RIVES DE L'URUGUAY
ci\m} argileux, tandis que le gi'ès abonde à gauche. Les ondula-
tiiMis voisines sont, des deux parts, formées de siible et de cailloux
roulés que recouvre une couche phis ou moins épaisse de terre végé-
f «lie. Le sable domine sur la rive droite; en effet, depuis la calera de
#i«rquin, le sol en est exclusivement composé. La grande foret de pal-
I rk iers Yataïs qui borde cette rive, sur une étendue de 20 lieues, depuis
l^ ^rroi/o de -Po5joo5, jusque près du bourg de la Fédération, croît et
E>ï^spère dans ce terrain qui se continue durant trois degrés et demi
c*'»::! latitude, jusqu'à la colline de la Cruz et à Tembouchure de
l"* -Aguapey où le sol change, par 29"* 30'.
Jusqu'à ce môme point, en face de la Cruz, la rive orientale, sauf
* s rares veines de roches ignées que nous venons de signaler, n'offre
18 des grès plus ou moins grossiers^ entremêlés çà et là de quelques
caires analogues à ceux de l'autre bord , et qui sont exploités
de l'embouchure de l'Arapey. Il y a même à noter que la rive
xnentale devient plus calcaire que l'occidentale , jusque par le
^ "«T^vers de la Cruz. Mais là, des dcnix cùtés, le terrain change com-
étement, c'est-à-dire que la terre, au lieu de rester légère et sablon-
«iise, comme elle l'est généralement depuis l'embouchure de TUni-
ay, devient exclusivement composée d'une argile rouge, ainsi
^oréepar l'oxyde de fer, très-ré tractile, lourde, se desséchant très-
ite à l'air, et se réduisant beaucoup de son volume au bout de
^elque temps. Le calcaire disparaît dès lors entièrement, et est
placé par le grès quartzeux très-pur et très-fin qui abonde autour
"■Itaquy et sur la colline où cette petite ville est placée. Le lit profond
u Cambay^ niisseau qui forme son port, est creusé dans une haute
erge formée de cette même argile. M. d'Orbigny a compris ce sol
^uge et compacte dans son terrain t(Ttiaire guaranien.
Cette formation se retrouve jusqu'à San-Borja, où c'est toujours
u grès, mais en certaines parties superposé d'une roche rougeâtre
reuse , boursouflée, comme si elle avait subi l'action du feu.
butes les collines qui se continuent sur la rive orientale de TtT-
^^^guay, et sont couvertes d'épaisses forêts, ont probablement la
^Hême constitution géologique jusqu'à leur union avec la sierra do-
^rval, qui, d'après Sellow (!), est granitique, mais qui, vers le nord,
Ciffre des grès rouges carbonifères. Or , le grès de San-Borja est
i^)Uge, non comme celui d'Itaquy, qui est tout à fait pareil au grès
(t) Cité par M. de San-Leopoldo. Auaes da proviacia da Rio-Grande do Sul. — Pam,
fin et uni des Vosges , mais d'un grain beaucoup plus grossier et d'une couleur plus foncée (1).
Suivant le même naturaliste, la chaîne de montagnes peu élevées d'où naît l'Uruguay, et qui sépare la province de Sainte-Caiherine de celle de Rio-Grande, offrirait, au milieu des grès qui la composent, de nombreuses traces de basalte. Cette chaîne se dirige de J'est à l'ouest. — Celles, au contraire, qui vont du nord ay sud appartiennent au terrain de gneiss ; ^insi les cordons qui bordent les ^gunes de les Patos et Mirim sont primitifs et offrent des gneiss et des granités. — Les sierras do-Erval et do- Tape ^ qui limitaient jadis les territoires des Missions vers l'orient, sont composées de granités et de gneiss également primordiaux, alternant avec des micaschistes. Mais à Santa-Barbara^ on trouve des grès carbonifères, et à la sierra de Ctarrai" Alto ainsi qu'au C^to do Roque^ non loin de Porto-Alegre, où rencontre à la fois, suivant M. Vasconcellos (2)^ un trapp dioritique d'origine volcanique, des terrains plutoniens, tels que les syénites et es granités, puis des roches métamorphiques composées de gneiss, de mica schistes et de hyalomictes, enfin des argiles, des schistes et des gi'ès carbonifères. On voit combien tout ce système est mélangé.
Maintenant plus au sud, toujours suivant Sellow, à la Eticrusillada et à Casapava^ il y a encore des granités et des schistes qui supportent des couches de grès, des schistes chloritiques et talqueux, de la serpentine et des calcaires granuleux. Entre Casapava et San" Gabriel^ on trouve du porphyre de transition recouvert de grès carbonifère. Les vallées de cette partie de la province sont formées de terrain d'alluvion et d'une grande quantité d'argiles ; c'est sans doute le même limon pampéen que l'on trouve dans le sud de la Bande orientale de l'Uruguay.
Ce grand développement du basalte et du calcaire de transition serait, suivant ce naturaliste, un phénomène géognostique d'autant' plus intéressant que l'on n'en a point trouvé d'autre dans la vaste étendue du Brésil, à tel point que les savants ont douté de son exis-» tence à l'est des Andes.
Nous sommes. entré dans quelques détails sur la constitution géo* logique de la province de Rio-Grande, parce que le terrain compris
(1) Voyez aussi pour plus de détails sur la structure géologique des rives de rUruguaj et de la province de Rio-(jrande do Sul : Arsène Isabelle. Voyage à Buéuos-Ayres, Montevideo, les Missions et Porto-Alegre. — 1 vol. in-8. Havre, 1835.
(2) Memoria geologica jobre os lerrenos de Curral-AIto et Serro do Eoque ua provimcia d«San-Pedro do Sul. — Porto-Alegre, 1851.