‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 7 sur 193 · MERS. G · texte numérisé non relu

MERS. G

rivière jusqu'au détroit de Magellan , eominencent les rivages de la Patagoiiie, sur lesquels aucun établissement solide n'a pu encore se maintenir, malgré les tentatives faites par TEspagne à différentes époques. Ce sont, toutefois, les découvertes des marins espagnols et leurs essais de colonisation qui ont constitué pour la Couronne de Castille le droit que revendiquent ses héritiers.

Cette vaste étendue de côtes , sur une longueur de près de 400 lieues marines, est tantôt et le plus souvent coupée à pic, tantôt basse et sablonneuse. Elle présente très-peu de ports et seulement quelques Iles de faible étendue. Un certiiin nombre de petites rivières viennent s'y jeter, et quelques lagunes, communiquant avec la mer par un étroit canal, offrent des anses intérieures accessibles à de petits bâtiments ; telles si)nt : la nuir Chiquita^ la laguna de los Padres^ etc., sur les côtes orientales de Buenos- Ayres. La bahia Blanca (la baie Blanche), reçoit le petit Rio-Naposta dont l'embouchure est abordable aux navires.

Plus bas, on rencontre les bouches du Colorado et du Negro qui sont également accessibles ; mais ces deux rivières ont des barres dangereuses. Celle de la grande rivière de Sîmta-Cruz dans la Patagonie (par 50® 5'), que Texpédition Fitzroy a remontt^e l'espace de 245 milles, est plus large et plus profonde que toutes les précédentes. Sa source paraît provenir du vei*sant occidental de la cordillère Patagonique.

Au dessous de l'embouchure du Rio-Negro, s'ouvre le grand golfe de San-Mathias, dit aussi la baie Sans-Fond et golfe de Saint- Antoine, reconnu par D. Juan de la Piedra, en 1779. A son extrémité sud, par 42" 13', se trouve le beau port de San-Jose où ce navigateur construisit un fort abandonné depuis. Plus au sud, s'offrent la baie de Saint-George ^ reconnue par les marins anglais, et quelques autres ports, tels que ceux de Saùite^Hélèneet de San-Gre-gorio vus par D. Antonio Viedma, mais qui , faute d'eau douce et de bois dans les environs, ne sont pas d'une utilité actuelle.

Le port Désiré ^ipsv 47° 45', présente plus de facilités pour une installation. Viedma y fit hiverner son monde en 1780; cependant l'année suivante il le mena plus au sud, au port Saint-Julien (49^ 13'), qui offrait beaucoup plus d'avantages par l'abondance des eaux et du bois et par les pâturages qu'on trouve aux environs. La rigueur du climat contraria ces premiers colons et l'établissement fut abandonné par ordre du vice-roi de Buénos-Ayres en 1783. A part les anses désignées plus haut, toute la côte est abrupte, et la mer

poussée par les vents du sud-est, qui sont constants dans ces parages, y bat toujours avec furie.

Au sud du port et de la rivière de Santa-Cruz, on rencontre le port de los. GalleffoSj inhabité comme tous les autres, puis les caps des Vierges et du Saint-Esprit qui signalent l'entrée du détroit de Magellan.

Dans ce détroit, plus à l'ouest, par 53** 37' et 71** 46', se trouve le port Famine où l'Espagne fonda un établissement au seizième siècle. Quoique le pays soit boisé et la terre fertile, l'eau douce abondante, cette colonie mal composée, mal pourvue de vivres, mourut de faim presque tout entière , d'où le nom de mauvais augure donné à ce havre qui offre pourtant un excellent mouillage et tous les éléments nécessaires pour une bonne colonie (1) .

A l'extrémité ouest du détroit dans la partie orientale de la péninsule de Brunswick, non loin du port Famine, les Chiliens ont fondé la colonie pénitentiaire de Punta-Arenas ou Magallanes^ qui est encore occupée aujourd'hui (2). Cet endroit est dénommé Sandy-Point par les navigateurs anglais.

(1) Le cap Hom ne fut découvert qu'en 1616 par le Hollandais Guillaume Schouten, qui lui donna le nom de sa ville natale. Les communications de TEspagne, avec les côtes du Pérou et du Chili, se faisaient donc p^r le détroit de Magellan. Philippe H projeta d*y établir des colonies qui pussent servir de points de ravitaillement aux. navires espagnols fatigués de la longue traversée de T Atlantique. L*amiral Valdez partit en conséquence du Pérou avec une escadre de vingt-trois navires munis de toutes les ressources nécessaires à un établissement de ce genre; mais, accueilli par d'affreuses tempêtes , il ramena au Callao les navires qu'il avait pu sauver, et Tun de ses ofGciers, Sarmiento, arriva seul au point fixé pour la colonie et s'y établit. C'était la baie désignée plus tard sous le nom de port Famine. Ne recevant pas de secours, les colons tombèrent dans une misère effroyable; le scorbut et la faim les décimèrent. Sarmiento, désespéré, fit voile pour l'Espagne à bord d'un petit navire avec vingt-cinq hommes des plus valides. Rencontré par l'anglais Raleig , il fut capturé et mené en Angleterre où il mourut. Un autre Anglais, Thomas Candish, relâchant au port Famine, en 1587, y trouva quelques Espagnols qui vivaient encore et sauva ces mallieureux. Depuis aucune nouvelle tentative d'établissement n'a été faite sur ce point important.

(2) La colonie chilienne de Magallanes a été fondée en 1853. Mais le terrain qu'elle occupe a été revendiqué par le gouvernement de la province de Buéuos-Ajrres comme sien, attendu qu'il se trouverait sur le versant oriental des Andes ; c'est surtout la raison qu'on a fait valoir. On pourrait, il est vrai, répondre que ce n*est pas sur le versant oiiental, mais bien à l'extrémité, qu'est situé cet établissement. Le Chili n'a pas tenu compte de cette protestation qui provenait d'une province dissidente et non du gouvernement fédéral. La position peut devenir avantageuse, lorsque le développement de la navigation à vapeur transatlantique aura multiplié le nombre des bâtiments qui passent par le détroit. Cependant, jusqu'à présent, cette colonie n'a coûté au Chili que des embarras. Il y a eu plusieurs révoltes parmi les déportés, et, même pour les agents du gouvernement qui y s ont envoyés, ce lieu est regardé comme une sorte d'exil.

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