VÉGÉTAUX CULTFV'ÉS. — ARBRES FORESTIERS
des provinces de Mendoza et de Sau-Juan y sont séchés avec soin, et, sous le nom de posas de, uva (raisins secs), sont expédiés à dos de mulet dans toutes les provinces de l'intérieur, au Chili , et sur le littoral de la Plata. Les variétés bien préparées à San-Juan se rapprochent des bons produits de Malaga.
§ III. — Arbres forestiers.
Le chiffre d'arbres forestiers importés d'Europe est excessivement réduit, et cependant un grand nombre pourraient être facilement acclimatés, ainsi que le prouvent les quelques sujets qui ont été introduits et qui prospèrent sur divers points du littoral et de Tintérieur. Ici encore nous prendrons, comme points de comparaison, d'une part, Montevideo, Buénos-Ayres et San-José, et, de l'autre, Mendoza et San-Juan qui sont certainement les pays les plus avancés en agriculture. — Si nous avons déploré plus d'une fois la négligence avec laquelle on traite les arbres fruitiers , ce sera bien pis encore si nous songeons aux arbres forestiers dont le besoin se fait si vivement sentir et qui n'existent pour ainsi dire pas ; nous voulons parler surtout des espèces étrangères déjà importées, et qu'il serait urgent d'acclimater et de répandre pour donner à certaines provinces
les bois de construction, de menuiserie, etc., qui leur manquent.
L'importation des bois divers , en planches, en solives ou en billes, par la Plata et les fleuves, suffit parfaitement aux besoins du littoral; mais une partie de l'intérieur n'a que les forêts rabougries, aux arbres durs et contournés, que nous avons citées, et l'on y aurait grand besoin que des espèces plus utiles fussent introduites.
En effet, excepté les localités favorisées de la province de Tucuman, de la vallée du San-Francisco, de quelques points de Salta, de Catamarca, de la Rioja et de Santiago del Estero, tout le reste du sol argentin intérieur n'a que des bois maigres d'une hauteur médiocre, 12 à IS mètres maximum, bois formés d'arbres indigènes, tandis que les arbres forestiers de l'ancien continent ou de l'Amérique du Nord, plantés dans des endroits convenables, y acquièrent une très-belle taille. Quel avantage n'y aurait-il donc pas à les multiplier! Les provinces actives et industrieuses de Cuyo recevaient autrefois leurs bois de construction de Tucuman, et à dos do mulet; c'est-à-dire que des planches et des poutrelles destinées aux usages les plus urgents avaient à faire 150, 200 et 260 lieues, avec des frais que Ton peut imaginer, pour venir aux mains des charpentiers et des
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menuisiers de Jachal, de San-Juan et de Mendoïa. C'est alors qii^j Ton payait, dit-ou, jusqu'à une once d'or (85 fr.) les poutreUeatransA'crsales [tirantes ) des maisons à terrasse, mesurant seulement 6 mètres. Même aujourd'hui, des bois de menuiserie et d'ébénisteri^ y sont encore apportés de cette manière.
Peuplier [Popiilus^ — Salicinées). — L'introduction du Peuplii a modifié cet état de choses, du moins en ce qui concerne la eon5?s= truction des maisons et la grosse menuiserie. Cet arbre utile a éfcr<: introduit, en 1809, dans la province de Mendoza par l'Espagn^E^/ don Juaai-Cobo, qui est regardé aujourd'hui comme le bienfaiteuj' de cette province. Effectivement, le PeujJier s'y est propagé inunei?sèment; trouvant un terrain favorable, il y acquiert une trèsbelle taille et se multiplie avec la plus grande facilité. On le planta souvent assez serré pour former des haies pareilles à une haute muraille. La rapidité avec laquelle croit cet arbre a même un inconvénient, c'est qu'on le plante presque à l'exclusion de tous les autres, et que pour tous les usages on se contente de son bois, qui est, comme on sait, d'une qualité très-inférieure. Malgré cela, les arbres indigènes de la province de Cuyo n'étant guère bons que pour le chauifage, l'introduction du Peuplier a été un immense bienfait, surtout pour la charpente des maisons-
Les variétés blanche et noire sont indistinctement cultivées, mais la noire abonde le plus. On a commencé à introduire l'espèce de la Caroline, qui est un bel arbre d'ornement, et quelques autres espèces qui réussissent également bifMi. Mendoza est là province où ces arbres se reproduisent le mieux ; nous en avons vu là de réellement énormes, quoiqu'ils eussent à peine cinquante ans. Ils sont déjà moins beaux et moins vigoureux dans la province de San-Juan. — De Mendoza, le Peuplier s'est répandu dans tout le territoire argeatin, et il réussit presque partout. C'est, en somme, à peu près l'unique arbre forestier de l'ancien continent qui soit devenu indigène. Il y prospère dans tous les terrains, pourvu qu'ils ne soient pas trop secs ; ainsi il croît sur les bords et dans les lies du Parana et de l'Uruguay aussi bien que dans la pampa, sur les pLateaux moyens du massif et central dans les vallées des Andes; nous ne Tavonspas trouvé dans la région tropicale»
Saule [Salix^ — Salicinées). — Cet arbre est indigène ; car nous savons déjà combien il abonde sur les rives et dans les lies du Pa-