‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 144 sur 193 · VÉGÉTAUX CULTIVÉS. — ARMES FORESTIERS · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX CULTIVÉS. — ARMES FORESTIERS

nient de tracer beaucoup avec ses racines et par eouséquent d'épuiser le sol. On a commeïicé à le propager dans le bassin de la Plata, qui, comme nou* te savons, est par excellence le pays des Acacias. Nous n'avons pas vu cependant qu'il y ait encore acquis une grande taille ; il est vrai que sa culture est presque nouvelle. Mais c'est un des arbres que l'on multiplie le plus aujourd'hui, grùjce à la facilité avec laquelle il se reproduit de graines. Malheureusement les épines dont il est garni le rendent diffiicile à manier. Son bois est exeellent pour une foule d'usages dans l'industrie runde, et très-passable pour le chauffage.

Vernis du jàfok {Ailantus glwidulosa^ — Xanithoxylées). — Arbre dont la croi^saince est d'un mètre par an et qui s'élève à une hauteur de 20 mètres. Il se reproduit très-bien par ses rejetons et ses gi^aines. On commence aussi à Le propager sur le littoral dont le sol lui convient parfaitement. 11 a été mtroduit eu Europe en 1751 et y est devenu indigène : le succès de sa culture dans la Plata fait penser qu'il en sera de lEkâme dajois ce bassin avauA un quart de siècle. Ce bel arbre donne un bois assez bon pour la menuiserie; il est parfait pour le chauffage et laisse un charbon de première qualité, n nous paraît surtout devoir être utile à former des haies vives pour clore les propriétés, condition indispensable de toute culture dans la Plata , cai* il se reprodiuit de racines avec une extrême facilité et s'étend au loin en traitant beaucoup. H n'a pas besoin même que le terrain soit très^profond ; il suffit qu'il soit un peu frais dans le commencement et conserve l'humidité nécessaire au jeune plant. — Le Vernis du Japon a encure l'avantage de pouvoir nourrir Un ver à soie trè&-robuste [Bombi^x Allant i)^ dont l'exploitation industrielle peut être avantageuse un jour.

Il y a encore une foule d'autres arbres des forêts européennes qui

pourraient probablement être acclimatés dans diverses parties du sol

argentin, tels que le Charme^ l'Aliziei^ le Genévrier,, le Sorbier, le

Alérisier, le Cormier, le Gournouiller, etc., etc. Mais nous n'avons

cité que ceux qui ont déjà été l'objet d'un commencement de culture

et dont l'acclimaiation est assurée. Nous joindrons encore à ceux-là

tous les arbres du sud des États-Unis, dont un certain nombre ont été

introduits en Europe et s'y sont parfaitements reproduits, tels que des

Cyprès, des Cèdres, des Châtaigniers, des Cerisiers, des Noyers silves-

tres, des Plaqueminiers, etc. , de même que l'Eucalyptus de laNouvelle-

Hollande, arbre magnifique de SO mètres qui croît avec une grande rapidité. Nous citerons également les espèces variées provenant des rives de la Méditerranée, de TAsie Mineure, de la Perse, de la Tartarie, du Japon, de l'Australie, qui, en majeure partie, pourront se reproduire sur le sol vierge et profond des régions argentines et en changer la surface, lorsqu'une population sérieusement agricole s'y sera répandue et l'exploitera comme il mérite de l'être.

Indépendamment de ces espèces importées de l'ancien continent ou de l'Australie, il est encore des essences sud-américaines qui pourraient être cultivées avec le plus grand succès sur certains points du sol argentin, surtout dans la région sub-tropicale. Ainsi nous avons vu au Campo-Santo, chez cet intelligent agriculteur que nous avons déjà nommé, D. Juan Comejo, quelques pieds d'AcAJou [Swieténia Mahogoni^ — Cédrélées) de la plus belle yenue ; ce qui prouve=^ que cet arbre si remarquable pourrait se reproduire dans cette partie de la Confédération, et l'enrichir de son bois qui serait un jour exporté par le Vermejo et le Parana. Il en serait probablement de même du Palissandre ou Jacaranda [Dalbergia laiifolia^ — Césalpiniées), qui croît sous la même latitude et sur des terrains analogues dans la région orientale du continent sud-américain.

Les meilleures espèces des forêts de Tucuman sont déjà exploitées en très-grande partie ; c'est pourquoi, malgré le luxe de végétation des versants orientaux de l'Aconquija, les grands arbres y sont assez rares ; car il faut bien des années pour faire un beau Cédrel ou un beau Noyer, les deux meilleures essences de ces forêts ; il y aurait donc utilité à acclimater les deux magnifiques végétaux dont nous venons de parler, l'Acajou et le Palissandre, et qui tous deux se reproduisent parfaitement de graines, ce qui nous semble prouvé par les cultures de M. Comejo, et par la famille même à laquelle appartient le Palissandre, puisque toutes les Légumineuses, dont les Césalpiniées ne sont qu'une division, peuvent se semer. Il ne serait d'ailleurs pas difficile de faire venir des graines de Jacaranda du Brésil. Ces semences répandues à la volée dans lés forêts d'Oran et du San-Francisco, suffiraient probablement pour doter cette région de ce superbe végétal, qui y trouverait la terre et le climat du Brésil.

Nous en dirons autant de l'Araucaria [Piniis Araucaria Brasiliensis)^ qui devrait être multiplié dans tout le nord de la Confédération, où il réussirait certainement aussi bien qu'aux Missions.

Page 1