‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 77 sur 193 · FER MÉTÉORIQUE DU CHAGO · texte numérisé non relu

FER MÉTÉORIQUE DU CHAGO

rement négliger rexploitation d'un métal dont le transport exigeait d'énormes frais, et on se contenta de déposer la portion extraite au musée de Buénos-Ayres. Comme essai, on fabriqua de ce fer, essentiellement malléable et doux , une paire de pistolets qui furent en- • voyés en cadeau au président des États-Unis.

Lors de la reconnaissance des provinces-unies par T Angleterre, un inorceau pesant 700 kilos fut offert au consul, sir Woodhine-Parish (son ouvrage sur laPlata donne tous ces détails). M. Parish l'envoya au musée britannique. Une première analyse faite par les chimistes Proust et Howard y reconnut 10 pour cent de nikel, ce qui le fit considérer comme d'origine météorique, puisque tous les aérolithes fen'ugineux dont l'origine est bien constatée en contiennent.

Cependant il resterait h examiner minutieusement et compléteixieiit la question du gisement de ces masses ferrugineuses. On ne comprend guère que des morceaux métalliques d'un si grand poids , animés d'un vitesse planétaire lors de leur chute, s'arrêtent sur le sol et ne le pénètrent pas profondément. Or, toutes les descriptions de la masse trouvée au Chaco aflirment qu'elle est simplement superposée au sol.

Il est certain, d'autre part, que des quantités de fer moins compactes, mais de composition chimique analogue, puisqu'elles renfermaient 2 1/2 0/0 de nikel et 1/2 de cobalt , ont été trouvées au pied des Andes , dans le désert d'Atacama. Les Indiens de ces régions, fort habiles chercheurs de mines, les regardent comme des produits des montagnes voisines, projetés au dehors des liions, qui les 'enferment par les petites explosions volcaniques si fréquentes dans cette région. — Enfin le fer météorique si connu de Sibérie est, comme celui d'Atacama, spongieux, scorifié, rempli de petites cavi- Wîs, et d'un aspect pareil à celui de tous les aérolithes ; son giseïxient, la manière dont on l'a trouvé, laissent peu de doute sur son origine. — La question ne peut donc être encore jugée définitivement, pas plus pour la masse d'Otumpa que pour les autres.

Le fer du Chaco renferme, comme les fers précédents, du nikel et du cobalt; il est de plus très-compacte, éminemment malléable, se lime avec la plus grande facilité ; enfin il est susceptible du plus beau poli et ne se rouille point. Nous avons pu en faire l'expérience nous-même sur un morceau que nous possédons et qui vient directement du Chaco. Nous devons ajouter que le paysan qui l'apporta affirmait que, dans l'endroit où il l'avait ramassé, la terre en était

couverte , surtout après les orages. Nous tenons ceci d'un habitant du Fuerte de Andalgala auquel ce paysan l'avait rerais et qui nous en fit présent.

A différentes reprises on est allé à la masse principale pour en eitmire des morceaux au ciseau , ce fer se taillant facilement. On a même essiiyé de la soulever, en faisant jouer dessous une petite mine, mais on n'y est point par>'enu. Il resterait à savoir, et cela est essentiel, si le morceau est isolé et entouré seulement de quelques autres débris de môme nature , ou si , comme l'affirment les Indiens et les chercheurs de miel, il y a là une série de masses ferrugineuses susceptibles d'exploitation; ce qui serait d'ailleurs un phénomène bien extraordinaire dans un pareil terrain , lequel , conune nous le savons, est argilo-sableux à une grande profondeur. — Une reconnaissance exacte de la masse principale et surtout des environs rendrait mi grand service à la science et peut-être à l'industrie.

Malheureusement cette reconnaiss;mce est assez difficile à cause du manque d'eau; et il faudrait faire une véritable expédition, creuser des puits, organiser un campement, enfin séjourner le temps nécessaire pour une exploration complète de cette région, toutes choses qu'un gouvernement seul peut faire, et que l'administration de Santiago , fort gênée dans ses moyens d'action, n'a pu encore entreprendre, malgré le vif désir de tous ceux qui la composent. Depuis que l'on a commencé à s'occuper des intérêts matériels de celte province, la reconnaissance et les travaux du Salado , la restauration du lit du Rio- Dulce, les canaux d'irrigation pour l'agriculture, la répression des incursi(^ indiemies, toutes choses urgentes, ont exclusivement préoccupé Tactivité des habitants. La recherche et l'examen des pierres ferrugineuses du Chaco ne peuvent venir qu'après.

Le temps seul ou une circonstance heureuse pourront donc amener la solution de l'intéressant problème soulevé par la* présence de cette masse métallique meiTeilleuse au milieu du désert.

STRUCTURE DU SYSTÈME PATAfiOMEN. 215

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