LES ANDES. - PASSAGES DE LA (CORDILLÈRE COPIAPO
droits, recouverts de débris de roches porphyriques rouges, dont la couleuréclataute forme de loin de larges taches. — La sécheresse de cette région est au-dessus de tout ce que Ton peut imaginer. — La Laguna-Brava, lac de 3 lieues de long sur 2 de lai'ge, montre plus loin, dans un pli de terrain, ses eaux dont le sel se dépose sur les bords en couches blanches comme la neige ; elle est gelée une partie de Tannée. Une quebrada de l'aspect le plus lugubre et semée de squelettes d'animaux, celle de Mulas-Muertas^ la sépare d'un autrqlac de même nature, de forme longitudinale, mais moins grand, nommé également laguna de Mulas-Mnertm. C(4t(î quebrada offre cependant un peu de fourrage et de llareta^ le combustible de la Cordillère ; les nombreuses petites murailles en pierre sèche qu'on y trouve attestent que c'est un bivouac fréquenté. — Le rebord oriental de la (Cordillère est à 2 lieues plus loin au pprtezuelo ou col de la Estanzuela^ où la descente commence. Des collines de sable parfaitement blanc, situées à cette hauteur, témoignent des changements profonds qu'y a éprouvés le sol.
De ce rebord oriental k la ligne Ai\ Pircas-Negras, il n'y a pas moins de 23 lieues; c'est la largeur entière du plateau des Andes sous le 28' deffré.
La descente rapide, mais très-praticable, se fait par une quebrada sans eau, qui mène à un joli ruisseau appelé Avroyo del Loro^ dans une petite vallée .très-élevée encore , mais où le bois abonde ainsi que le fourrage pour les animaux de charge. I^aspect de la verdure repose un peu la vue de l'effroyable aridité des hautes régions que l'on vient de traverser pendant deux jours. A cet endroit on n'est cependant point encore sorti du grand massif des Andes ; il faut franchir la ligne du Machaco , chaîne relativement étroite , parallèle au plateau central et aussi élevée que lui. O n'est que de l'autre côté de cotte chaîne que la descente commence réellement, et qu'une autre journée de marche vous mène au joli cirqut^ boisé de la Cienega- Hedonda , où l'on regrette de ne pas voir d'habitants , car peu d'endroits seraient plus favorables pour, une estiuicia.
Une dernière ligne de montiignes resUî à franchir encore pour arriver aux vallées de la province de Catamarca; c'est le cordon de la Troya , exclusivement composé de grès roug(\s, et qu'on est forcé de traverser en marchant const^imment dans le lit du torrent, peu rapide d'ailleurs, qui s'est ouvert passage à travers cette muraille. Les détours sont tels qu'il n'y a pas moins de 58 fois à passer le ruisseau dans l'espace de 3 lieues. Oî nom de Troya est appliqué à-toutes les
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