‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 154 sur 193 · CULTURES INDUSTRIELLES. — VIGNE ET VINIFICATION. 4S · texte numérisé non relu

CULTURES INDUSTRIELLES. — VIGNE ET VINIFICATION. 4S

pourrait, après les premiers tâtonnements inséparables de tonte industrie nouvelle, devenir une branche de commerce fort importante, et cela, non-seulement pom* la consommation locale, mais encore pour l'exportation.

On sait que la Vigne réussit surtout dans les climats tempérés, témoin celui de la France, sous lequel prospèrent les vignobles certainement les meilleurs et les plus variés du globe. — Par la conformation de son terrain, par la nature de son climat, en raison des altitudes diverses du sol, la Confédération argentine peut produire un jour des vins qui, sans égaler ceux de France en variété, se rapprocheront beaucoup des espèces les plus fameuses produites dans le Midi, en Espagne, en Italie et en Grèce, eu Perse, etc. Les qualités obtenues déjà dans certaines parties de la province de la Rioja en sont la preuve éclatante.

La Vigne aime un climat «ec, un terrain un peu pierreux, de$ hivers assez vifs et un été tiès-chaud. Elle trouve toutes ces conditions dans les vallées des Andes. Les hivers, il est vrai, n'y sont pas rigoureux, mais la sécheresse compense le peu d'intensité du froic^ et la végétation est parfaitement suspendue pendant toute cette saison. Ces mômes conditions se rencontrent jusque bien au delà du tropique, puisque dans la Bolivie, la vallée de Cinii^ située par 19^ de latitude sud, et à une altitude moyenne de 1,&00 mètres, possède des vignobles renommés qui donnent un bon vin rouge pareil à celui du Languedoc.

Dans le principe, la Vigne était cultivée au Paraguay et Ton y faisait du vin. Azara affirme que, d'après des documents authentiques, il y avait en 1602 plus de deux raillions de pieds de Vigne autour de l'Assomption, et qu'on exportait alors du vin pour la colonie de Buénos-Ayres ,• aussi bien qu'on la fournissait de Blé. Toutes ces Vignes ont péri, probablement faute de soin, et il n'en reste que quelques treilles qui se soutiennent bien, mais dont le produit n'est pas abondant, dévoré qu'il est en partie par les oiseaux et les insectes, qu'on néglige d'éloigner. D'un autre côté, le nombre de Vignes plantées est si réduit , que ces animaux s'acharnent nécesaairement par essaims innombrables sur un seul pied, tandis qu'ils se diviseraient et feraient moins de ravages si la quantité d'arbres fruitiers était plus grande. Dans les Missions, la Vigne était cultivée, et l'on dit que les jésuites faisaient un vin estimé à La Cna^ située par 29^ sud sur les rives.de l'Uruguay. Nous avons vu cette bourgade, la seule qui reste habitée de toutes les Missions occidentales ;

elle renferme encore de magnifiques pieds de Vigne. Mais les insoiH cieux Correntinos qui l'habitent ne se préoccupent pas beaucoup de la multiplier, et préfèrent se livrer exclusivement à l'élève du bétail, occupation plus facile et' plus lucrative.

Toute la côte de TUruguay, depuis le Mirinay jusqu'à l'Aguapey, formée de coteaux composés de sable et de cailloux roulés, serait donc extrêmement propre à la culture de la Vigne et pourrait fournir plus tard du vin à la province de Rio-Grande, au Paraguay, au nord de Corrientes. Un peu plus vers le sud, le sol et le climat de la Bande- Orientale sont également très-propres à l'industrie vinicole; aussi les immigrants étrangers qui sont venus s'y établir commencent-41s à faire des plantations. 11 n'est pas douteux que les deux rives du magni* flque Uruguay ne soient couvertes un jour de splendides vignobles, alors que la population aura décuplé et que l'on aura abandonné en partie l'industrie exclusivement pastorale, ennemie née de ragrieulture, mère fatale de la fainéantise et du vol.

Dans l'état actuel des choses, l'industrie vinicole est réduite aux provinces des Andes.

Malgré leur sol argileux et salin, les provinces de Mendoza et de San-Juan ont d'assez nombreux vignobles , et la production du vin entre pour une part assez grande dans leur commerce extérieur. Les Vignes y sont cultivées en treilles supportées par des traverses éleyées à deux mètres de terre ; des rigoles profondes passent entre chaque rangée de pieds de Vigne et servent à Tirrigation, qui se fait ainsi par imbibition. Les Vignes étant très-arrosées chargent beaucoup, mais le vin est un peu plus aqueux ; aussi, pour l'exporter et le conserver plus longtemps , a-t-on soin de le mêler à du sirop de raisin fait exprès, qui lui permet de voyager sans danger. Chaque propriétaire a d'ailleurs sa méthode de fabrication, suivant la nature de la Vigne, la disposition de sou terrain, les vaisseaux viuaires dont il peut disposer, le genre d'acheteurs auxquels il livre le produit de sa vendange. D n'y a pas de méthode générale.

Nous avons bu à Mendoza d'excellents vins façon Xérès, qui n*étaient certainement pas inférieurs au vin d'Espagne de ce nom; mais à côté de 'ces qualités choisies et bien soignées par leurs propriétaires, les sortes usuelles sont médiocres. On fabrique un Carlon rouge dont le goût moisi détestable tient en grande partie aux tonneaux dans lesquels on le renferme. Eu effet, l'absence du bois nécessaire à la tonnellerie, cette branche si importante de l'industrie vinicole, oblige d'employer de vieilles barriques qui ont servi quel-

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