VÉGÉTAUX CULTIVÉS. — ARBRES FORESTIERS
yeloppés. Sa croissance est plus rapide ici qu'en Europe, et un Chêne de trente ans est déjà un îissez bel arbre. Mais ce noble végétal n'est pas encore cultivé depuis assez longtemps pour que l'on puisse évaluer les produits qu'il pourrait donner un jour.
Il est probable même, que les espèces propres aux pays moyennement chauds conviendraient mieux que le Chêne commun. Ainsi les espèces du midi de la France, de l'Algérie, de la Turquie d'Asie, de la Perse, telles que le Cérais, le Zang, le Vélari, l'Yeuse, le Chêne-Liége ; les variétés du sud des États-Unis, comme le Chêne rouge, le noir, le quercitron, le Chêne de la Caroline..., etc., etc., toutes avantageuses, soit pour leur bois, soit pour leur noix de galle, soit pour leur liège..., pourraient être cultivées dans toute la Confédération avec beaucoup d'avantage, surtout dans le sud, qui, comme nous le savons, manque essentiellement de bois. Il en est de même des variétés qui viennent du Mexique, des Indes, de la Chine et du Japon, et qui ont réussi dans le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.
Platane [Platautis orientalis^ — Platanées). — Cet arbre magnifique commence à être cultivé avec succès à Montevideo, à Buénos- Ayres et à San-José. Il est très-rustique, croît dans tous les terrains, et le climat de la Plata n'est pas trop chaud pour lui. Nous l'avons vu réussir également bien au Chili, où il est assez multiplié. Son bois est bon pour la charpente, la menuiserie et l'ébénisterie. Nul doute qu'il ne devienne une des ressources du pays sous ce rapport.
Erable [Acer^ — Acérinées). — Son introduction, comme celle du Platane, est récente. C'est un grand arbre dont le bois est exceUent pour la menuiserie fine et l'ébénisterie. Il convient particulièrement au climat du littoral et des provinces andines. Les espèces du Nord- Amérique et d'Asie, dont plusieurs sont saccharifères, réussiraient sans doute encore mieux que celles d'Europe et pourraient peut-être devenir indigènes. Comme l'érable se reproduit parfaitement par ses semences pourvues d'ailes membraneuses que le vent disperse au loin, cette circonstance favoriserait sa dissémination et sa reproduction, et dans les terrains profonds des plaines de Buénos- Ayres, de TEntre-Rios, de Cordova et de Santa-Fé , il remplacerait peut-être avec le temps les maigres espèces du Chaûar et de l' Algarrobo.
Frêne [Fraxinus excelsior^ — Oléinées). — Très-bel arbre qui atteint 20 à 25 mètres dans les forêts européennes, et dont le bois,
réunissant la force à la souplesse, est très-recherché pour les lances, la carrosserie, le charronnage. Il a toutes les qualités du Polo de lanza ( bois de kince), qui croit dans les forêts tropicales du nord de la Confédération. Le Frêne a trè&-bien réussi dans les îles dw bas Parana, où Ton commence à le cultiver. Cet arbre, dont les racines forment un chevelu très-épais et qui trace beaucoup, est avantageux dans ces terrains d'alluvion auxquels il donne de la sc^idité, et dont il ne pourra jainais épuiser la fécondité sans cesse reiwwivelée par les inondations périodiques du fleuve. Les variétés des États- Unis et de rOrient, qui vatent au moins le Frêne commun, doivent, à plus forte raison, réussir dans les terres profondes des provinces littorales, et fournir de grandes ressourees à l'éccmomie rurale et à l'industrie.
Tilleul {Tiiia^ — Tiliacées). — Ne croH pas aussi bien dans la Plata qu'en Europe. On en a planté quelquesHon&qui restent matigres et petits. Peut-être que les variétés de T Amérique septentrionale, teUes que le tilleul du Mississipi, réussiraient mieux.
Hêtre [Fagus^ — Qwercinées). — Nous ne savons pas si le Hêtre commun [Fagtéssilvatica]^ qui est, aprèsleChêne, le plus bel ornement des forêts européennes, a été jusqu'à présent introduit sur le sol argentin. Peut-être le climat est-il trop chaud pour lui ; mais il est probable que le Hêtre rouge indigène de la Caroline et de la Virginie pourrait s'acclimater; c'est une expérience à tenter. — Il en est de même du» bouleau [Bettda alba^ — Bétulinées), que nous n'avons vu nulle part, et qui, du reste, n'est pas de première utilité.
Le Micocoulier [Ceètis austral is, — Celtinées), qui réussit dans le midi de la France, le Levant et la Yirginie, est également très-propre au sol et au climat de la Plata. Les espèces: des: États- Unis atteignent 2S à 30 mètres, et donnent im bois excellent pour lés cercles et douves de barriques^ les manches d'ovtils, elc. Ce végétal mériterait d'être acclimaté.
Robinier yaxjx-acéêC^ {Robmia pseH€lo>-acacia, — Papilionaeéesjf. — Acclimaté depuis deux sièdes en Europe et en' France, oà> il a été introduit en 1635 par Robin. Il est originaire du Levant; sa taille atteint W mètres et il croît avec beaucoup de rapidité ; aussi Ta-t-on multiplié dans toutes les forêts. Il a cependant Fincoiwé-