VÉGÉTAUX CULTH'ÉS. - PLANTES FOURRAGÈRES
champs sont entourés, tantôt de bonnes murailles en pisé, tantôt d'excellentes haies de peupliers, lesquels plantés très-près les uns des autres forment de véritables murs qui brisent le vent et donnent un peu d'ombre. Les rigoles d'imgation , bien aménagées, fournissent la quantité d'eau suffisante au sol qui a été soigneusement aplani. Des divisions intérieures parquent les bestiaux suivant l'état du fourrage, et en ménagent judicieusement la consommaiton. Ainsi traitée, la Luzerne produit beaucoup, et est d'un rapport très-hicratîf pour le propriétaire.
Pour la première fois, on la sème généralement mêlée au blé qui, la première et la seconde année, donne une bonne récolte sans qu'on y ait touché à nouveau ; puis on abandonne le champ à lui-même en se bornant à soigner son irrigation. Ainsi gouverné, un alfalfar dure fort longtemps, et ce n'est qu'au bout de bien des années qu'il faut le renouveler. Les bestiaux qu'on y met paître, l'engraissent de leur fumier ; l'eau limoneuse des Andes y dépose des particules fertilisantes. Toute la question est de bien diriger les eaux, de manière qu'elles n'y séjournent que le temps nécessaire pour arroser suffisamment le sol et n'y stagiient point. La Luzerne ne permpt pas à d'autres plantes de croître avec elle ; aussi l'entretien d'un \ pâturage de cette nature est-il aisé, si les premiers travaux ont été bien faits.
Sur le littoral, les champs de Luzerne, quoique moins bien soignés que ceux des Andes, ne reçoivent pas d'animaux ; on y fauche le fourrage pour le vendre en ville, suivant les besoins ; on le conserve séché ; c'est une spéculation qui ne laisse pas que d'être également avantageuse. Mais cette industrie ne s'exerce que près des villes. A quelque distance, le fourrage naturel est uniquement employé à-la nourriture des bêtes de travail.
D est certain qu'avec le temps et l'augmentation de la population il faudra en venir bientôt à l'établissement de prairies artificielles J)our l'alimentation des bêtes de trait ; car le vert ne suffit pas pour des animaux soumis à un travail pénible et suivi, comme le sont aujourd'hui les bœufs, les chevaux et les mules de charrette que l'on entretient près des villes et qui sont employés aux transports toujours croissants des denrées de toute espèce, comme à ceux que réclament les constructions qui chaque jour semblent sortir de terre. Déjà le Maïs n'est plus exclusivement employé ; l'Avoine commence à être cultivée, la Luzerne l'est sur une grande échelle, et les autres plantes fourragères, Trèfle, Vesce, Sainfoin, etc., doivent trouver leur
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tour, car tous les terrains ne conviennent pas à la Luzerne, qui aime un sol un peu frais et humide, tandis que d'autres fourrages sont moins exigeants.
Ce n'est toutefois que près des grandes villes du littoral, Mont^ video, Buénos-Ayres, San-Nicolas, Rosario, Parana, Gualegiiaychu, l'Uruguay, la Concordia, Corrientes, etc., que de pareilles spéculations peuvent avoir de bons résultats. Dans l'intérieur, il faudra suivre longtemps encore les mêmes errements. — Quant au bétail à'estancia^ on comprend que sa reproduction et son alimentation sur un vaste pâturage naturel constituent une industrie trop facile et trop lucrative pour qu'on songe à la modifier, jusqu'à ce que Taccroissement de la population, contraigne d'améliorer les champs et les fourrages destinés au bétail, forcé de vivre désormais dans un espace plus restreint par suite de l'absorption du terrain nécessaire à la production céréale.
§ YII. — Cultures indmtrielles.