‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 73 sur 193 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

M^sopolnmle Arcenliiip. — RAflflon du Ijltfornl.

§1". — Rires de F Uruguay,

Le terrain de la Bande orientale qui borde la Platii appartient îuix formations primitives et métamorphiques. C'est généralement un terrain de gneiss et de micaschiste, traversé par des veines de quartz compacte. D*Orbigny reconnaît, dans l'ossature du sol de Montevideo, des gneiss remplis de lames de mica noiret quelquefois de tourmaline. M. DarA^in, en examinant les environs de ^lontevideo, c(»ux de Maldonado , les petites sierras Larga et de las Animas dans le voisinage de cette dernière ville, a trouvé partout du gneiss , des schistes entremêlés de bancs de marbre, et qui contiennent de Tamphibole, du mica et de Tas-

boste. — Le docteur Liaiitaud considère le cerro de Montevideo comme composé principalement d'amphibolite columnaire et schistoïde, de diorites et de gneiss. Ces formations se retronvent dans presque tontes les collines qni bordent la rive gauche de la Plata et le bas Uruguay jusqu'à Fray-Bentos. Il paraît cependant qu'elles présentent des calcaires saccharoldes, car nous avons vu des échantillons de trèsbeaux marbres qui provenaient, nous assurait-on, des départements de Soriano et de Mercedes. Nous n'avons pas rencontré dans la partie du fleuve Uruguay qui touche à ces départements, le tuf calcaire argilifère très-compacte qui forme ces espèces de roches dites toscas. si abondantes sur les rives de la Plata, soit dans les environs de Mon* tevideo, soit dans ceux de Buenos- Ayres, et que Ton retrouve même au pied des berges du bas Parana.

Quant à la rive droite de l'Uruguay, depuis tiualeguaychu, qui est presque en face de Fray-Bentos, jusqu'à la jonction des bras les plus septentrionaux du Parana, elle est très-bîisse et ne montre que des sables et des terres d'alluvion évidemment très-modernes; les légères ondidations de terrain qui sont un peu plus à l'ouest n'offrent aucune roche , et sont recouvertes d'une épaisse couche d'humus avec un sous-sol argileux assez meuble et semé, comme le sol de la Bande orientale , de très-petits noyaux calcaires. Ce terrain paralf identique avec celui que d'Orbigny a nommé terrain pampéen et dont nous parlerons en son lieu.

En approchant de Gualeguaychu et dans cette ville môme , ou trouve le grès en couches assez puissiuiti^s, mais non continuées. I^es couches les plus superficielles s^iut, eu certiiins endroits, recouvertes des mêmes cailloux siliceux que Ton retrouve dans le fleuve Uruguay ; ces cailloux adhèrent intimement à la roche sous-jaceute, soudés qu'ils sont par un même ciment de grès extrêmement résisUuit. A Gualeguaychu les puits creusés à 8 ou 10 mètres travei-sent une épaisse couche de terreau, puis des couches sablonneuses dont quelques-unes offrent des azara en quantités considérables accumulées sur certains points. Cette coquille appartient à une espèce qui vit encore à l'entrée de la Plata {Azara labiata^ d'Orb.). En approchant de la ville de la Conception de l'Uruguay [Arroyo de la Chvui)^ la roche perce le sol en divei's endroits ; c'est un calcaire à gros gi^ains, renfermant un peu d'oxyde de fer; le grès s'y trouve également, mais sous le calcaire qui parait n'être là qu'accidentel.

Si maintenant h la Conception on creuse des puits profonds d'une quinzaine de mètres, on rencontre après le sous-sol, qui est argileux

RIVES DE l/URUGl'AY. 256

mais peu compacte, une couche calcaire, tantôt rocheuse, tintAt granuleuse et peu liée, une véritable marne, puis une argile jaunâtre renfermant beaucoup de cailloux roulés, sous laquelle vient Teau à une profondeur variant de 10 à 15 mètres. Au bord du fleuve môme, il existe de nombreuses roches également calcaires, mais d'im calc^iire très-mélé d'argile; aussi sont-elles tout à fait impropres à faire de la chaux. Ce n'est que cinq lieues plus loin, à la calera de Espiur^ cjue la roche est assez pure pour permettre une 'exploitation utile. A l'ouest delà Conception, sur le chemin de San-José, estancia du gé- Yiéral Urquiza, nous avons trouvé dans un petit ravin, sous la couche ^'humus, un dépôt calcaire très-exploitable.

La rive opposée de l'Uruguay, près de Paysandu, offre» à très-peu cie chose près la même structure que celle de la Conception. Opendant le terrain y est beaucoup phis ondulé que dans TEntre-Rios. Le calcaire y abonde également, comme vers l'autre rive, superposé au grès. 4)elui-ci est d'un grain beaucoup plus fin que dansTEutn^Rios et affecte la forme stratifiée, ainsi qu'on peut le voir au saladero de Brian, sur la rive même du fleuve, trois lieu(»s au-dessous de Paysandu, et à l'Arroyo de Sagra, tout proche de cette ville. De ces deux points on tire ^'excellentes pierres ài aiguiser et des dalles très-dun»s et très-belles. Au rio de San-Francisco, le calcaire domine et est utilement exploité; puis le grès reparaît et borde la rive orientale jusqu'à l'Hervidero. Là se termine, par la colline i^scarpée dite Mesa de Artùjas^ une chaîne de hauteurs ((^.uchillas) qui vient de l'est. Ce morne est stratifié, et sa cime forme un plateau qu'on dirait taillé de main d'homme; nous ne l'avons pas gravi, mais d'après l'inspection des roches environnantes, tout nous porte à croire qu'il est composé de grèscomme le reste. Il paraît qu'il existe dans les environs des tmpps d'origine volcanique, trapps qui se retrouvent sur différents points des rives de l'Uniguay jusqu'au Mocoreta. C'est du moins ce que nous affirme M. Bravard qui a étudié spéc^ialement ces localités dans leconrs de l'année 1858. Nous verrons tout à l'heuiv que les roches d'origine ignée, quoiqu'il n'existe ni montagne ni cratère ignivome dans les environs, à des centaines de lieues de distance, se retrouvent encore en divei*ses localités voisines du Rio-Uruguay.

La rive de l'Entre-Rios, depuis la cal(»ra (four à chaux) d'Espiur jusqu'à la calera de Barquin^ offre la même composition dans ses roches qu'auprès de la Conception : partout le grès l'emporte sur le calcaire. A partir de ce dernier point, où il y a un bon four à chaux en activité, ce même cîdcjiire ne se présente plus qu'à de

2fcO CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOL.

larges iiiten ailes, aussi bien sur une rive que sur Tautre. Partout le grès domine presque exclusivement jusqu'àlaConcordia, au Sait et au delà.

Cette région de rUruguay offre , au point de vue minéralogique, un phénomène très-remarquable : c'est Taboudance des quartz cristallisés qui figurent aujourd'hui dans toutes les collections et qui offrent de si beaux cristaux d'améthystes , des agates , des calcédoines, des cornalines de si brillant aspect. Ces magnifiques cristallisations, beaucoup plus abondantes sur la rive orientale que sur celle de l'Entre-llios, se trouvent ordinairement au milieu du terrain détritique qui compose les berges de quelques ruisseaux et ravins; on les en extrailen creusant un peu le sol. D'autres cristallisations, en cailloux, en boules d'aspect noirâtre, offrent, lorsqu'on les brise , de superi^es géodes disposées en couches concentriques. Les gens du pays affirment que ces boules font parfois explosion d'elles-mêmes comme une bombe. C'est aussi dans ces mêmes endroits que se trouvent des troncs d'arbre complètement silicifiés , bien qu'ils conser\ent un aspect parfaitement naturel. Ces débris sont disséminés sur le sol et n'affectent aucune forme groupée. Les terrains des environs sont principalement composés de cailloux roulés. Dans les ruisseaux il se réunit journellement des dépôts de sables, lesquels, liés par un ciment siliceux rempli d'une assez grande quantité de fer, forment à la longue des conglomérats, des poudingues très-dui's qui enveloppent les cailloux roulés du voisinage.

Les bas-fonds rocheux de l'Uruguay commencent à l'Hervidero, puis ils se retrouvent de nouveau aux Corralitos, près de la Concordia, au Salto-Cihico, au-dessus de la ville du Salto, et se continuent vers le nord. Ces roches sont de la même nature que les précédentes, tantôt calcaires, tantôt siliceuses, c'est-à-dire de grès. Il parait qu'en certains points il y a également de ces trapps ignés dont nous venons de parler et que quelques-unes des cachoeiras (rapides) du fleuve sont dues à leur présence.

Quant au lit de l'Uruguay, il renferme peu de sable dans cette partie, mais des cailloux roulés très-petits, et qui se composent principaknnent de formations quarzeuses cristidlines très-abondantes : cristal de roche usé et arrondi sur ses bords, mais transparent , cornalines d'un rouge éclatant, agates irisées, etc. On peut faire, dans ces galets, des collections fort remarquables au point de vue de la couleur i:\ du brillant. Les lies, peu nombreuses, ont une môme base rocheuse que les rives.

Au salto même de l'Uruguay, les roches de droite sont d'un cal-

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