‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 171 sur 193 · PLANTES D*AGRÉMENT · texte numérisé non relu

PLANTES D*AGRÉMENT

prix les distances et les frais de toute sorte mettent ces objets pour les populations de l'intérieur.

Jamais personne ne s'est occupé de distiller la fleur d'Oranger qui abonde partout, comme on sait, non plus que la Mélisse, la Menthe poivrée, qui sont également très-répandues. C'est toute une industrie à créer, non en grand, mais en petit, aux environs des villes principales qui en consommeraient naturellement les produits, car on est très-avide de parfums. Le Rosier, le Jasmin, la Tubéreuse, le Romarin, l'Œillet, la Lavande, l'Angélique,' le Carvi, la Coriandre, etc., réussissent cependant bien partout, mais ne sont cultivés que pour l'agrément et non au point de vue utilitaire. L'Anis et le Cumin sont toutefois l'objet d'un petit commerce : l'un sert à aromatiser les eauxde-vie de vin ou de sucre, dont on est friand dans l'intérieur sous le nom A'anisados; l'autre est employé comme condiment.

Quant aux plantes médicinales, on ne recueille que celles qui croissent à l'état silvestre : Mauves, Daturas, Sauges, Camomilles, Bourraches, etc.; c'est un ofiice que monopolisent d'ordinaire quelques vieux noirs. Excepté le Lin et la Moutarde, que l'on sème pour leur graine employée dans la médecine usuelle, on ne cultive aucune autre plante, alors que, près des grands centres de population, la production de la Guimauve, delà Réglisse, de l'Absinthe, du Pavot, etc., pourrait être si avantageuse pour quelques petits cultivateurs, toutes ces substances médicinales étant, comme les précédentes, importées d'Europe.

Noué répéterons, pour toutes ces cultures, ce que nous avons dit déjà des arbres fruitiers, des légumes, etc. : que tous les végétaux du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique sont cultivables dans le bassin de la Plata, et que toutes les expériences tentées jusqu'à présent pour leur acclimatation, quoiqu'elles soient malheureusement en trop petit nombre encore, ont réussi.

§ VIIL — Plantés dagrimmt.

La culture des plantes d'agrément prouve et au delà combien , dans le bassin de la Plata, il est facile d'acclimater les plantes les plus belles comme les plus utiles. Dans ce pays habitué pendant trois siècles à recevoir presque tout de l'ancien continent, on s'était fort peu occupé jusqu'en 18S0 de l'importation de végétaux d'agrément ou d'une utilité non immédiate. Les bénéfices à peu près certains de l'éducation du bétail, d'une part, pour une population peu considérable, de

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Tautre, Thabitude d'une alimentation exclusivement animale et le peu de poût pour la culture du sol, détournaient les esprits de toutes entreprises nouvelles. Le grand nombre d'étrangers venus dans la Plata depuis vingt années et les établissements assez nombreux d'horticulture qui s'y sont formés, ont opéré sous ce rapport une véritable révolution. Montevideo et Buénos-Avres ont aujourd'hui des pépinières qui ne laissent rien à désirer pour la beauté et la multiplicité des espèces végéUiles. La belle propriété du général Urquiza, à San-José, réunit tout ce qu'il y a de mieux en fait de plantes élégantes et d'arbres à fleurs ou à fruit.

Le climat permet de cultiver ici une foule de plantes qui, en France, réclament la serre tempérée ; celles de serre chaude peuvent même se contenter d'un simple abri, d'une couverture pendant les petites gelées de rhiver qui ne durent jamais que quelques heures dans la matinée. Il n'y a que les plantes tout à fait équinoxiales qui exigent un abri permanent pendant les quatre mois de la saison fraîche ; et encore n'a-t-on pas besoin de faire du feu dans les serres, car il m gèle que lorsque le temps est très-pur, et dans la journée le soleil échauffe assez leur intérieur pour que la chaleur s'y conserve parfaitement pendant la nuit. Mais la grande utilité des abris vitrés est de préserver les plantes délicates de l'action du vent qui les fatigue beaucoup ; en effet il suffit d'un pampero^ d'une sti-^stada ou d'un ^lorte un peu forts pour faire des ravages dans une pépinière de plantes nouvelles récemment acclimatées, et qui n'ont pas encore acquis la vigueur nécessaire pour résister aux intempéries. C'est ainsi que le Bananier et l'Ananas donnent des fruits qui mûrissent parfaitement, soit à Montevideo, soit à Buénos-Ayres, s'ils sont abrités, et ne réussissent pas en plein air, au sud du 30' degré.

W n'est donc aucune planta tropicale qui ne puisse prospéi'er dans une serre bien faite, sans que l'on ait à se préoccuper d'y faire du feu. Aussi quelques riches propriétaires ont-ils commencé à en étiiblir dans leurs jardins , et trouvent-ils une ample compensation de leurs dépenses dans la quantité et la beauté des fleurs dont ils sont abondamment pourvus toute l'année. Il n'y a à craindre que la gréle qui, de temps à autre, vient ravager les vitrages, et contre laquelle il est indispensable de prendre des précautions. Quant à la chaleur directe du soleil , on a plutôt à s'en préserver à l'aide de rideaux et de tentes, qu'à la rechercher pour les plantes pendant les sept mois de saison chaude.

Les plantes d'agrément indigènes sont peu nombreuses, si Tou en

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