‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 51 sur 193 · ROUTE DES INCAS · texte numérisé non relu

ROUTE DES INCAS

On parle d'un ancien chemin construit du temps des derniers incas souverains du Pérou, et qu'aurait commencé Yupanqui, dixième inca, conquérant d'une partie du Chili (1). Nous n'en avons

(1) Yupanqui , sur la réputatioD quVait TancieD Chili d*étre riche en agriculture et en population, en tenta la conquête. A la tête de 60,000 hommes il essaya de traverser le désert en suivant la côte ; mais, effrayé de son aridité, il dut s'arrêter à la vallée d'Atacama, et de là détacha sou général Sinchicuraà la tête d'une division de 10,000 hommes, pour mener à hien cette entreprise. Siichicura traversa avec d'immenses fatigues le désert d*Atac«ma et

LES ANDES. — MOYENS DE TRANSPORTS. îl5

reconnu aucune trace dans la cordillère de Copiapo que nous avons traversée ; mais il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une pareille route pour des piétons et des llamas ait été tracée ; elle n'offmit réellement aucune difficulté pour des gens à qui le plus simple sentier suffit, qui sont d'une résistance extraordinaire aux intempéries et fort peu exigeants en fait de nourriture. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en divers endroits des Andes on trouve des ruines, fort grossières sans doute, mais assez étendues, qui prouvent qu'il y a eu la une certaine population stîitionnée au moins quelque temps. Ainsi, dans la cordillère de Mendoza, les tambiUitos^ dans une p(»tite plaine à l'est de la punta de his Vacas, sont une réunion d'anciennes murailles en pierres sèches construites d'inie façon régulière, comme s'il y avait eu là une petite ville. En d'autres endroits de la Cordillère, et même près de la limite des neiges perpétuelles, on trouve de semblables constructions. Peut-être ces ruines sont-elles des débris des anciennes postes et des magasins que l'administration des incas avait eU soin de faire construire sur les routes. Tout cela était probabliMuent prossier et imparfait, mais enfin c'éUiit quelque chose, tiuidis qu'aujourd'hui il n'y a rien.

TROLPES DE MULES.

Les Andes ne se peuvent franchir qu'à l'aide de mulets. Ces précieux animaux, si peu difficiles pour la nourriture, si résistants à la fatigue, font des marches incroyables avec des charges de 150 à 170 kilogrammes. Ils se tirent des provinces argentines ; on les fait hiverner dans les champs de luzerne (potreros de îilfîdfa) que l'on

itteigiiit la va]l(*e de Copiapo, où, lualgir la résistance des indigènes, il se cantonna, refit son armée et pénétra ensuite jusqu'au Maule (35** 30'), où la résifitance des Indiens Proniaucas l'arrêta. Il revint alors sur ses pas, et se contenta de rendre tributaire tout le nord du (^hili. Ce serait lui qui à son retour aurait commencé la route des Andes, laquelle fut terminée et entretenue par les successeurs de Yupaiiqui, pour mainlenir leurs communicati(ms avec leur nouveltfî conquête. H parait que ce Ttil ce chemin que prit Alniagro lors de s(m expédition ao Chili» en 1535, et où il lut arrêté par les mêmes Promaucas devant lesquels s'étaient brilés les efforts de Sinchicura. Almagro revint au Pérou, où il succomba dans sa lutte contre Pizarrc. Valdivia , lieuleuiuil du conquérant du Pérou, obtint de lui la ))ennission de recommencer Tentreprise d'Almagro et organisa à (^.usro son expédition. Ce fut avec 160 Espagnols de rfaoîx et quelques Indiens amis que ce hardi capitaine commença sa marche, en traversant tout le plateau bolivien depuis Cusco jusqu'à Cxjpiapo, où il s'arrêta pour réorganiser sa petite armée horriblement fatiguée par les misères pb) siquesd'un pareil chemin. Cette route, eu effet, comptait 500 Ueues depuis l'ancienne capitale des incas juscpi'au Maule. 11 parait que Valdivia suivit une route autre que celle de Sinchicura et d'Almagro; mais on peut se figurer ce qu'il eut à aouffirir et quelle force de résistance aTaient les hommes de fer qui l'accompagnaient.

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cultive en gi*aiid sur la lisière des Andes , et pendant la saison favorable on leur fait faire deux ou trois voyages, selon les distances. Une troupe se compose de 30 à 40 animaux chargés, jamais plus, car alore elle deviendrait trop difficile à conduire. En outre, il y a un-^ tiers en sus de bêtes de rechange. On emploie deux muletiers chefs [capataces) comme directeurs de la troupe, et un peon^ ou conducteur, pour 8 mules ; un aide pour quatre peones, afin de leur donner la main au besoin, et généralement un enfant qui conduit la jument chef de file (madriila) qui, une clochette au cou, marche en avant, et que toutes les mules suivent d'instinct. Inutile de dire que tous ces hommes sont montés et portent avec eux les vivres nécessaires pour un voyage qui n'est jamais moindre de 80 lieues, et qui va quelquefois jusqu'à 200 et plus. Les troupes , ainsi chargées, font en moyenne dix lieues par jour, quelquefois plus lorequ'il faut arriver à une halte obligée, c'est-à-dire à un endroit où l'on trouve de l'eau, du bois et du pâturage,

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