CULTURES INDUSTRIELLES. — BOISSONS DIVERSES
moins répugnante consiste à concasser le Maïs dans un mortier et à le jeter ensuite dans la marmite : le reste de l'opération se fait comme dans le premier cas. Cette Chicha a un goût plus fade que la première, qui est de beaucoup préférée par les amateurs.
Cette seconde espèce de bière, nommée aussi Aloja^ se fait également dans les provinces de Tucuman et de Santiago del Estero. Elle est très-rafralchissante. Quelquefois on laisse le Maïs au fond de la jarre, on surajoute de l'eau bouillante, et Ton boit jusqu'à ce que la fermentation, devenue trop forte, oblige à changer le grain.
Nous avons parlé (pag. 401) de la Chicha faite avec le fruit de l'Algarrobo. Celle-ci se consomme principalement dans les provinces de Santiago del Estero et de la Rioja, et dans quelques parties de la sierra de Cordova. C'est une boisson assez médiocre dont le goiU, mêlé à celui de moisi, qui vient de l'Algarrâbo, répugne à plus d'un voyageur.
On fait aussi avec les fruits du Molle^ du Chanai\ du Piquil-lin^ etc., des boissons fermentées, dont la préparation consiste à mettre infuser ces fruits, tantôt diuis de l'eau bouilkuite, tantôt dans de l'eau froide, et à attendre que le principe alcoolique ait commencé à se développer. Toutes ces Chic/tas sont fort employées par les paysîms à l'époque de la maturation de ces fruits silvestres. Leur goût est sucré et quelquefois agréable, quand ou a soigné la préparation.
Quant à la bière ordinaire, des fabriques commencent à s'établir depuis quelque temps à Buénos-Ayres, à Montevideo, au RosiU'io, à Gualeguaychu, etc. L'Orge se cultive sur les lieux, on fait venir le Houblon d'Europe. Celui-ci se rencontre àrétiitsilvestre dans les vidlées de la Rioja, et peut-être serait-il possible de le cultiver sur le littoral, quoique la grande chideûr lui paraisse contraire, du moins en Europe, puisque ce n'est que dans sa région moyenne que l'on en trouve et non pas dans le Midi; dans tous lés cas, ce serait une expérience à tenter, mais avec des espèces de la Rioja. Si elle réussissait, rien n'empêcherait de donner à cette culture l'importance qu'elle mérite, car la consommation de bière est très-considérable dans le pays, et des fabriques bien montées donneraient certainement de beaux résultats. Malheureusement toutes les tentatives faites jusqu'à présent pour établir des brasseries, l'ont été par des hommes dont les capiUiux étaient insuffisants, et qui n'avaient pu réunir un personnel assez habile pour une fabrication aussi délicate que celle delà bière. D'ailleurs la qualité du Houblon, toujours cher en Europe etsouvent altéré parle voyage, laisse beaucoup à désirer, et la bière produite est généralement d'une
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amertuiDe qui ne platt pas au consommateur et lui fait préférer les bières importées d'Angleterre, de France ou d'Allemagne, quoique leur prix soit très-élevé. En somme, c'est encore une industrie dans Tenfauce, malgré tous les avantages qu'elle doit procurer un jour à ceux qui s'en occuperont sérieusement, car la chaleur du climat fait qu'eu toute saison tout le monde est avide de cette bonne et,^ salutaire boisson dont il se consomme une incroyable quantité.