LES ANDES. — LIMITE DES NEIGES
très, nous trouvons une sécheresse de Tair dont rien ne peut donner une idée; — nous y avons vu l'hygromètre à cheveu tomber à 5°. — Le ciel y e&t d'un bleu cru dont l'éclat fatigue la vue, et la végétation devient absolument nulle.
Les pics dominants des Andes appartiennent généralement à la ligne de faite occidentiile , à celle qui sépare le Chili de la (Confédération argentine. C'est là que se rencontrent le Tupungato (6,710 mètres), et l'Aconcagua (6,894 mètres), pics plus hauts que le Chimborazo, suivant l'ingénieur Pissis qui les a mesurés trigonométriquement. Cependant, en se rapprochant du plateau bolivien, on en trouve encore un assez grand nombre tout aussi élevés. Ils ont une forme plus surbaissée que ceux de la région chilienne.
Un certain nombre se rencontrent également sur les cordons secondaires, tels que le uevado de Famatina, haiit de 6,294 mètres (Naranjo) , celui d'Aconquija, 4,692 mètres (Campbell) ; le cerro de l'Abra de Zentii au col duquel nous avons trouvé nous-méme 4,oI3 mètres, et qui surplombe encore ce col de 230 mètres au moins.
La limite des neiges perpétuelles est moins abaissée qu'on ne le dit généralement. Dans la Cordillère de Mendoza, sous le 33" degré, nous avons vu, à la fin de fé\Tier 1837, toutes les lignes égales à des altitudes de 4,000 mètres en moyenne parfaitement exemptes de neige ; 3 degrés plus haut, des hauteurs de 4,400 mètres n'en avaient pas un atome. Près du nevado de Famatina, sous le 29* degré , le cerro ferrugineux de Santo-Domingo, haut de 4,300 mètres, ainsi .qu'une, foule d'autres hauteurs égales et même supérieures dans les environs, n'en avaient pas conservé non plus. Sous le tropique, la sierra de Zentii, qui atteint presque 3,000 mètres en divers endroits, n'en a qu'accidentellement en toute saison et elle s'y fond immédiatement.
Cette limite oscille donc du 33" au 22* degré de latitude entre 4,200 et 3,000 mètres. Cela ne veut pourtant pas din» qu'on ne trouve jamais de neige un peu plus bas ; nous venons de voir qu'il s'en dépose des amas dans les anfractuosités des roches, qui, quelquefois, se conservent d'une année k l'autre, mais toutes les cimes inférieures à 5,000 mètres s'en nettoient complètement en été.
Règle générale : on peut dire que dans les Andes argentines, audessus de 3,000 et 3,300 mètres, la pluie est inconnue et n'y paraît jamais qu'à l'état de neige ou de grêle. Souvent même il neige ou il pleut dans les parties inférieures, tiuidis que les sommets principaux restent parfaitement nets. Ceux-ci ne reçoivent d'ailleurs que rare-
190 OROGIUPHIE.
ment des neiges nouvelles, car il faut une perturbation atmosphérique bien complète pour que la sérénité des régions supérieures soit troublée, ce qui n'arrive qu'à des intervalles assez grands, généralement ù l'entrée de l'hiver, c'est-à-dire de mai à juin.
PLATEAUX DES AKDES.
La section des Andes qui appartient aux provinces de Mendoza et de San-Juan n'a que des plateaux relativement étroits, c'est-à-dire de 2 à 3 lieues de large et même moins. Leur forme est plus tourmentée, leurs ravins sont plus profonds, plus resserrés ; il en est de même de leurs gorges, quebradas, (On donne ce nom aux vallées de peu de largeur.) Les pics y sont plus nombreux et plus élevés. En somme, elles ont un aspect plus alpestre, si l'on peut se servir ici de cette expression.
La section qui fait partie des provinces de La Rioja, de Catamarca et de Saltii, est au contraire généralement aplatie , quoique sa hauteur ordinaire soit de 4,300 mètres, et forme des plateaux larges en moyenne de 20 lieues. On se figure difficilement trouver des plaines à de pareilles hauteurs. C'est cependant ce qui a lieu. Après avoir gnivi pendant trois ou quatre jours les pentes qui mènent graduellemeiît à ces plateaux, on arrive au pied du dernier sommet, ce que dans le pays on nomme pié de la Cordillet^a^ car la Cordillère proprement dite est l'arête centrale de la chaîne des Andes. Une pente assez roide, mais parmi des terres éboulées , permet de franchir ce dernier échelon, et l'on se trouve alors sur une sorte de plaine ondulée, d'une aridité absolue, accidentée de quelques collines basses, au flanc desquelles restent des plaques de neige. Le sol est recouvert de cailloux usés par les vents, les neiges et la grêle, mais nullement par les eaux. Les collines ont eu général un aspect terreux ; d'espace en espace quelques roches porphyriques, quelques gros blocs de grès percent le sol ou restent suspendus au flanc de ces tristes coteaux. Vers le milieu du plateau le terrain est quelquefois si plat, que le phénomène du mirage s'y fait voir comme dans la Pampa ; nous en avons été témoins nous-même. Ce plateau a {Pourtant quelques points culminants, une série de hauteurs qui s'échelonnent dans la direction ordinaire du sud au nord , et de plus des nevados qui se dressent alors à 1,000 ou 1,200 mètres au-dessus du reste. Dans les parties plus basses , sortes de cirques à bords très-peu éle-