‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 168 sur 193 · PLANTES TINCTORIALES · texte numérisé non relu

PLANTES TINCTORIALES

Les matières tinctoriides sont abondamment répandues dans toutes les provinces de la Confédération, (»t l'industrie locale en use pour teindre les laines et les cotons que les femmes emploient dans quelques provinces pour tisser des couvertures, des nianteaux (/>o;*-

chos)^ des ceintures {fajas)^ etc. Elles les teignent, comme elles le disent, avec les herbes des champs [yullos del campo)^ et les couleurs qu'elles donnent aux objets de leur industrie sont solides et belles. Parmi les tribus Pampas, les Indiennes du Sud, qui sont assez adroites et laborieuses, se livrent à la même industrie, et beaucoup d'objets sortis de leurs mains sont réellement remarquables par l'éclat et la vivacité des couleurs.

Ainsi la décoction de Técorce de Quebracho fournit une couleur café au lait foncé ; une espèce de Caude [Reseda luteola^ — Résédacées) donne une belle couleur jaune, que l'on trouve aussi dans le bois de la Jarilla ; une garance vSylvestre, dans les provinces de Tucuman et de Santiago, fournit un rouge clair. — D'autres plantes leur procurent des verts de différentes nuances. — Plusieurs mimosas du Paraguay produisent une teinture rouge à la décoction. — On donne du mordant à ces teintures avec l'écorce de citron ou l'alun; quelquefois on ne les fixe pas. Chaque ménage, chaque ouvrier a son secret, sa méthode, sur laquelle il est assez difficile d'avoir des renseignements exacts. Il est d'ailleurs certain que beaucoup d'autres plantes très-utiles pour la teinture restent inconnues, et que l'étude de cette branche de l'industrie indigène pourrait conduire à de bons résultats.

Cependant, comme culture, il n'y a véritablement que trois plantes qui offrent une importance immédiate ; car, quoique abandonnées à peu près aujourd'hui, elles oiit été l'objet de quelques travaux : ce sont le Carthame, l'Indigotier et le Cactus à cochenille.

Le Cartha^ie {Carthamus tinclorhis ^ — Composées),, nommé ici vulgairement Safran [Azafrnn]^ est cultivé dans quelques jardins pour sa fleur, qui sert à donner de la couleur à certains ragoûts. On l'emploie peu en teinture; et c'est un tort, car cette plante croit ici avec la plus gi'ande facilité et presque sans soins. Sa fleur est d'un joli effet. Ses graines, dont les perroquets sont extrêmement avides, fournissent le quart de leur poids d'une huile bonne à manger et à brûler, de sorte que, rien que sous ce rapport, cette plante mériterait d'être cultivée. Ses tiges sont mangées par ton? les herbivores ; elles peuvent servir de combustible : tout enfin est utile dans cette plante modeste, malheureusement trop négligée. Eu Europe, la flem* de Carthame donne lieu à un assez grand commerce d'importation pour la teinture. La meilleure vient de l'Egypte et de la Turquie d*Asîe.

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