CULTURES INDUSTRIELLES. — VIGNE ET VINIFICATION
l>6aucoup à laisser cette branche d'industrie agricole si arriérée ; et ce n est que depuis cinq années que ses produits ont pris une grande valeur, comme du reste tous ceux de Tagriculture argentine.
Les espèces de Vignes cultivées pour la fabrication du vin sont assez variées, mais trop souvent confondues ensemble , ce qui natu* rellement nuit à la qualité, à Tarome du produit. Comme le climat est fort chaud Tété , même dans les vallées assez hautes, et qu'à répoque de la vendange la température est encore très-élevée pendant le jour, les raisins renferment beaucoup de principe sucré, et par conséquent la quantité d'alcool produite est considérable. Aussi, tous les vins des Andes sont-ils capiteux; nous n'en avons vu de légers que dans la province de San-Juan. La vallée de Famatina en fournit une variété qui se rapproche beaucoup des vins d'Anjou pour le bouquet, mais ils sont plus alcooliques. Ces vins légers ont une grande tendance à tourner à l'aigi'e ; c'est pourquoi on préfère pour le ti'ansport les sortes plus sucrées et plus alcooliques qui ont été cuites et se conservent indéfiniment, en s'améliorant beaucoup par Tâge. Ainsi, certains vins rouges de èm Campanm^ vallée de la Rioja, à 1,700 mètres d'altitude, ressemblent, ù s'y méprendre, au Porto, quand ils ont été couser\és quelques années. La côte di'Arauco donne des Madère, des Xérès, des Muscats excellents. Les vignobles de Sa?i-Carlos^ de Cafaxjaté^ de Santa-Maria^ dans la longue vallée- de Calchaqui, produisent un vin pelure d'oignon extrêmement alcoolique et capiteux, quoique léger en apparence et au premier abord. Il en est de même des vins recollés au Fuerte de Andalgaia^ sur les revers occidentaux de la sierni d'Aconquija, de ceux de Tinogasta et de Copocabmia^ lesquels sont cependant un peu moins dcooliques.
11 manque essentiellement deux choses au commerce des vins des Andes : la facilité des transports, el d'être plus connus. Les améliorations dans la viticulture et la vinification viendraient bien yite, si la demande était plus fréquente sur le littoral, et surtout si les frais de transport et les pertes de toute sorte qui en sont la suite, étaient moins considérables. Que Ton se représente en effet ce que doit produire Tévaporation sous un climat ohaud et éminemment sec, quelque précaution que l'on prenne à cet égard, et quelle doit être l'aètion du soleil sur les barils portés à dos de midet pendant iâ à 18 jours dans les trm^esias ^ alors que le vin qu'ils renferment e^t éminemment riche en alcool.
t92 RÈGNE VÉGÉTAL.
. Dans l'état actuel des choses, Jujuy, Salta et Tucuman consomment les vins de la vallée de Calchaqui ; Tucuman et Santiago-del-Estero, ceux des vallées de Cati\marca et de la Riôja ; Cordova, ceux de San- Rioja et de San-Juan ; San Luis, ceux de Sau-Juan et de Mehdoza. La Rioja et San-Juan en exportent une petite quantité au Chili. — Jadis, Mendoza et San-Juan en envoyaient à Buénos-Ayres, qui, à la fin du siècle dernier, consommait en moyenne annuelle, suivant des chiffres officiels, 3,313 barils de la première, et 7,942 de la seconde de ces provinces. Mais depuis que l'importation étrangère fournit si abondamment le littoral de vins de France, d'Espagne, de Portugal et d'Italie, on n'en apporte plus un seid baril indigène, excepté pour quelques personnes qui ont la curiosité d'en faire venir comme souvenir de leur province. La création du chemin de fer du Rosario à Cordova, en facilitant les communications du littoral avec le centre de la Confédération, stimulera certainement cette industrie dans les provinces de San-Juan et de la Rioja, dont celle de Cordova est le principal consommateur, et où le baril de bonne qualité vaut aujourd'hui près d'une once d'or (85 fr.) y compris les frais de transport. Ace prix, les producteurs vinicolessontconvenablement rémunérés de leurs travaux*
BIÈRES DE maïs : GHICHA, ALOJA. — BOISSONS FERMENTÉES DIVERSES.
De temps immémorial, les Indiens ont préparé des boissons fermentées avec le Mais. En Bolivie et dans les provinces de Jujuy et de Salta, on en fabrique une sous le nom de Chicha qui est en grande réputation chez les Indiens et les métis, quelque répugnant que soit son mode de préparation, car la salive y entre pour un des plus importants ingrédients. — Le Mais, après avoir été mâché grossièrement, est craché dans une grande marmite remplie d'eau qui bout sur le feu ; on enlève une mousse écumeuse qui surnage, puis, après quelques heures d'ébullition, on laisse fermenter le tout ensemble. Au bout de 48 heures environ, le liquide se décante et se verse dans une jarre où il continue à fermenter légèrement ; dans cet état il est encore un peu trouble, une sorte d'huile jaunâtre flotte au-dessus : mais au bout de deux jours on peut boire la Chicha. Son goût est Vineux, un peu doux, en somme nullement désagréable ; elle enivre si Ton en prend une certaine quantité. Une autre méthode de fabrication