‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 76 sur 193 · BASSIN DES SALINES. — CILVCO · texte numérisé non relu

BASSIN DES SALINES. — CILVCO

continuellement de nouvelles couches sableuses qui, lentement, mais d'une manière sûre, exhaussent le sol. Ce phénomène a tté peut-être plus marqué dans le principe ((u'aujourd'hui. — Ltî terrain supérieur, dans le sud de la province do Buénos-Ayres, n'offre absohiment aucun débris marin, mais seulement des fossiles de mammifères et même d'oiseaux de race aujourc|^hui éteinte (Bravard).

Il pourra paraître étonnant que, considérant le bassin des salines comme desséché à une époque probabii^meut modrrne, nous ne parlions pas de ses fossiles. Mais ce désert, fort peu hospitalier, n'est traversé qu'à la hâte par les voyageurs, et nulle reconn;iissance scientifique n'en a été faite. M. d'Orbigiiy , qui ne ït\ pas vu, ne le considère que pai* induction comme analogue au t<.aTain dt» la côte patagonieniie, ainsi qu'il Ta ligure sur Sii carte. — i)n ne piait s arrêter au milieu de cette solitude» , (.'t les bords seuls offrent quelques rares estancias. Nous n'en connaissons personnellement (pie la partie orientale qui ne nous a offeil nul échantillon de cetttî nature. — 11 n'y a que des fouilles faites sur différents points, qui pourraient fournir des renseignements sur la structure i^éelle du sol dans cette portion de la plaine intérieure et sur Tàge di.'S strates terreux ou rocheux qui la composent. Nous devons cependant dire ici que nous .ivous trouvé une ressemblance parfaite entre les l)erges du Saladillo et celles du Desaguadero, quoique ces deux rivières soient .séi>arées l'inie de l'autre par un espace d(» 200 lieues : même sable argileux à la superficie, mêmes efilorescences siUiues; seulement la terre argileuse qui Toraie le lit du Saladillo est plus compacte que celle (|ui constitue celui du Desiiguîidero. N',oublions pas en outre que celui-ci est à une altitude moyenne de 430 mètres, tandis qu'au contraire celle du Saladillo en atteint 80 an plus.

Quant à la plaine du Cliaco, soit en deçà, soit au delà du Verm(fj<), sa structure parait auîdogue à celle de la partie orieut^ihi de la plaine intérieure ; seuhanenl la végétation, grâce aux pluies, y est autrement forte et vigoureuse. Piulout se trouve un hmnus plus ou nuûns épais reeouvnuit le sous-sol argilo-siibleux, puis le limon pampéen que nous connaissons déjà. Ce sont les mêmes efilorescences s;dines avec les mêmes eaux simmàtres dans les nombreuses lagunes dont le fond glaiseux retient les eaux. Tous les vo) ageurs sont unanimes pour ufliiMiier qu'il ne se rencontre pas une pierre dans cette énorme plaine, et que le sol présente partout la même nature. Du reste, nous manquons de renseignements exacts sur cette région fort peu connue, —

région qu'en beaucoup d'endroits , tantôt d'épaisses forôts, tantôt le manque d'eau , tantôt la présence des Indiens sauvages, défendent contre des explorations régulières.

Fer météorique du Chaco, — Il nous est cependant impossible de ne pas mentionner ici le fait d'une masse de fer considérable, que l'on regarde comme étant d'origine météorique, et qui se trouve en plein Chaco, c'est-à-dire dans une grande plaine, à 60 lieues est de laville deSantiago-del-Estero. Son existence est un problème que la science n'a pas encore résolu , faute d'études suffisantes faites sur les lieux. Les Santiagais , en parcourant les bois de l'autre côté du Juramento pour leurs récoltes de miel sauvage , rencontrèrent au milieu d'une grande plaine , nommée Otumpa , une masse métallique où la présence du fer presque pur était irrécusable ; ils crurent voir que ce morceau n'était pas seul et qu'il y en avait d'autres dans les environs. Sur cette nouvelle, le vice-roi de Buenos- Ayres envoya deux membres de la commission des limites, Célis et Cerviîlo, pour l'examiner. Ces deux savants s'acquittèrent exactement de cette mission, et Célis en publia la description dans les Transactions philosophiques en 1788. Il considérait ce bloc comme d'origine volcanique.

Azara, à qui son ami Cer\iflo en avait fait la description, avouait ingénument qu'il ne pouvait se rendre compte de l'existence d'un morceau métallique pareil au milieu d'une plaine où , à cent lieues à la ronde , on ne trouvait pas une pierre, pas un caillou. « N'en pouvant expliquer l'origine, ajoute-t-il, je le crois aussi ance cien que le monde, et tel qu'il est sorti de la main du Créateur. »

D'après Cerviflo, qui l'a mesuré, ce morceau forme un carré allongé, long de 9 pieds et demi espagnols, large de 6, épais de 4 et demi, et cubant ainsi 86 pieds environ : il pèserait donc près de 45,000 kilogrammes.

Au commencement de la guerre de l'Indépendance , lorsque les navires de guerre espagnols bloquaient la Plata, le gouvernement de Buenos- Ayres envoya une petite expédition pour rapporter de ce fer et l'employer à fabriquer des fusils. L'expédition, effectivement, revint avec un morceau qui pouvait peser un tonneau et demi : on l'avait détaché au ciseau de la masse principale. On sut, en outre, que tous les Indiens nomades qui visitent quelquefois ces parages avaient dit que des morceaux analogues, à moitié enterrés, se rencontraient dans les environs et qu'on pouvait les suivre sur une grande étendue de terrain ; que même dans certains endroits ils ressemblaient à des troncs d'arbre. La cessation du blocus fit nécessai-

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