‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 155 sur 193 · CULTURES INDUSTRIELLES. — VIGNE ET VINIHCATION · texte numérisé non relu

CULTURES INDUSTRIELLES. — VIGNE ET VINIHCATION

quefois à d'autres usages, — les frais de transport, soit du Chili, soit du Rosario, mettant les barriques neuves à des prix exorbitants. — Dans les autres provinces, le vin est conservé dans des jarres en terre très-bien faites, de la contenance de 4 à 5 hectolitres. On les consolide avec des gangles de cuir cru que Ton installe humide, et qui une fois sec se moule exactement sur la jarre et lui donne une grande solidité. — Pour le transport, dans les provinces de la Rioja, Catarmarca et. Salta, on se sert de petites barriques d'une contenance de 75 litres environ, faites en bois d'Algarrobo. Neuf, ce bois communique au vin un goût particulier qui n'est pas précisément désagréable, mais auquel répugne plus d'un palais européen; ce goût se dissipe promptement. Deux de ces barriques font la charge d'une mule.

Les vallées des Andes où se cultive le mieux la Vigne varient en altitude, de 800 à 1,800 mètres. Les meilleurs vins, qui sont ceux de la vallée de Famatina et de la côte àiArauco^ se produisent par une altitude moyenne de 1,000 mètres entre le 28* et le 29" degré sud. — Dans la vallée de Calchaqui on récolte de bons vins, trèsriches en alcool, par une altitude de 2,000 mètres, entre les 2S" et 27' degré, mais ils n'ont pas le moelleux et le parfum des vins de la Rioja, qui sont réellement supérieurs.

La culture de la Vigne se fait à peu près de la même manière dans toutes les régions andines ; on arrose beaucoup, trop peut-être, car on donne de l'eau au minimum tous les dix jours. Il est vrai que la sécheresse du climat est extrême, et que les cultivateurs poussent le plus qu'ils peuvent à la production. La vendange se fait en mars, avril et quelquefois même en mai, suivant les endroits. La cave et le pressoir sont près de la Vigne, laquelle attient généralement à la maison d'habitation, et les paniers de raisin sont vidés directement par une fenêtre sur un plancher où on les foule. Quelquefois on retire les rafles, d'autres fois on les laisse; le jus, qui s'écoule dans une grande jarre, est puisé avec des seaux et versé dans d'autres jarres où la fermentation se fait. Lorsque celleci est terminée , on transvase en des jarres plus petites , que l'on ferme hermétiquement à l'aide d'un couvercle en bois luté avec du mortier, ou bien on met en barils. Le vin d'un an portp le nom de vino ahejo. 11 est rarement potable avant cette époque, à moins qu'il n'ait été additionné de sirop préparé par décoction du moût. Dans ce cas, on peut le livrer immédiatement à la consommation.

Ce sirop se prépare en faisant bouillir du moût additionné d'une

petite partie de cendres de sarment; cette lessive alcaline en précipite Tftcide ; d'autres fois on chauffe presque tout le raoùt de la vendange pour en faire du vin cuit. On en fabrique aussi mie sorte de miel qui sert à confire des Pèches, des Raisins secs, etc. Au reste, chaque maison a, pour ainsi dire, son mode particulier de préparation ; nous ne faisons qu'indiquer la méthode la plus générale.

Le vin de Tannée qui n'a subi que la première fermentation, et qui ne s'est pas fait au printemps suivant , est souvent fade et assea aqueux ; mais cela dépend beaucoup aussi de la qualité du raisin ; car les raisins très-sucrés, bien mûrs et vendangés à temps, ne font jamais de mauvais vin , même dans les premiers mois de la fabrication. — Il peut paraître étrange que nous parlions de consommer ainsi le vin avant qu'il soit complètement fait ; c'est que malheureusement on l'emploie ainsi pour l'usage local. Peu de temps après la récolte , il est fort difficile de trouver d'autre vin à boire ' que du vin nouveau : celui de l'année antérieure a été consommé tout entier ou expédié au dehors. Il n'y a qu'un petit nombre de propriétaires qui mettent de l'amour-propre à en conserver.

La fabrication de l'eau-de-vie de vin se fait sur les lieux mêmes, au moyen d'un alambic installé en plein air , et dont le serpentin est incessamment refroidi par l'eau qu'amène une rigole dérivée du canal d'irrigation appartenant au domaine. On soumet à la distillation le vin et le moût qui ont subi la première fermentation. L'eaude-vie obtenue est généralement de fort bonne qualité. En quelques endroits on y ajoute un peu d'anis, dont le goût est très-apprécié djms ces contrées. La consommation de ces eaux-de-vie donne lieu u un commerce intérieur assex notable , et l'on en exporte un peu dans le nord du Chili. Si la production était plus considérable, le produit pourrait venir se vendre avec beaucoup d'avantage sur le littoral ; car il n'arrive là que très-peu d'eaux-de-vie réeilemeut bonnes, et qui par conséquent se vendent h des prix très-élevés; de sorte que l'on n'y consomme habituellement que des qualités audessous du médiocre, qui ne valent même pas le prix auquel on les

paye.

Abstraction faite de quelques producteurs intelligents et cjui s'en occupent avec ardeur, la viticulture et la fabrication du via réclament d'assez grandes améliorations, mais la moindre partie de ces améliorations donnerait aux produits des provinces andines des qualités supérieures qui les feraient justement rechercher. L'extrême éloignement dett ports du littoml et de ceux du Ohi)i a contribué

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