LACS ET LAGUNES. >~ LAC DE NAHLTLHUAPI
sait, dit-on, d'abord au lac, puis de Tautre côté de la Cordillère. Les explorateurs arrivèrent effeetivement au Nahuelhuapi , mais n'allèrent pas plus avant ; ils ne purent trouver aucun col qui leur permit de Eranehir la ligne de la Cordillère de ce côté, quoique celle-ci soit eu réalité pea élevée.
Pendant soixante ans on oublia complètement cette région, et ce De fut que depuis rétablissement de la colonie allemande, en 1853, Air les bords du lac àe Llmif/tii/iue^que Ton recommença à sVn occuper. Une première expédition entreprise en 1854 fut infructueuse ; la seconde, fiiite en 1 855 , avait pour guide un vieillard, D. José Antonio Olavarria, qui en 1795 avait, à Tàge de quatorze ans, accompagné les explorateurs de cette époque. On arriva effectivement à un grand lac que Ton supposa être 1«? Nahuelhuapi ; mais il restait sur ce point quelques doutes qu'a complètement Uwés Texplonition de 1856, due h deux savants allemands appartenant h la colonie de LIanquihue, M. Ilers et le docteur Fonck.
Ces messieiu^ partirent du port Montt, centre de la colonie, sur le golfe de Reloncavi, et allèrent h 4 lieues de là s'embarquer au port Varas, sur le lac de LIanquihue, qu'ils traversèrent dans toute sa longueur. Passant ensuite au pied du volcan de Osorno, haut de 2,295 mètres, ils s'embîirquèrent sur le lac de Tous-les-Saints et furent prendre terre, près de l'embouchiu'e du Rio-Peulla : — jusquelà, c*ctait l'itinéraire du père Mcnendez. — Ils remontèrent la vîdlée du Peulla jusqu'au pied du Tronador, puis, s'ouvrant un chemin à travers le bois avec de grandes difficultés, ils arrivèrent à la lagune de les Cauquenes, dont ils jugèrent le plateau comme le point de partage des eaux entre les deux mers. Montimt ensuite sur un morne voisin, dont ils évaluèrent l'altitude absolue à 1470 mètres, et qu'ils nommiîrent le 12 fé.vrie9\ en mémoire de la fondation de la colonie, ils aperçurent de son sommet les eaux bhniesdu Nahuelhuapi qui fuyaient bien loin vers l'orient, et paraissaient s'infléchir derrière une ligne de monUignes lointaines. La vue étiiit immense et magnifique; le grand lac, la masse imposante du Tronador, les forêts du voisinage, tout contribuait à faire de cMie région un paysage réellement grandiose. En même temps une rivière large et profonde , parfaitement navigable, venait du Tronador et débouchidt dans l'angle extrême ouest du Nahuelhuapi. Les voyageurs explorèrent ses bords et, arrivés sur la rive du lac, ils trouvèrent sur la plage des pièces de bois demipourries, qui avaient évidemment servi aux pirogues de l'exploration de 1792. On construisit alors un nouveau canot, malheureusement
ne HYDROGRAPHIE.
trop faible d'échantillon, avec les bois de la rive ; quatre hommes parcoiirureiit tonte la pointe onest dn lac et reconnurent parfaitement la grande He de'Mascardi ; mais la faiblesse de Tembarcation, les vents violents qui rognaient, ne leur permirent point de tenter la traversée du lac, où ils coururent d'ailleurs de fort gi-ands dangers. Pendant qu'une partie des explorateurs examinait le bassin, l'autre parcourait les environs, et découvrait un passage beaucoup plus court pour gagner le Rio-PeuUa. Ce col, auquel ils donnèrent le nom de Boqueie-de-Pcdro- Rosa/es, était fort accessible et pouvait permettre l'ouverture d'un excellent chemin. Aussi, le retour se fit-il avec lapins grande facilité, et les voyageurs évaluèrent-ils aux chiffres suivants les distances de l'océan Pacifique au lac :
De Puerto-Mont (anciennement Melipelli) au port Varàs sur le lac de LIanquihuc ; roule de terre U 1/2 lieaes.
Du porl Varas au pied du volcan d'Osorno à rextrémité de la lagune; par eau 8 »
Du pied du volcan au lac de Tous-IesSaints ; par terre 5 »
Traversée du lac de Todos-Ios-Santos , jusqu^à Fembouchure du lUo-Peulla; par eau... 7 »
De la bouche du I\io-Peulla au col de Pedro-Kosales; par terre. . • 3 1/2 »
Du col de Pedro-Uosales au lac de Nahuelhuapi; i)ar terre 9 »
En allant directement au Uio-Frio , il n*y a que 6 lieues et on
pourrait faire 3 lieues sur cette rivière jusqu'à déboucher sur le lac.
En tout 37 1/2 lieue».
IVBI. Fonck et Ilers avaient emporté un baromètre anéroïde qui se dérangea dès le principe. Ils furent obligés de calculer les hauteurs au thermomètre, par le degré de Tébidlition de l'eaù. Cette méthode, imparfaite sans doute , mais qu'on doit leur savoir gré d'avoir employée, leur permit de calculer les altitudes suivantes :
Lac de Llanquihue 0 mètres.
Lac de Tous-les-Saints t MU »
Lagune de los Cauquenes 1223 »
Cerra de! 12 de Febrero l/j68 »
Lac de Naliuelliuapi 537 »
Cuesta de los Reulies (col près du Cerro 12 de Febrero) . 1280 »
Col de Pcdro-Rosales. 836 »
Dans leur opinion rien de plus facile, avec quelques dépenses, que l'ouverture d'une bonne route carrossable du lac de Todos-los-Santos au Rio-Frio ^ le jour où la population de la colonie sera devenue