LES ANDES. — PASSAGES DE LA CORDILLÈRE DE COPIAPO
er Vinchina et la province de la Rioja, on le travei^e presque direcment de Fonest à l'est, en passant successivement le Rio-Blanco et le -JHo-Carnerito qui vienneutdu nord, et vontformerlarivière de Jachal. Loi'sque le temps est beau , les voyageurs qui vont à Vinchina assent au sud de la Lagtnia-brava^ et descendent, du plateau par le hemin du Penon^ qui est fort roide, mais plus court, et qui mène ^ansla vallée du Jagûe; cependant on choisit ordinairement la descente du Leoncito, qui est plus au sud, en passant par \eportezueio de los Pastos Amarillos^ Irrs Salinas, et la quebrada del Leoncito^ beaucoup moins roide et moins balayée par le vent que celle du Peilon. Elle rejoint le même chemin, un peu plus bas, 4 lieues avant le village du Jagfie, lequel est lui-même à 8 lieues de Vinchina.
Pour aller de Copiapo à la province da San^Juan, on monte également au plateau andin par les sentiers que nous venons d'indiquer, et Ton suit le chemin de la Rioja jusqu'à une petite quebrada, nommée Cueva del Pasto largo^ où il y a des roches sous lesquelles on peut s'abriter, du fourrage pour les animaux et un peu de bois. De ce point la route se dirige au sud par la descente de Pastos-Ama- Hllos^ et gagne les vallées de Santa-Rosa et de San-Giiillermo, puis iestancia de Pamaliman^ les villages AWngualasta, du Rodeo^^ei le reste de la vallée de Pismanta. Par ce chemin, la distance de Copiapo à San-Juan est encore de 200 lieues; elle n'est que de ioO lieues en- >rîron, si Ton va seulement à Jachal. Cette voie est extrêmement fréquentée dans Tété, car la population de la province de San-Juan, laborieuse et intelligente , entretient un grand commerce avec Copiapo, et ses muletiers ont la réputation d'être les meilleurs de toute la Cordillère.
I^ vallée de Vinchina ressemble beaucoup à celle d'Uspallata, et comme elle, se dirige du nord au sud; mais elle est plus peuplée, et fîonséquemment mieux cultivée, grâce aux eaux abondantes que lui fournit le Rio-Vermejo, lequel descend du nevado del Potro^ et par- 450iirt toute la haute vallée du Jagt\e. Le bureau de douanes est à Vinchina, qui n'est encore qu'un hameau, mais dont l'importance augmente tous les jours.
Par las Ramadas, Pulido, Come-Caballo, l'Alto de Pucha-Pucha et le Peik)n, on peut arriver à Vinchina en six jours, mais il faut être très-bien monté ; on en met ordinairement huit à neuf en passant par Jorquera, Pircas-Negras et la descente de Leoncito, pour «voir un meilleiu* chemin. De Vinchina, pour gagner le bourg é^ Famatina, point commercial le plus important de la province, il
faut franchir le prolongement de la sieiTa de ce nom pai* le col de Sanoffasta^ qui est îoriéleyéj mais étroit, et n'offre point de danger.
La route qui mène à la province de Catamarca traverse ces mêmes plateaux, mais un peu plus au nord.
Du Penasco-de-Diego , on s'engage dans une quebrada fort mauvaise, celle de Pircas-Negras, qui passe à l'est du cerro de Pulido. La montée de la Cordillère commence à 2 lieues de là ; elle n'a pas plus de 313 mètres, et se fait au milieu de débris terreux dont l'ascension ne présente aucune espèce de difficultés. Au sommet s'étend le plateau, d'abord très-ondulé et dont le rebord occidental, limite entre le Chili et la Confédération, nous a donné une altitude de 4,140 mètres. Partout des collines surbaissées, d'un aspect terreux, une vue rétrécie par des mornes désolés. Divers sentiers croisent ce plateau semé de débris usés par les intempéries, et dont en quelques endroits la couleur verte simule une végétation absente. Quelques croix de bois surmontent les tombes de voyageurs qui ont succombé là , les uns au froid, les autres frappés de la foudre. On se hâte de traverser, au pas allongé des mules, ces lieux sinistres. Un peu plus loin, une soile d'entonnoir renferme une petite lagune aux eaux sulfureuses, qui déposent des efflore&cences jaunâtres sur ses bords. Les roches voisines n'ont pourtant rien de volcanique et sont, comme presque pai'tout sur ce plateau, des porphyres de couleurs diverses.
Le point culminant du plateau est encore à 6 lieues au delà de la linea propi^ment dite, c'est-à-dire de la ligne de la Cordillère qui fait la limite argentine. On y arrive après avoir passé le Rio-Blanco, remarquable par sa vallée couverte de carbonate de soude, eila quebrada de Barrancas-Blancas^ ainsi nommée des roches de grès blanchâtre, creusées de quelques cavités naturelles, qui s'y rencontrent. Ce point est au portezuelo de Batrancas-Blaticas^ colline sur le penchant de laquelle on passe et dont l'altitude absolue est de 4,462 mètres. De ce morne on embrasse tout le plateau de la Cordillère, avec deux grands nevados, le Potro et le Bonete^ au nord, qui s'élèvent d'un millier de mètres au-dessus du reste, et dont les grandes roches noires sont striées de neige depuis le pied jusqu'au sommet. A partir de ce portezuelo^ ce n'est plus qu'une plaine pierreuse à peine ondulée, formant quelques sillons longitudinaux, et où le mirage apparaît comme dans la Pampa. Aussi appelle-t-on ces plaines les Pampas de la Cordillère. Le sol est partout pierreux, et dans beaucoup d'en-