LACS ET LAGUNES. — LAC DE NAHLELHUAPI. 17T
assez considérable pour avoir intérêt à importer ses produits, de l'autre côte de la Cordillère, par la voie du Rio-Negro.
Un jeune Chilien, D. Guillermo Cox, voulait compléter la reconuaissance du Nahuelhuapi , dont les limites orientales restiiient encore inconnues. Sa première expédition en 1857 est restée infructueuse. Nous ne savons s'il en a tenté une seconde.
?îous sommes entré dans d'assez longs détails sur le système du ]^£Lhuelhuapi et le passage des Andes de ce côté , à cause de l'importeLXSce que ne tardera point à avoir le sud du Chili, si l'immigration etxi:t)péeime s'y dirige sérieusement. C'est l'unique partie qui puisse é^^ement servir à recevoir le trop -plein de la population chilienne quLÎ augmente tous les jours, et à laquelle manquent, dans le nord, les te^ntiins cidtivables. Adoucis par la paix, rapprochés de la population chrétienne par des besoins dont le cercle s'accroît sans cesse, le^ Araucans ne sont phis un obstacle h la colonisation du sud , et ccî'tte région ne tardera pas à devenir la plus peuplée et la plus pr-oductive de la république chilienne. Les progrès rapides de la Conception et de son département, depuis quelques années, sont une * preuve de la vitalité des provinces méridionales.
La colonie de Llanquihue a qu des commencements pénibles ; mais ceci est l'histoire de toutes les colonies, de celles-là même qui sont les plus florissantes aujourd'hui. Qui peut douter que cette population allemande, intelligente et laborieuse comme elle l'est, ne parvienne k faire s^Us le 41* degré ce que d(»s compatriotes ont réalisé sous le 30° au ^^sil, sur les rives du Rio-Pardo. Là, en trente années, cent fa- '^Ues primitives ont défriché un canton entier et forment aujourd'hui ^'ie popidation de 15,000 âmes. Les trois dernières expéditions au Srand lac témoignent de leur activité et de l'entrain sidutairc imprimé ^^X populations de Chiloé. On peut certainement calculer que dans P^U d'années la barrière des iVndes sera franchie de ce côté. Les rap- Pp^*ts du père Falkner, ceux de Villariuo , le dire unanime des Iny^^iis, prouvent l'excellence des termins du versant orientiU. Un Mif une population énergique et hardie ira s'y fixer et y préparera ^ voies au tnmsit qui doit se faire pour l'Atlantique. Les In- ^'^Hs de ces régions feront alors ce que font aujourd'hui les Arau- ^^>s : ils vivront en paix avec les chrétiens et se fondront lentement, ^^is sûrement, avec eux.
lies plateaux et vallées des Andes, en remontant vers le nord, of- ^^^nt encore quelques lacs , mais d'une si [faible étendue que leur
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importance est nulle. Plusieurs donnent naissance aux affluents des deux graudes rivières de la Patagonie, ou aux cours d'eau du sud de la province de Mendoza, Quelques-uns occupent les cratères de volcans éteints.
Dans la région au sud du massif central de San-Luis et de ses prolongements, le lac Bebedero ofte son vaste résen oir, des plus curieux à étudier à tous les points de vue. C'est un bassin cordiforme qui peut avoir 24 milles du nord au sud et 1 8 de l'est à l'ouesU II occupe une dépression de terrain dont les bords sont à 400 mètres encore au-dessus du niveau de la mer, si nous en jugeons par nos observations faites à la poste du Bal de ^ qui n'en est qu'à 5 milles, et au paso (gué) .du Desaguadero. Une large ceinture de sables salins l'entoure ; ils forment des dunes mobiles à l'action des vents. Cette ceinture s'est beaucoup élargie à la suite d'une forte crue du lac il y a quelques années. La partie des bois baignée alors par les eaux salines périt et ne laissa plus qu'im vaste espace sans végétation et semé de troncs desséchés. Les eaux du Bebedero sont d^une salure extrême, et, à la suite des sécheresses , le sel se condense assez sur ses bords pour qu'on puisse aller le couper à la hache et l'en extraire pour les besoins de la province. Ce sel est mi peu amer, mais d'un bon usage. Malgré la densité de ses eaux, le lac nourrit des tniites d'ime bonne qualité et très-grosses. Sa profondeur est inconnue ; aucun bateau n'a jamais sillonné ses eaux, les pasteurs de la sierra de Varela y vont seulement pêcher quelquefois, ou y chercher le sel dont ils ont besoin.
Rien de plus facile que d'embrasser d'un coup d'œil, comme nous l'avons fait nous-mème, la totalité du lac du haut du cerro (montagne) de la puflta de Sau-Luis ou des coteaux de l'Alto-Pencoso. De la cime du premier au lac, il peut y avoir 17 à 18 milles, et avec une bonne lunette on peut voir le mouvement de ses eaux presque constamment agitées par le vent. — Le Bebedero reçoit une partie des eaux du Rio-Desaguadero qui, comme nous l'avons déjà dit, n'y dirige qu'un seul bras, l'autre continuant vers le sud à travers des terrains bas, inondés la plupart du temps, mais quelquefois aussi complètement à sec. La quantité d'eau amenée par le Desaguadero est extrêmement variable ; il y a des années où elle est nulle et où par conséquent le lac baisse beaucoup. Lorsque, au contraire, cette quantité est considérable, les gens du pays, ne se rendant pas compte de l'évaporation, s'imaginent que le Bebedero a des conduits de décharge souterrains qui mènent ses eaux à la mer. Ils donnent pour