une réunion extrême • ment remarquable des meilleurs arbres fruitiers d'Europe et de la plupart de ceux des tropiques. Les fruits donnés par ces nouveaux plants sont superbes, aussi bons au goût que beaux d'aspect : nous avons >ai des Doyennés^ des Crassanes^ des Bettrrés^ des Saint- Germain^ etc., etc., aussi* bien réussis que les meilleurs de France. Mais c'est seulement sur le littoral que l'on connaît ces belles espèces, et dans quelques jardins un peu soignés de Mendoza et de San-Juan ; partout ailleurs la poire est un petit fruit plus que médiocre.
PoBiMiER (ilfo/i^5 domestica^ — ^Rosacées). — Dans certaines localités, cet arbre est devenu indigène. H y a vingt-cinq ans, il étiit extrêmement abondant à Montevideo, et donnait môme lieu à un certain commerce d'exportation powr le Brésil et Buénos-Ayres. A cette époque, une épidémie tua tous les Pommiers, et lorsque nous arrivâmes dans la Bande-Orientale en 1841 , ce fruit était devenu fort rare. Depuis, on en a replanté, mais jamais ces nouveaux arbres n'ont atteint la vigueur et la fécondité qu'on avait connue airtrefois à leurs devanciers. Cependant les espèces se sont beaucoup multipliées, et l'on commence à recueillir de fort beaux fruits sur tout le littoral jusqu'au 31* degré ;
plus au nord, le Pommier ne croit pas. bien, à moins que Taltitude des terrains ne le favorise. Ainsi le petit village de las Gampanas (28® 50'), dans la sierra de Famatina, province de la Rioja, par une altitude de 1 ,600 mètres, est renommé pour la beauté et la bonté de ces fruits. Nous avons pu juger nous-même qu'ils n'étaient pas au-dessous de leur réputation. Toutes les vallées des Andes, en continuant vers le sud, sont favorables à la culture du Pommier, et nous savons déjà que cet arbre croît à Fétat silvestre vers les sources du Rio-Negro (voyez page 167). Dans le sud de la province de Buénos-Ayres, il réussit également bien, car d'anciens vergers abandonnés aux Indiens ont continué à produire de ce fruit en abondance. C'est donc un végétal sur la culture duquel on peut compter.
Néflier [Mespilus Gernianica^ — Rosacées). — S'élève bien et fructifie, mais est peu répandu. On peut le greffer sur Poirier et sur Coignassier. Ce n'est que depuis très-peu de temps qu'on a commencé à le cultiver dans la Confédération.
Groseuxier {Ribes rubrum^ — Ribesiées). — Il ne réussit que dans le sud de la province de Buénos-Ayres. Jusqu'à présent tous les efforts pour l'acclimater sur les rives de la Plata ont été infructueux. C'est un arbuste qui aime les hivers froids. On sait d'ailleurs que c'est l'arbre fruitier qui s'approche le plus du pôle, puisqu'il peut être cultivé même en Laponie.
Framboisier [Rubtis idœiis^ — Rosacées). — Celui-ci croit parfaitement et donne de bous fruits à Buénos-Ayres et à Montevideo, il réussirait par conséquent sur une partie du sol argentin.
Châtaignier {Castanea vulgaris^ — Quercinées). — On commence à cultiver ce bel arbre sur les bords de la Plata où il paraît devoir réussir. Ce serait une acquisition précieuse pour le pays, nonseulement à cause de son fruit, que tout le monde connaît et qui est excellent, mais encore à cause de la bonne qualité de son bois pour les constructions. Le Châtaignier croît avec vigueur dans les sables, dansles terrains maigres et montagneux, et il est très-probable que le massif central de Cordova et de San-Luis lui conviendrait. Dans un pays où manque le beau bois de charpente, l'introduction du Châtaignier rendrait de grands services à l'industrie et à l'économie domestique. Si son bois n'est pas de premier choix pour le chauffage , il est
parfait pour les cerceaux, les échalas, une foule d'autres usages agricoles. D serait donc à désirer que les propriétaires intelligents du littoral et des provinces andines s'occupassent de la culture de cet arbre, qui deviendra une véritable richesse pour leurs familles et pour le pays. Cette culture est des plus faciles et n'exige presque aucuns frais.
Noisetier [Corylm domestica^ — Quercinées). — Peu cultivé; il réussit cependant assez bien sur le littoral où Ton commence à s'en occuper.
Noyer [Juglans regia , — Juglandées) . — Trè>-bel arbre cultivé depuis longtemps sur le territoire argentin, mais qui n'est pas répandu comme il devrait l'être. Nous avons dit que des espèces indigènes silvestres et à très-petits fruits croissaient dans les sierras de Tucuman et de Salta sous un climat tropical, et y acquéraient un énorme développement. Le Noyer commun crott également bien sur le littoral et mieux encore dans les provinces de Mendoza et de San- Juan, d'où l'on exporte son fruit dans les autres provinces de l'intérieur. Sur les rives de la Plata, du Parana et de l'Uruguay, on n'en voit que rarement ; non qu'il n'y puisse prospérer, car il y en a quelques-uns de fort beaux et de très-productifs, mais uniquement parce qu'on n'en plante pas. Nous dirons de ce bel arbre ce que nous avons dit du Châtaignier : ce serait rendre un grand service au pays que de le propager autant qu'il mérite de l'être, puisque, indépendamment de son fruit qui est fort agréable, il donne un bois excellent pour l'ébénisterie, la menuiserie, le charronnage et même la charpente. Sous ce dernier rapport, il est bien préférable à l'Algarrobo. Dans les provinces de Mendoza et de San-Juan, c'est l'arbre le plus utile pour son bois, et il est fâcheux qu'il n'y soit pas plus multiplié. Toutes les variétés peuvent parfaitement réussir dans la plus grande partie du territoire de la Confédération.
Amandier [Amygdalus communis^ — Rosacées). — Jusqu'à présent cet arbre n'a pas très-bien réussi sur le littoral, sans doute faute d'une culture convenable. Au contraire, à Mendoza et San- Juan, non-seulement il crott parfaitement bien, mais encore il donne d'excellents fruits. Cependant il n'est pas douteux que le climat du littoral ne lui soit favorable, car il s'y reproduit très-bien de semences, et très4)ien également de greffe sur Pêcher. Nous croyons qu'avec
4iC RÈGNE VÉGÉTAL.
-de la persévérance et en important de bonnes espèces de TEspagne et de rÂlgérie, on arriverait à de bons résultats. La coûsommatîoD ^ des amandes est considérable dans toute la Plata. La majeure partie ^ sont importées d'Espagne et d'Italie.
Figuier {Fîcks carica^ — Morées). — Extrêmement répand et devenu indigène. Il réussit partout et donne les meilleurs fruits^ principalement sur les bords du Parana. Il atteint là une taille de 1^ à 12 mètres, s'il est un peu soigné. Dans les provinoes de San-Juacrr: de la Rioja et de Catamarca, on prépare des flgués sèches estimé [pasas de higos)^ qui font l'objet d'un commerce intérieur assez portant Sur le littoral on se contente de consommer le fruit à Té frais, mais on pourrait se livrer aux mêmes préparations avec tage ; c'est une industrie à créer. On classe ici les figues en det^ espèces, les unes blanches, higos proprement dits, qui sont mûres en janvier ; les autres plus petites, moins fines au goût, d'une couleur violette, dites brevas. Cette, seconde espèce fournit souvent deux récoites, l'une en décembre, l'iiutre en mars ou en avril. Eiie ne donoe point de si bonnes pasas que la blanche, mais l'espèce en est plas productive et plus répandue. La culture du Figuier est, comme toutes les auties, à peu près abandonnée à la nature. Cet arbre, bien soigné, donnerait certainement des produits exquis et très-abondants sur un sol et sous un climat qui lui sont si favorables, et par ses fruits il pourrait même créer une branche d'exportation lucrative.
Mûrier [Morus alba^ — Morées). — Cette variété «rott partout sur le territoire argentin avec la plus grande facilité et devient un grand arbre. Le noir est plus rare. Le Mûrier n'a cependant été cultivé sérieusement que dans la province de Mendoza où le rnulticmlt était surtout répandu, et où l'on s'occupait de l'éducation du ver à soie. Malheureusement une épidémie, en 1850, a complètement détruit ces animaux, et ce n'est qu'aujourd'hui que Ton recommence ù s'en occuper. Toutes les espèces de Mûriers peuvent prospérer dans les provinces ai'gentines ; mais le cUmat très-sec des provinoes de Mendoza, San-Juan, la fiioja et Catamarca est surtout favorable à l'éducation du v€r à soie, et e IMûrier s'y reproduit à merveille dès que l'on peut pratiquer l'irrigation des plantations. Il en est de mênae des versants occidentaux des sierras de Cordova et de San-Luis où cet arbre réussit parfaitement bien. H suffit de le planter de bouture dans quelque terrain queee soit pour qu'il prenne avec la plus grande
facilité. Seulement le Tent fatigue un peu ses feuilles et il a besoin d'être abrité à Taide d'un cordon formé d'autres arbres plus robustes, tels que le Peuplier, du côté des \ents du sud, lesquels sont toujours les plus yioLenis dans tout le pays.
Vigne [Vùis vini/era^ — Vinifères).' — Nous ne parlerons ici que de la» Vigne cultivée au point de vue du fruit de table ou de conserve, nous réservant de traiter en son lieu la production et la fabrication du vin dans le territoire de la Confédération. — Cet arbre est devenu ici indigène comme TOranger, le Pêcher, le Figuier, etc., il croît jusqu'au âS*" degré avec un grand luxe de végétation et une abondante production de raisins d'un goût exquis, quoique sa culture laisse encore quelque chose à désirer- On peut dire cependant que de tous les arbres à fruit du bassin de la Plata, c'est la Vigne qui est le plus intelligemment cultivée, bien qu'elle ne soit pas aussi répandue qu'elle pourrait l'être, et qu'on n'en tire pas l'ûnniense parti que la facLLité et l'abondance de la production indiquent de prime abord.
Les premiers plants de Vigne ont naturellement été apportés d'Esr pagne, et les variétés en étaient peu nombreuses jusqu'à ces derniers temps où un très-grand nombre de nouvelles espèces ont été importées d'Europe. Le jardin d'acclimatation de la ville de Mendoza (quinta normal) en compte une centaine qui se sont parfaitement acclimatées. Sui' le littoral, les muscats atteignent une grosseur réellement extraordinaire, et nous avons vu des grappes qui pesaient jusqu'à 3 kilogi^ammes et même plus ; mais il faut que la Vigne soit déjà très-forte et surtout bien abritée du veut pour donner des fruits pareils. Cette espèce est extrêmement sujette à la coulure, — Une variété beaucoup plus robuste et de bon goût, à gros grains d'une couleur violet clair, charge énormément et est la plus multipliée de toutes. Le chasselas, dit uva frwicesa^ raisin français, n'est piis encore trèsrépandu. Nous en avons cependant mangé de très-bon et de très-beau à Copocabana, dans une des vallées des Andes, province de Catamarca , par 28 degrés environ, à une altitude de 1^070 mètres. Dans les provinces de Mendoza, de San-Juan et de la Rioja, la Vigne prospère admiri^lement, ainsi que nous le verrons; mais nulle part elle ne donne d'aussi beaux raisins que dans le voisinage et sur les versants des sierras de la Rioja. Il y a surtout dans celte province une espèce très-répandue nommée Torontez^ d'un goût intermédiaire entre le muficat et le chasselas, et qui est réellanent exquise.
La VigBe croit avec tant de rapidité dans la Plata, ses produits sont
si abondants et si excellents, qu'on s'étonne à bon droit que sa culture n'ait pas reçu plus d'extension. Mais il en est de la Vigne comme de tant d'autres arbres fruitiers que nous avons cités plus haut. Ce n'est que depuis une huitaine d'années qu'on a commencé à s'occuper sérieusement de leur culture et de leur propagation.
Les provinces des Andes font du vin, et quelques crus ont une réputation méritée. Sur le littoral, la Vigne pourrait être cultivée dans ce but, surtout dans la Bande-Orientale dont le terrain ondulé lui est très-favorable, et dans TEntre-Rios, qui présente des pentes à souhait pour cette culture, un terrain léger, un peu sableux, qui ne retient d'humidité que juste ce qu'il en faut pour ce végétal. On a compris cela dans les environs de Montevideo, où, depuis quelque temps, des nationaux et des étrangers ont planté de véritables vignobles qui donneront un jour d'excellents produits. .
La Vigne, soit pour la table, soit pour la production du vin, est cultivée en treilles dans toute la Confédération. Ce mode d'installation lui permet de braver les vents et d'abriter ses grappes plus facilement sous répais manteau de son feuillage. L'espalier ne lui est pas favorable, les murs concentrant trop la chaleur. On plante de forts poteaux, sur lesquels on attache de longues gaules croisées à deux mètres de terre ; la vigne court sur ces supports et les grappes sont ainsi parfaitement soutenues et protégées.
Quoique le climat soit déjà très-chaud, la Vigne réussit encore dans le nord de Corrientes et au Paraguay ; mais comme les étés y sont quelquefois pluvieux, le raisin y est sujet à la pourriture. Cet accident est plus fréquent encore à Tucuman, où la saison des pluies dure de novembre à mars; cependant on y obtient encore du raisin. Quant aux vallées des Ande^, grâce à leur altitude et à leur climat sec, elles sont éminemment propres à cette culture, qui se continue jusqu'au cœur de la Bolivie, puisque la vallée de Cinti, située sous le 20*" degré, a des vignobles renommés, et qu'au Pérou celle de Pisco, qui est très-peu élevée au-dessus du niveau de l'océan, produit la fameuse eau-de-vie de ce nom. Les plants que nous avons vus au Paraguay étaient de belle venue, mais le produit n'en est ni aussi sûr ni aussi bon que dans les pays qui se rapprochent du sud.
Toutes les espèces de Vignes naturalisées sur le sol argentin ont leurs raisins extrêmement riches en principes sucrés : aussi les vins qu'on en retire soht-ils en général très-alcooliques et par conséquent trë&avantageux pour la distillation. Les muscats très-gros et très-sucrés