‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 166 sur 193 · CULTURES INDUSTRIELLES. — PLANTES TEXTILES · texte numérisé non relu

CULTURES INDUSTRIELLES. — PLANTES TEXTILES

tion. Ce serait dono une industrie à créer ici, où TAgaye se reproduit sans culture.

Les diverses espèces de Caraguatas (Caraguata Guyanensis, — Broméliacées) sont dans le même cas. Les Indiens en savent tirer des cordes excellentes pour leurs filets et divers autres usages. Elles abondent dans tous les terrains un peu humides, surtout vers le Nord.

La bourre qui enveloppe l'origine des feuilles et du spadice des différentes espèces de Palmier peut également être filée en cordes grossières, mais d'une grande puissance.

Le [Phormium tenax^ — Liliacées), ou lin de la Nouvelle-Zélande, a été introduit dans la province de Mendoza; mais on ne Ty cultive guère que comme objet de curiosité. Il en est de même sur le littoral, où il réussit très-bien. Toutefois, personne ne s'est encore avisé de le cultiver en grand pour en obtenir la matière textile qu'il renferme en si grande quantité. Le climat de la Plata convient parfaitement à cette plante, qui s'y reproduit de graines et de di*ageons, comme dans son pays d'origine. Il serait donc à désirer que ce beau végétal fût multiplié comme il mérite de l'être, car sa filasse sert à fabriquer des cordages de première qualité. Le rendement en est considérable, et il peut même être tissé en toiles grisâtres, d'une extrême résistance.

Le Chanvre [Cantiahis sativa^ — Cannabinées) est, dit-on, originaire de Perse et pourrait probablement se cultiver dans les terres profondes et humides de certaines parties du sud de l'Entre-Rios, dans le voisinage des canaux nombreux qui forment le delta paranien. On ne s'est point encore occupé de cette culture, qui se développera certainement un jour avec l'augmentation de population.

On sait l'importance qu'elle a dans toute la partie moyenne de l'Europe, sur les bords de la Baltique, dans les environs de Riga, dont le climat humide , la terre profonde et grasse , abritée' des vents, permettent à cette plante d'y acquérir tout son développement. On trouverait dans la Confédération argentine des terrains de conditions analogues, quoique sous un climat plus chaud, qui n'est cependant point contraire à la réussite du chanvre.

Le Lln [Linum usitatissimum^ — Caryophyllées) prospère dans les mêmes tenues que le chanvre ; il y a même une de ses variétés qui ne souffre pas du tout d'un climat chaud et un peu sec, car elle réussit bien dans le midi de la France» L'expérience, d'ailleurs^ a été faite dans la

Pla ta, et elle a donné de bons résultats. En effet, cette plante, extrêmement vivace, s'est répandue presque par tout le globe, et nous l'avons vue prospérer aussi bien sous le climat du littoral que dans les vallées des Andes. Il est vrai qu'on ne la sème ici que pour sa graine, émir nemment mucilagineuse et émolliente, c'est-à-dire au point de \ne médical; mais rien n'empêche que, plus tard, dans les tenuins qui lui conviennent, on ne la sème en grand pour l'exploiter comme matière textile. C'est encore une des cultures industrielles qui peuvent être un jour fort avantageuses.

Nous arrivons à la plante textile par excellence, à celle qui réussit le mieux sur tout le territoire de la Confédération, et qui, après avoir été l'objet d'une culture relativement assez étendue, est aujourd'hui presque abandonnée : nous voulons parler de celle qui fournit le coton.

Le Cotonnier [Gossypium^ — Malvacées) est une plante tantôt herbacée , tantôt sous-frutescente , connue de toute antiquité dans l'ancien monde et également indigène dans le nouveau. Dès les temps les plus anciens, sa laine végétale a été 'recueillie et filée en Egypte et aux Indes orientales; les Indiens d'une partie de l'Amérique du Sud en tissaient leurs vêtements à l'époque de la conquête. Aujourd'hui, la plante croit encore à l'état silvestre au Paraguay, à Corrientes, dans le Chaco, dans les provinces de Catamarca et de Salta ; aussi ces mêmes contrées sont-elles les plus propres à la culture de ce précieux végétal.

Sous l'administration espagnole, le Cotonnier était cultivé dans toutes les provinces que nous venons de citer, et, de plus, aux Missions, où les Guaranis s'en occupaient spécialement, sur les bords du Parana, à Corrientes, à Santa-Fé, à la Bajada. La laine obtenue était filée sur les lieux mêmes, et, à l'aide d'un métier très-simple, on en faisait des tis§us un peu grossiers, mais d'une durée éternelle. Depuis que le commerce étranger a impoi^té des tissus communs à si bas prix, dits liencillos, fabriqués eu Angleterre ou aux États-Unis, la fabrication locale a disparu presque complètement, et n'occupe plus que quelques ménagères qui eu font des serviettes, des caleçons brodés, des nappes pour cadeaux, etc... Quant à des tissus usuels, il est beaucoup plus commode et surtout bien meilleur marche d'acheter les cotonnades dont abondent tous les magasins, en quelque \ illage que ce soit.

La province de Catamarca est la seule qui cultive encore aiyour-

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