VÉGÉTAUX CULTIVÉS. — ARBORICULTURE EN GÉNÉRAL
REMARQUES SUR l'aRBORICULTURE DANS LA PLATA.
En passant ainsi en revue les principaux produits végétaux du sol de la Confédération argentine, nous ne pouvons qu'indiquer sommairement aujourd'hui ce qui a déjà été fait et ce que l'on se prépare à faire; car il y a eu réellement un progrès remarquable depuis huit années dans toutes les branches de l'agriculture. Les nationaux et les étrangers ont compris que ce n'était pas seulement par l'exploitation du bétail et par le commerce spécial auquel cette industrie donnait lieu, que les provinces du Rio-de-la-Plata offraient des ressources à leurs habitants, mais que les plus importantes et les plus durables de ces ressources, celles qui devaient produire un jour la véritable et principale richesse du pays, consistaient dans la culture du sol. On s'y est donc appliqué sérieusement, et chaque jour voit naître de nouveaux progrès , d'autant plus sensibles que presque tout était à faire.
En effet, tandis que, au Mexique, au Pérou, au Chili, après la conquête, les colons espagnols se sont mis immédiatement à Tagriculture, — l'immense et rapide propagation du bétail dans le bassin de la Plata, la facilité d'y vivre en raison de cette exubérante production, l'étendue de terrain qu'elle nécessitait, les vastes espaces qui séparaient les groupes de population, tout a contribué au contraire à éloigner les habitants des travaux agricoles. La chair du bétail, qu'ils tuaient principalement pour le cuir destiné à Texport^ition, était leur nourriture exclusive ; ce ne fut qu'au Paraguay et autour de quelques villes qu'ils s'occupèrent d'un peu de culture ; partout ailleurs on conserva le champ nu, et non-seulement on ne planta pas des végétaux arborescents qui pouvaient arrêter la vue du pasteur et l'empêcher de voir du seuil de sa hutte [rancho) ses animaux paissant dans la plaine, mais encore on détruisit le petit nombre de ceux qui existaient dans le voisinage.
Aujourd'hui encore, pour la majorité des Argentins, rien n'égale en beauté une plaine absolument nue, couverte seulement d'un épais fourrage ; le campo limpio (le champ net) fait avant tout les délices de l'estanciero {fei^mier)^ qui, du pli de terrain au point culminant duquel il a bâti sa maison, peut inspecter facilement tout ce qui se passe dans ses pâturages. Qu'on joigne à cela l'habitude espagnole de voir peu d'arbres sur une grande partie du sol de la Péninsule, le droit de pacage qu'avaient autrefois les propriétaires de mérinos, et l'on s'expliquera comment les habitants de la Plata se sont si peu
occupés, pendant deux siècles, de multiplier les végétaux arborescents, soit fruitiers, soit forestiers, alors que, d'un côté, la fécondité du sol, de l'autre, l'absence ou la qualité médiocre des espèces indigènes, les conviaient à le faire.
Aujourd'hui encore, les propriétaires du sol se décident lentemen à défricher et à planter les environs de leurs habitations à campagne. Ce n'est que près des villes assez peuplées que la culture est répandue, sur une échelle restreinte il est \Tai, mais e de manière à suffire aux principaux besoins. Quant h rimme majorité des paysans, — sauf la culture du Maïs, des Pastèques de quelques Pêchers de la plus commune espèce, qu'on laissée pousser à la grâce de Dieu, sans jamais les tailler du bas ni leur ei^.. lever le bois mort, sans les soigner le moins du monde, — leur industrie agricole est nulle ou profondément routinière. Januûs 'Us ne songent à améliorer leur fonds, à planter un arbre nouveau. Ds se plaignent de la sécheresse, des fourmis, de la sauterelle, des oiseaux, et, quoique avides de fruits, janoais il ne leur vient à l'idée de semer, de repiquer ou de bouturer les essences qui pourraieat leur en donner. Si, par hasard, ils plantent un arbre fruitier, ils le laissent périr faute de soins, ou bien ne le taillent jamais : celui-ci s'emporte alors en branches folles et ne donne pas de fruits. Cette routine déplorable, cette insouciance se trouvent surtout chez les gens du littoral; car à l'intérieur, dans les provinces un peu agricoks, k paysan s'est montré plus désireux d'améliorer son fonds et de soigner ses cultures. De même, chez la plupart des pasteurs de la Mésopotamie argentine et des Pampas règne encore cet esprit de paresse et de gaspillage qu'Azara leui* reprochait il y a soixante ans. En général, ce n'est que chez les gens de quelque éducation que s'est éveillé le désir d'ime vie plus commode, le goût d'un peu de bien-être, et par conséquent du travail et de l'entrain nécessaire pour se le procurer.
Ajoutons que la science agricole manque complètement aux campagnards, et que, jusqu'à présent, ils n'ont aucun moyen de l'acquérir. L'esprit de routine prévaut donc fatalement chez eux; ils font ce qu'ils ont vu faire à leur père ou à leur voisin, et le moindre progrès est d'une désespérante lenteur. Aussi, de toutes les branr ches de l'industrie agricole, l'arboriculture estrcUe la plus ignorée, la plus en retard , et se bome-t-elle en grande partie aux espèces indigènes que le sol produit spontanément.
On ignore les bienfaits de la greffe, ou bien on ne la pratique pas,
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el Ton se contente des produits maigres, grossiers, que donne l'arbre venu de semence ou de rejeton.
On ne plante pas d'arbres tWestiers^ qui donneraient des bois utiles, afers que Ton en manque autour de soi et que Ton est obligé, ici, de recourir au Chardon pour chauffage ; là aux Mimosées dures et tortues, au Saule sans consistance, pour tes constructions ; aiLleurs, de faire venir à grands frais des charpentes que Ton aurait pu se créer sur les lieux mêmes si Ton avait un peu songé à l'avenir. On se borne, pour clore les propriétés, à des haies de branchages que la moindre étincelle suffit pour embraser, au lieu de planter des haies vives, qui croissent lentement, mais qui deviennent un jour impénétrables et peuvent fournir des bois suffisants pour tous les usages d'une maison des champs.
L'établissement de quelques fermes modèles, d'écoles d'agriculture pratique, serait donc d'une immense utilité, et le gouvernement l'eût déjà fait partout, si ses ressources financières le lui avaient permis. — La province de Mendoza est la seule qui ait pu établir jusqu'à présent un jardin d'acclimatation, lequel a déjà rendu des services et en rendrait bien davantage si les propriétaires mettaient plus d'ardeur à profiter des sacrifices que l'Etat fait pour eux. Car, BOUS le répétons encore , l'esprit de routine prévaut presque partout ; ou se contente de ce que l'on a sans chercher à l'améliorer, et l'agriculture reste ainsi stationnaire. On ne songe pas qu'avec de meilleures espèees, le même travail, le môme fonds , la même dépense, produiraient des résutltats doubles et triples, et que la richesse générale en 4iugmenterait.
L'examen de la situation de l'arboriculture sur le sol argentin nous a conduit à ces réfLexions, parce que c'est la branche agricole la plus négligée et celle où il y a certainement le plus à faire dans l'intérêt particulier, comme dans l'intérêt général qui n'est, en somme, que la réunion de tous les intérêts particuliers.
H faut surtout que l'agriculteur argentin s affiranchisse de cet esprit étroit qui le fait répugner à toute culture qui ne donne pas immédiatement des bénéfices ; il faut qu'il envisage un peu plus l'avenir, qu'il ne se refuse pas à planter un arbre dont il ne verra pas les fruits, comme si ses enfants n'étaient pas là pour en jouir un jour. Nous insistons sur ce fait qui peut paraître singulier, mais qui n'en est pas moins exact; car, que de fois pareille réponse n'a-t-elle pas été faite à des indications que nous faisions de planter des arbres firuitiers ou forestiers dans telle ou telle localité I Nous aurions un
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volume à écrire si nous voulions citer des faits analogues ; si nous voulions dire, par exemple, que de beaux vergers d'arbres très-pro — ductifs, plantés, il y a soixante, quatre-vingts, cent ans même, paira des Espagnols intelligents et laborieux, n'ont pas vu un arbre plantéâ par leurs fils négligents pour remplacer le Poirier ou le Pommie»tombé de vieillesse, et qu'il ne leur est pas venu à l'idée d'agrandi»:": ni même d'entretenir le domaine paternel. Sans doute les quarante ^ années die guerre, par lesquelles a passé le pays, ont énormémeitr: contribué à cette incurie générale ; mais combien d'endroits rest^^ paisibles ont été aussi bien négligés sans motif réel, et uniqueme par suite de l'insouciance et du nonchaloir auxquels on ne se lai que trop aller dans toute l'Amérique du Sud.
Que l'exemple des États-Unis serve de leçon, et que l'on con^Jdère quelle production immense a développée, sur un sol moi/2,<? fertile, sous un climat moins doux, un système de vie et de conduite diamétralement opposé. Le jour où les Argentins le voudront séneusement, le jour où l'immigration étrangère sera venue leur donner les bras qui manquent et l'instruction pratique agricole qui fait faute, ce jour-là, disons-nous, le sol de la Confédération étonnera 4e monde par l'abondance et la qualité de ses productions.
On a dit, en se fondant sur la petite taille et la rareté des arbres indigènes dans une grande partie du bassin de la Plata, que le peu de profondeur du sol arable, la qualité argileuse du sous-sol, la force des vents, étaient la cause du médiocre développement végétal, et que les arbres de première ou seconde grandeur qu'on tenterait d'y introduire ne réussiraient point ; on donnait pour preuve leur rareté même. Mais on ne faisait pas les réflexions suivantes :
Dans tous les pays du monde, les Mimosées analogues restent généralement de petite taille, témoins celles de l'Afrique et de l'Asie» du voisinage de la Méditerranée : or la plupart des arbres du littoral et d'une partie de l'intérieur de la Confédération argentine appartiennent à cette famille.
La couche d'humus est peu épaisse, il est vrai, en beaucoup d'endroits, mais le sous-sol sablo-argileux se laisse presque partout pénétrer par les racines des arbres. Mis à l'air par un labour profond, il s'ameublit vite, et, fécondé par les pluies orageuses, devient promptement de la terre végétale. Ajoutez que l'engrais est inconnu dans la Plata, et que les terres, d'une fertilité exubérante d'abord, mais bientôt épuisées, parce qu'on leur prend tout' et qu'on ne leur rend rien, viendront à soutenir leur production lorsqu'on les traitera par
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rassolement et les engrais, comme elles doivent et peuvent être traitées.
Les grands vents du sud, du sud-est, le pampero, sont forts, il est vrai, mais ils ne soufflent que par accident, et s'ils font du mal, c'est précisément parce que de rares arbres répandus dans d'immenses plaines sont exposés sans abris. Le jour où le territoire sera cultivé et par conséquent planté, les grands végétaux s'abriteront , se défendront les uns les autres, et cet inconvénient n'existera plus. En somme, il ne vente pas plus ici qu'en Europe, les tempêtes y sont moins fréquentes, les orages moins désastreux; enfin le climat est plus beau : pourquoi donc des arbres mis dans de meilleures conditions, après les premières difficultés de l'acclimatation vaincues, ne deviendraient-ils pas aussi beaux et même plus beaux?
Enfin on prétend qu'aucun grand végétal de l'ancien continent n'atteint ici la taille qu'il avait dans son pays d'origine. Nous demanderons d'abord combien et depuis quand on en a introduit; nous parlons ici des arbres forestiers. Que l'on songe au Pin de Santa-Lucia, aux Chênes de Montevideo , aux Peupliers et aux Noyers de Mendoza, etc., qui sont tout aussi beaux, tout aussi vigoureux que ceux d'Europe, et qui ont l'avantage de pousser plus vite. Que l'on n'oublie pas que le très-petit nombre d'arbres forestiers introduits l'ont été depuis peu de temps; que sitôt qu'ils ont été assez gros pour pouvoir être utilisés, on les a exploités brutalement; que le pin de Sainte-Lucie n'a échappé que pat miracle ; que depuis les guerres de l'indépendance, les environs des villes, seuls endroits où l'on eût fait des plantations, ont été maintes fois ravagés par les divers partis qui les assiégeaient, comme cela est arrivé à Montevideo, à Buénos- Ayres, etc.; enfin qu'il faut donner aux plantes le temps de croître, et que les années, les siècles même font les très-grands arbres.
Si maintenant nous en venons aux arbres fruitiers, nous dirons que le Poirier, le Pommier, le Cerisier, atteignent la taille de leurs congénères en Europe; que l'Olivier, l'Oranger, le Figuier la dépassent, et cela avec une culture qui n'est pour ainsi dire encore qu'à l'état rudimentaire. Nous dirons encore que les arbustes à fleurs et d'agrément y croissent avec un luxe incroyable de végétation, et nous allons bientôt voir comment les plantes herbacées s'y reproduisent. C'est donc sans aucune espèce de fondement que l'on a avancé que le territoire argentin n'était pas propre à la culture et au développement des grands végétaux originaires des parties moyennement chaudes de l'Europe et de l'Asie. Nous pouvons afQrmer, sans crainte de nous
tromper, qiie la presque totalité des plantes qui croissent du 43' au 20^ degré de latitude dans Tancien monde sont parfaitement accliinata=;,^ blés dans tout le bassin de la Plata.
§ IV. — Végétaux herbacés cultivés. — Plantes potagères.
Le territoire argentin n'a d'autre légume particulier étranger l'Europe que le Matiioc^ cultivé de tous temps par les Indiens Gua^^ ranis qui le tirent connaître aux conquérants, et qui fait la base la nourriture des Paraguayos et des Correntinos une partie de V\ née. Le Maïs, également originaire du continent sud-américain, verses espèces de Haricots (doliques) anciennement cultivés par ^^é^ peuplades, etc., ont été introduits en Europe, qui à son tour y « envoyé presque tous ses légumes et plantes comestibles.
Le Manioc [Jatr^pha Manihot^ — Euphorbiacées ) réussit k partir du 31"* en remontant vers le nord; mais sa racine est d'autant plus grosse, plus charnue, plus riche en fécule, qu'il se rapproche davantage de la zone tropicale. On le cultive dans le nord de l'Entre-Rios, dans toute la province de Corrientes, les Misions, le Paraguay, Tucuman , la vallée du San-Francisco et Oran , sous le nom de Mandioca. En Bolivie et au Pérou il porte le nom de Yuca, Le nom français Manioc vient du mot Guarani Manihot^ par lequel la langue générale , qui se parle des bouches de l'Orenoque à celles de la Plata, le désignait.
Le Manioc est annuel dans ces régions; sa tige verte, haute de 1 mètre à 1°*,50 et même 2 mètres, surmonte une racine fusiforrae, pareille à celle de la carotte , plus ou moins volumineuse, blanche, et presque entièrement composée de fécule amylacée, saturée d'un suc acre et volatil qui s'en va par le lavage et par la cuisson. Il aime un sol profond et substantiel et un peu d'humidité ; c'est une plante très-robuste qui manque rarement, et une véritable bonne fortuit pour les contrées tropicales où le blé vient difficilement. Le Manioc se reproduit d'oeilletons et de fragments de racines et de tiges que l'on plante à la fin de l'automne. La racine est mûre en mars et avril. On s'en sert en gui je de pain, soit grillée sur les charbons, soit cuite daûs l'eau. Râpée et lavée à grande eau, eDe laisse déposer au fond du vase une poussière blanche qui est de l'amidon très-pur, nommé cassave aux Antilles et almidoii de înandioca dans la Plata. Cette fécule sert au Paraguay à faire un pain très-fin, dit pan de almidon de mandioca,
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infiniment préférable à cette grossière farine de Maïs, avec laquelle ou ÉBiilla chipa dans ce même pays, galette lourde et indigeste, cuite sous la cendre ou devant le feu. La râpure du Manioc constitue une grosse farine, dite farina au Brésil, que Ton mange avec la viande, qu'on accommode en potages, enfinquel'onconsoramedecent manières différentes. — Le principal but de la culture du Manioc dans la province de Corrientes est d'en tirer l'amidon, qui est de trèsbonne défaite et se vend avantageusement à Buenos- Ayres et à Montevideo. En outre, on en consomme une immense quantité comme légume. Le Manioc est peu cultivé dans les provinces du Nord et mériterait cependant de l'être davantage ; il est vrai que les vallées des Andes fournissent amplement à ces provinces le blé dont elles ont besoin, tandis que le Manioc est une culture essentiellement tropicale.
Ananas [Bromelia Ananas^ — Broméliacées). — Ce bel et bon fruit est fort peu cultivé ; cependant il vient parfaitement en pleine terre à partir du 30'' degré en remontant vers le nord. Nous l'avons vu à la Uruguyana, à la Restauracion. Les jésuites le cultivaient jadis dans les Missions. Les agriculteurs un peu soigneux de la vallée d'Oran l'obtiennent également, et rien ne serait plus facile que de le répandre dans tout Corrientes, le Paraguay, Tucuman, etc., etc., sans compter qu'avec de simples abris et quelques soins rationnels, on pourrait le faille réussir dans la plus grande partie du littoral. Quant aux ports de la Plata, ils le reçoivent du Brésil, et les plus beaux ne se vendent que 60 ou 7S centimes la pièce , ce qui rend sa culture moins nécessaire.
Maïs [Zea Maîs^ — Graminées). — Une foule de variétés de Mais existent dans le territoire argentin où ce végétal est indigène et fait la base de la nourriture des habitants. Nous en parlerons en traitant des céréales. Dans les jardins on le cultive comme légume, pour en manger l'épi encore tendre, nommé alors choclo. Cuit dans le bouillo& de viande, cet épi est excellent et très-nutritif. On le fait aussi griller légèrement et on le mange alors en guise de pain.
Hawcots (Phaseolus , — Papilionacées). — Quelques-uns sont indigènes, surtout la grande espèce connue en Europe sous le nom de Doliqu^ {Dolichus) ; mais on ne cultive guère ici que les espèces européennes. D'ailleurs celles-ci se sont tellement mélangées avec les
indigènes que la variété en est innombrable. Cette culture se faitia sur les rives de la Plata et dans les provinces andines. L'intérieur exmr. consomme peu , le Maïs remplaçant toute espèce d'autres légume^^ pour la majorité des Argentins.
Pourpier [Portulaca oleracea^ — Portulacées). — Croît partoi":^ à l'état silvestre et infeste même les jardins. Il est du reste parfait^^
ment comestible, soit en salade, soit cuit à la manière des Épinard^ ^
La province de Santiago en produit une espèce à grandes feuilL^E^ très-tendre, et fort agréable dans un pays où les autres légumes sc^z?/ très-peu abondants.
Cresson [Sysimbrium nasturtium^ — Crucifères). — Se trouve à l'état silvestre en beaucoup d'endroits. Un autre crucifère nommé mastuerto [Thlaspi sativum) croît également comme mauvaise herbe et fait de bonnes salades. Nous l'avons employé avec avantage dans une épidémie scorbutique , pendant le siège de Montevideo. -— Le Cresson cultivé ici devient excellent.
Champignons. — Un très-grand nombre croissent spontanément dans les prairies après les premières pluies du printemps et sont parfaits. Nous avons vu en divers endroits, l'Agaric de couche se produire de lui-même sur des vieux tas de fumier bien consommés, et abandonnés dans des coins à l'ombre. Ce Champignon était exqiiis. Rien ne serait donc plus facile que de créer cette culture, qui serait d'un très-bon rapport près des villes où il y a beaucoup d'étrangers.
QuiNOA [Chenopodium Qtiinoa^ — Chénopodées). — Cette plante est jusqu'à présent particulière à la région des Andes , et nous ne l'avons vue cultivée que dans les provinces de Salta et de Jujuy. La graine qu'elle donne est excessivement petite , comme la tête d'une petite épingle. Elle renferme une fécule de bon goût, et se mange en potages. Importée en Europe, elle y a bien poussé, mais en donnant plus d'herbe que de fruits ; c'est pourquoi elle a paru offrir plus d'avantages comme plante fourragère que comme plante d'aliment. — Le climat des régions des Andes, où elle est cultivée, est froid et sec; il est donc probable que cette plante pourrait être naturalisée dans les régions du Sud, en Patagonie , par exemple. Elle est inconnue sur le littoral , et n'y réussirait peut-être pas facilement; il serait utile cependant d'en faire l'expérience.
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Pommes de terre [Solarium tubei^osum, — Solanées). — La Pomme de terre est originaire des Cordillères, et on Ty cultive encore aujourd'hui. Importée en Europe, on sait combien sa culture s'est étendue et de quelle imporUince ce précieux tubercule est devenu pour Talimentation européenne. Dans la Confédération argentine, les provinces des Andes fournissent encore d'excellentes Pommes de terre de race indigène, petites, mais d'un goût parfait. — Dans l'intérieur et sur le littoral, la Pomme de terre que l'on cultive a été réimportée d'Europe. Cette culture y est d'ailleurs assez réduite, et en 1841 on s'en occupait à peine à Montevideo. La Pomme de terre du littoral , dont les variétés sont peu nombreuses , est loin de valoir celle qu'on trouve dans les Andes. Elle a le défaut d'être un peu aqueuse, sa qualité varie d'ailleurs suivant chaque teirain; quelques localités ont une réputation méritée pour le bon goût de celles qu'elles produisent. La maladie particulière qui a ravagé C(î tubercule en Europe où elle s'est montrée sur tant de points à la fois, n'a point passé l'Atlantique et ne s'est point manifestée dans la Plata.
Cependant, comme le chiffre de l'immigration européenne augmente tous les ans , que des espèces nouvelles de divers(^s parties de Faucien continent sont introduites chaque jour, il est probable que la culture de ce tubercule acquerra graduellement plus d'importance. La Pomme de terre offre un grand avantage lorsque le fléau des sauterelles vient ravager une localité; car, protégée parla ten^e qui la couvre, elle est aloi*s le seul végétal qui échappe à la voracité de ces insectes dévastateurs.
Aubergine [Solamim melonfjcna^ — Solanées). — Originaire de l'Amérique du Sud, où elle est reveiuie importée d'Europe. — Béussit parfaitement, mais peu cultivée.
Piment [Capsictim, — Solanées). — Très-cultivé et très-répandu. Son goût piquant plaît aux nationaux, comme h tous les étrangers du midi de l'Europe. Nous savons déjà qu'il en exisUî une espèce indigène, d'une saveur excessivement piquante, et qui croit à rétat âlvestre; c'est le Piment enragé des Antilles et du Brésil [Piper umbellatîim). La variété généralement cultivée qui est moins forte, est rouge et connue sous le nom d'Agi ; c'est le Poivre rouge de Cayenne. — VAgi se cultive dans toute la Confédération et en Bolivie où Ton en fait une énorme consommation. Il est moins employé sur le littoral; en revanche, les Piments doux, qui ne sont autre
chose qiie le Poivre long, sont très-recherchés. Tous ces légumes son' indigènes et conséquemment se reproduisent avec la plus grandi facilité.
Tomate [Solamim lycopersicum^ — Solanées). — Il en est même de la Tomate, qui se reproduit même à Tétat sylvestre. Cek:^ plante, d'une vigueur incroyable, se cultive partout.
Patate douce [Convolvulus batatas, — r Convolvulacées). — Indigène et croissant partout dans les bons terrains , presque sans culture. Son produit est considérable, et dans la saison c'est un des premiers tubercules alimentaires du littoral. Elle est moins répandue dans l'intérieur, mais elle y réussit également bien. — Le Topinambour [Helianthus tuberosus^ — Composées), originaire du Brésil et acclimaté en Europe, n'est pas cultivé dans la Plata où il prospérerait sans doute.
Mani [Avachis hypaycsay — Papilionacées). — Indigène. Cultivé pour son fruit, qui donne une petite amande huileuse d'un goût agréable. Nous en reparlerons en traitant des cultures industrielles.
Melon [Cucumis Melo^ — Cucurbitacées). — Originaire d'Europe, mais devenu indigène. On le cultive partout en pleine terre, et dans l'intérieur principalement il est délicieux. Le Melon de la Plata appartient généralement à la classe des communs ou brodés, qui est la plus multipliée, et, chose remarquable, il s'en rencontre très-peu de mauvais. Si on les soigne passablement, ce qui est rare, ils atteignent une grosseur considérable. Le Cantaloup n'a été introduit que récemment sur le littoral ; il y vient très-bien et a une chair aussi fondante et aussi sucrée, un goût aussi parfumé qu'en Europe; mais il a besoin d'être soigné. La reproduction de ce fruit dans tout le territoire argentin est des plus faciles et des plus abondantes. "Les vmétés à chair blanche, à chair verte, à chair jaune, sont très-répandues et toutes également bonnes. Enfin toutes les espèces eui'opéennes peuvent être semées avec certitude de succès, si on les arrose convenab leent.
Pastèque ou Melon d'eau. — Dans la Plata : Sandia [Cucur^ bita Citridlus^ — Cucurbitacées). — Devenue indigène et répandue partout. La consommation en est immense : car, croissant presque sans culture, ofirant une pulpe fraîche et sucrée, les Argentins, surtout à