VÉGÉTAUX CULTIVÉS. — ABBRES FORESTIERS. 4SI
rana et de presque toutes les rivières du territoire argentin, comme rindiquent ces noms si répétés de Sauce, Sauzal^ donnés à une foule d'endroits voisins d'un cours d'eau. Cette espèce ressemble beaucoup au saule commun d'Europe, mais elle est de plus grande taille, et son feuillage est plus tombant. Le bois est à peu près de la qualité de celui du Peuplier, mais un peu plus compacte. — Le Saule ^ pleureur [Salix Babylonicd) a été introduit depuis de longues années et est devenu indigène. Il acquiert une taille aussi élevée que dans les meilleurs terrains d'Europe. L'espèce appelée Sauce Colorado ( Salix purpurea) , très-répandue dans la campagne de Buénos- -Ayres,est meilleure que le blanc pour pieux, manches d'outils, chai^ inies, etc., etc. — L'osier vert [Salix viminalis) ne se cultive que depuis très-peu de temps. — On sait les services que rend cet utile x^gétal à l'économie rurale, et il est bien à souhaiter qu'on le mul^ tiplie comme il mérite de l'être.
Dans le bassin de la Plati, le Saide réussit dans tous les terrains où croît bien le Peuplier; mais il n'atteint une très-grande taille que dans ceux qui ont une humidité permanente.
On a introduit depuis quelque temps dans la province de la Rioja cm arbre fort élégant, cultivé au Chili depuis des années pour l'ornement, et nommé Peuplier-Saule. La promenade de Copiapo en est plantée, et il y fait un charmant effet. Son feuillage persiste toute Tannée. Il a le port du Peuplier, ses rameaux élancés retombant un peu à leur extrémité, et la feuille mince et lancéolée du Saule. Ce joli ^rbre, qui atteint une taille de 13 à 20 mètres, mériterait d'être propagé; sa croissance est rapide, et il est peu difficile sur la quantité du terrain, pourvu qu'il y trouve un peu d'eau.
Pin [Pinus^ — Conifères) . — Quelques Pins existent sur divers points de la Plata, et ils s'y sont si bien acclimatés qu'on s'étonne que cet arbre utile soit si rare. La ville de Buenos- Ayres en a un fort célèbre qui est presque contemporain de la fondation de la ville, car on sait positivement qu'il existe au môme endroit depuis 23S ans. On l'appelle le Pin de Santa-Lucia la Vieja^ du nom de l'ancienne chapelle près de laquelle il s'élève. Ce bel arbre mesure 19 mètres de haut, 4" ,30 de circonférence au tronc et 0",78 pour le contour de ses branches. Il donne par an de 800 à 1,000 cônes parfaitement mûrs et qui pourraient servir à le reproduire. C'est un Pin de la variété Pignon [Pinus pinea), qui croît avec tant d'abondance sur le littoral de la Méditerranée, en Italie, en Grèce..., dont la tige, quand elle a ac-
quis une certaine hauteur, se couronne par une cime arrondie formant une sorte de parasol, et dont les cônes renferment des semences osseuses, de la grosseur d*une petite noisette, très-oléagineuses et d'un bon goût. On voit quel avantage il y aurait à multiplier ce magnifique végétal, aussi bien pour ses fruits que pour son bois.
Quant aux autres variétés, telles que le Pin maritime, le Laricio, le Pin d'Alep..., etc., tous arbres de la Turquie d'Asie, du nord de l'Afrique, du midi de la France, de l'Espagne..., etc., elles peuvent se propager parfaitement sur tout le territoire argentin, où elli trouveront un sol et un climat analogues à ceux de leur pays d'origine. Quelques rares sujets appartenant à ces variétés sont déjà plantés e
divers endroits et croissent à souhait. — Si l'on est arrivé à Knniii ^ le terrain sablonneux des Landes ainsi que les plaines crayeuses e» — t
arides de la Champagne de forêts de Pins qui fécondent et ameu
blissent le sol, pourquoi n'arriverait-on pas aux mêmes résultats urr^^ jour, dans certaines parties désertes du territoire argentin, dont h sol est infiniment meilleur?
Orme [Vlmus^ — Ulmacées). — Cet arbre, de première grandeur-, dont le bois est excellent eu tout et pour tout dans l'économie rurale et domestique , commence à se multiplier dans la Plata. D 7 croit rapidement , et promet d'y acquérir un développement aussi complet qu'en Europe.
A Mendoza, quelques vieux Peupliers de la promenade publique, qui avaient été coupés pour servir à la construction du théâtre, ont été remplacés par des Ormes importés du Chili à dos de mulet à travers la Cordillère, et qui sont aujourd'hui dans le meilleur état. Aux environs de Montevideo et de Buénos-Ayres, des sujets de la même espèce, plantés depuis une douzaine d'années, sont déjà devenus très-forts ; il y a donc tout à espérer de la reproduction et de l'acclimatation de ce végétal aussi beau qu'utile.
Chêne [Quercus rohur^ — Quercinées). — La croissance de ce roi des forêts européennes est si lente, que ceux qui existent aujourd'hui dans quelques propriétés du bassin de la Plata n'ont encore qu'une faible taille. D'ailleurs ceux qui avaient déjà d'assez fortes proportions, ont malheureusement disparu en partie durant les guerres qui ont dévasté ces contrées. C'est ce qui est arrivé , surtout aux environs de Montevideo , où des propriétaires intelligents en avaient semé et planté un certain nombre , lesquels s'étaient parfaitement dé-