LES ANDES. — PASSAGE DE LOS PATOS
Dans ce parcours, il n'y a réellement de dangereux, lorsque le temps mauvais, que la route de la punta de las Vacas aux Ojos de Agua, ^st-àrdire un espace de 18 lieues, qui au besoin peut se franchir une journée. Cette cordillère est parfaitement praticable de noà avril, et quelquefois jusqu'en mai ; on la traverse alore le us facilement du monde; il n'y a à craindre qu'un peu de vent au lissage de la Cumbre (le col); et l'on n'en a même pas si Ton a soin de passer avant dix heures du matin, heure à laquelle il commence à ^5K^)uffler. Le courrier la parcourt toute Tannée, mais ne fait, Thiver, 'un voyage mensuel , et à pied. Lorsque le mauvais temps le surrend, il se réfugie dans les casuchas où il a soin de déposer quelvivres d'avance. Il ne va d'ailleurs que de Santa-Rosa h Uspallata. Paso de los Horcones. C'est la continuation de la vallée de las lucvas, que l'on remonte jusqu'à la source du torrent de ce nom. Le ol qui est un peu plus élevé que celui de la Cumbre, mène pri^s du ac de rinca. Cette route était autrefois suivie par les contrebandière, comme il y a quelques pâturages, on y fait encore passer du bé- "^ail. En effet, le paso de la Cumbre n'offre guère de ressources pour les troupeaux de bestiaux; il y passe tant de mules et chevaux, que le peu ^'herbe qui y croît est bientôt consommé. C'est aussi pour cela <pi'on choisit également le paso de laDehesa de temps à autre. Quant au commerce, il ne suit d'autre voie que celle de la Ciunbre, et la douane d'Uspallata est la seule par laquelle tout doive passer.
Paso de los Patos. Ce passage fait communiquer la ville de San- Juan avec Valparaiso, mais le commerce de cette ville le suit peu ; on préfère gagner la vallée d'Uspallata, qui est à 30 lieues de San-Juan, par celle de Zonda , et suivre le passage de la Cumbre. Le chemin de los Patos, beaucoup moins aride que le précédent, sert surtout à l'introduction du bétail. Le plus grand inconvénient est le passage de la rivière , quelquefois très-grossie par les neiges , et qui aurait grandement besoin d'un pont. De San-Juan à Vidparaîsf),par cette voie, il y a 128 lieues; par la Cumbre, il y en a 130; la différence est donc insignifiante.
La route se dirige à l'ouest de la ville par la vallée de Zonda; elle gravit la sierra du Tentai^ qui a la hauteur de celle des Paramillos, i^descend par la quebrada de la Cortadera^ au Rio-de-los-Patos qu'elle franchit; puis remontant cette vallée du nord au sud, elle gravit la Cordillère , dite de los Manaiitiales. Cette Cordillère est la crête orientale du plateaii des Andes qui commence déjà à s'élargn%
Une vallée avec une lagune, celle de los Patos, ainsi nommée à cause de la quantité de canards qui la fréquentent en été, occupe le fond de ce plateau extrêmement élevé ; le rebord occidental est la Cordillère del Cusco. On compte 8 lieues de chemin entre les deux crêtes. L'extrémité sud de cette haute vallée est fermée par le cône énorme du pic d'Aconcagua , couveil de neiges étemelles , dont Pissis évalue, comme nous l'avons vu, l'altitude à 6,894 mètres.
La descente du côté chilien est extrêmement rapide, puisque , au bout de 9 lieues de chemin , on rencontre les premières habitations au vallon de Los-Ochupallas'j on entre ensuite dans celui de Puiaendo^ en suivant le torrent de ce nom qui conduit à la ville de San- Felipe de Aconcagua, laquelle n'est plus qu'à 25 lieues de Valparaiso. Le voyage est de dix à douze jours pour une troupe chargée, de huit à neuf pour des voyageurs. C'est par le paso de los Patos que le général San-Martin, à la tête de l'armée argentine, descendit brusquement dans le Chili , au mois de janvier 1817, pour porter aide aux patriotes, et remporter quelques jours plus tard , le 1" février, la victoire de Chacabuco, qui fut un coup mortel pour la domination espagnole de ce côté des Andes.
La province de San-Juan a encorç plusieurs autres passages qui sont fréquentés par les voyageurs et les importateui's de bestiaux ; mais ses principales voies d'importation au sud sont par Uspallata, et au nord par la Cordillère de Copiapo, dont nous allons parler tout à l'heure.
Paso de Calingasta. Par la vallée de ce nom, qui est bien peuplée et bien cultivée. On suit le chemin de los Patos jusque après avoir passé la rivière au gué de la Cortadera^ et l'on entre ensuite directement à l'ouest dans la vallée de Calingasta.
Paso de Tocota. Analogue au précédent, mais un peu plus au nord. Il conduit aux vallées de Coquimbo.
Paso de la Lagtina ou Agua-Negra. Extrêmement élevé. M. Domeykole place par 30^*50' de latitude et lui donne .4,632 mètres audessus du niveau de la mer. On y pénètre en traversant le sud de l'aride et large vallée de Pismanta, laquelle court du sud au nord, entre le grand massif audin et la chaîne latérale de Gtialilan et à'Antecristo.
Pasos de Coconta et de Colangûe, Tous les deux font également communiquer la vallée de Pismanta avec Coquimbo.
Paso par la Cordillera de la Deidad.,Ce chemin, qui conduit à Coquimbo et à Huasco également, part de Jachal, passe par les hameaux
LES ANDES. •» PASSAGES DE LA CORDILLÈRE DE COPIAPO. 20â
A^ Aiigualasta^ les vallées del Cura^ franchit la Cordillère et s'arrête aux fermes chiliennes de Guante, C'est encore une distance de 1.20 lieues depuis Jachal.
Paso de dona Ana^ par la Cordillère de la Yerba-Buena. Selon 31. Domeiko ce passage est par 29"36' , et a 4,448 mètres d'altitude. Ml conduit du bourg de Jachal au port de Huasco par les vallées du .^io-de-Valtenar. Le chemin va de la ville de San-Juan à Jachal, en traversant la vallée déserte et sans eau de ce nom ; de Jachal on se «dirige sur San-Guillenno, où il y avait jadis une estancia qui pa- ^M:a\i avoir été abandonnée à cause de la rigueur du climat. A ce 3lpoint la route se divise en deux : celle de l'ouest, qui va au Portejsuelo de dona Ana; celle du nord, qui conduit à Copiapo en passant 3par les plateaux du Rio-Blanco elle porteztielo Come-Caballo.
Tous ces passages servent principalement à l'introduction des bestiaux et surtout des mules et chevaux dont il se fait un grand com- Tmerce avec le Chili. Les voyageurs les fréquentent également.
Mais la principale communication du nord du Chili avec la Confédération argentine se fait par la vallée de Copiapo, et par les passages très-rapprochés de Pulido et Pircas-Ncgras qui donnent accès sur le grand plateau de la Cordillère, et d'où l'on se dirige ensuite, soit sur San-Jûan, soit sur la Rioja, soit sur Catamarca.
Cordillère de Copiapo et pasos de Pircas-Negras^ Pulido, Corne- Caballo :
La vallée de Copiapo compte en longueur une cinquantaine de lieues, depuis le port de la Caldera sur l'océan Pacifique jusqu'à l'estancia de Las-Juntas, où se réunissent les trois torrents de Man/las, Pulido et Jorquera pour former la petite rivière qui lui donne la vie. Ces trois cours d'eau sont malheureusement peu abondants; en effet les plateaux des Andes qui leur donnent naissance sont éminemment secs, et les neiges qu'ils conservent une partie de l'année s'évaporent plutôt qu'elles ne fondent. Aussi un tiers seulement de la vallée peut être cultivé. L'eau de la rivière de Copiapo n'arrive jamais à la mer et disparaît dans les pâturages à 2 lieues à l'ouest de la ville. Un chemin •de fer mène maintenant de la Caldera à Pabellon^ sur une longueur de 27 lieues; ce railway sert principalement au transport du minerai de cuivre, ainsi que des nombreux habitants et ouvriers du district minéral de Chanarello si remarquable par ses mines d'ai^ent. C'est donc à Pabellon que commence réellement le voyage de la cordillère de Copiapo.
Do Pabellon à Amolanes où cessent les cultures, sur une étendue de 12 lieues, la route est lionne et le pays très-peuplé. De ce point on arrive à TesUmcia de las Juntas où deux voies se présentent : Tune plus courte, mais plus âpre et plus difficile, qui mène directement en deux jours au pied du Paso-de-Pulido, par las Juntas^l- Potrero et las-JUamadas ; l'autre qui exige trois jours de marche, mais qui est beaucoup moins roide et où en quelques endroits la montée est à peine sensible. C'est même cette conformation du chemin qui a fait dire à beaucoup de gens que la cordillère de Copiapo était plus basse que celle de Mendoza, tandis qu'en réalité elle a 5 à 600 mètres de plus en hauteur. Le chemin par Testiincia de Jorquera, la Gitardianie-CastahOy las-Juntas-de-Cachito et le Pefuisco-de- Dieyo^ est de 36 lieues; il est abondant en eau, bois et pâturages , extrêmement facile , et n'a que quelques mauvais pas trèscourts.
Après les Juntas de Cachito, d'où, vers le sud-est, se détache mi sentier qui aboutit au pied du cerro Pulido, et que suivent quelques caravanes, on pénètre dans une vallée très-plate, celle de losPiuçuetics^ bordée de collines d'une médiocre hauteur, mais dont le fond est formé pai* la masse de la Cordillère proprement dite , laquelle se compose de buttes terreuses, jaunes, entassées les unes sur les? autres et tachetées de quelques plaques de neige. Le paysage n'a rien de grand ni de pittoresque ; la vallée est couverte d'un gazon coiut qui croît au milieu d'efflorescences salines d'une éblouissante blancheur. Une grosse roche formée d'un conglomérat rougeâtre, nommé Peflasco-de-Diego, signale un lieu de halte où l'on a l'habitude de s'arrêter.
Les murs en pierres sèches, grossièrement construits, qui l'entourent, témoignent du passage des nombreux voyageiu^s qui y ont cherché un abri. De ce point, on voit au sud un gros morne pyramidal extrêmement élevé, mais sans neige et que la désagrégation extérieure de ses roches recouvre d'une couche si épaisse de menus débris, qu'il parait parfaitement poli, d'où son nom de Pulido. Un bon chemin conduit au sud de ce mont, et se rejoint au sentier plus coui*t qui vient de las Juntas et que nous avons déjà indiqué. Les deux routes réunies montent la Cuesta-del-Obispo^ qui est la première ligue de la Cordillère, puis plus loin franchissent le col, dit Corne- Caballo (ndne-cheval) qui, selon Domeyko, est par 29*" 30' et a 4,336 mètres d'altitude.
 ce point, on est sur le grand plateau des Andes. Si Ton veut ga-