‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 165 sur 193 · CULTURES INDUSTRIELLES. - PLANTES OLÉAGINEUSES · texte numérisé non relu

CULTURES INDUSTRIELLES. - PLANTES OLÉAGINEUSES

sème en grand en Algérie, en Egypte, dans tout le nord de l'Afrique, qui en importe aujourd'hui des quantités considérables sur les marchés européens. Le rendement de cette plante est énorme et sa culture facile; elle demande un sol peu consistant; aussi prospèret-elle sur tout le littoral de la Plata; il n'y a qu'à se donner la peine de la semer. Déjà dans les environs de Santa-Fé, on a compris les avantages de cette culture et les colons de la Esperanza commencent à l'exploiter en grand.

En effet, quanti on songe au prix élevé des huiles françaises ou italiennes importées aujourd'hui dans le Rio de la Plata, et à leur qualité si souvent inférieure par suite des sophistications et des mélanges dont elles sont l'objet, on comprend quel avantage il peut y avoir immédiatement à monter une usine pour la fabrication de l'huile de Mani, qui est préférable à toutes ces variétés importées et ne le cède qu'à l'huile d'olive de première qualité, huile si rare dans le commerce à cause de l'élévation de son prix. L'huile espagnole répugne à la majorité des consommateurs à cause de son goût et de son odeur véritablement repoussante, elle est de plus assez chère. L'huile d'Arachide deviendra donc, avant peu d'années, d'un usage journalier dans la Plata et la source d'une industrie très - lucrative , et pour le cultivateur et pour le fabricant. Nous ne parlons ici que de son usage comme comestible; mais si nous en venons à la fabrication des savons fins, nous trouverons encore une autre branche d'industrie non moins avantiigcuse à créer. Il est étonnant même que Ton n'y ait point pensé encore sur le littoral, où l'esprit d'entreprise s'est si remarquablement développé depuis quelques atmées.

Le Mani peut être cultivé dans toutes les provinces argentines, dont le sol et le climat lui conviennent parfaitement. On l'y cultive déjà, car les habitants sont très-friands de son fruit ; mais nulle part on ne l'a encore employé à la production de l'huile, qu'il est pourtant si facile d'obtenir par la construction d'un moulin des plus simples. En effet, il ne s'agit que de broyer le fruit, de le soumettre à la presse et d'en clarifier, à l'aide d'un filtre, le suc exprimé. Les Kabyles des montagnes de l'Algérie fabriquent ainsi les huiles dont ils inondent les marchés de Bone et de Philippeville ; pourquoi les Argentins de l'intérieur a'auraient-ils pas autant d'industrie que des musulmans à moitié barbares? Remarquons en outre que c'est l'olive qui est ainsi traitée par los Kabyles, et que les procédés à employer à l'égard de cett*,» plante goui

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plus longs, plus minutieux que ceux qu'exige Textraction de Thuile du Mani.

Quant aux autres substances oléagineuses, nous croyons en avoir assez dit pour faire comprendre les ressources que peut donner un jour au pays leur culture sur une grande échelle, et les avantages que quelques-unes présentent dès aujourd'hui pour Téclairage et la fabrication des savons. Il est bien certain quesi^.au lieu de Thuile de potroj huile animale obtenue de la graisse des juments qu'on tue à cet effet, on livrait au commerce, pour l'éclairage, des huiles de Ricin, d'Épurge, de Colza, etc., elles obtiendraient la préférence sur une substance qui se coagule au moindre froid, a une odeur détestable et se manie difficilement. Le pays peut largement produire, ainsi que nous venons de le voir, toutes les huiles dont il a besoin pour tous les usages domestiques et industriels : c'est aux cultivateurs à y songer sérieusement. Lorsque la production sera devenue assez considérable pour alimenter des usines, celles-ci ne tarderont pas à s'établir.

PLAHTBS TEXTILES.

Nous avons déjà indiqué (pages 409 et suivantes) les plantes indigènes qui peuvent être employées pour les matières textiles qu'elles sont susceptibles de fournir : Caraguatas, Agaves, Lianes et écorces diverses... Nous reviendrons seulement sur celles qui sont aujourd'hui d'un usage habituel dans les climats analogues à celui de la

Plata.

L'Agavb, nommée ici Pita {Agave Americana^ — Amaryllidées)^ est indigène. Ses congénères, exploités en Afrique, donnent une filasse dont on fait des cordes très-fortes, qui résistent parfaitement à Vhumidité, des tapis communs, des paillassons, et même de menus objets de passementerie.

Pour en extraire cette filasse, on coupe les feuilles au moment où la plante va fleurir ; on les fait sécher et on les bat ensuite. Il parait que les expériences faites sur son emploi h la fabrication du papier ont donné de très-bons résultats. Or, on sait à quel haut prix les papiers sont ^lyourd'hui montés en Europe, et ooaû>iea la rareté du chiffon (débris de toiles de toute sorte) est funeste à la fabrk;a^

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