GRANDE CORDILLÈRE DES ANDES
contrer un jour dans les terrains de sédiment qui, quoique rares dans cette région, s'y présentent cependant de temps à autre.
§ IV. — Système andin.
Nous connaissons déjà la configuration de la chaîne des Andes dans la Confédération argentine; essayons de pénétrer dans ses profoudeurs et de donner quelques détails sur sa constitution géologique. Ijsl matière est si vaste, retendue de ce système si grande, que nous serons nécessairement incomplets ; mais si nous n'avons pu Tétudier tout entier, nous appellerons à notre aide les obser>ations de JMAI.Gay I>omeyko et Pissis pour le versant occidental, celles de Dani\in pour quelques pu'ties de la cordillère de Mendoza (?t dt» Copiapo ; de d'Orbiguy pour les versants orientaux du massif Bolivien avec lequel les plateaux de Jujuy et de Saltn ont les plus grands rapports. Pour le reste, nous raconterons ce que nous avons examiné personnellement, nous ne connaissons aucun tmvail gé(»logiqu(» publié siir les réde San-Juan, llioja, Catîunarca, Salta, Jujuy et Tucuman, ^imlors que les observations abondent sur les Andes de la Bolivie, du ^érou, de TÉquateur, de la iNouvelle-ijrenade et du Venezuela.
En thèse générale, on peut diiv que trois catégories de roches doinent dans les Andes, catégories très-distinctes suivant leurs ver- : — Les granités et les cîdcaires cristallins dans le versant ocîdental; on y trouve de nombreux gisements métalli(iues : or, ^Rfgent, cuivre, fer, etc., etc. — Les poq)liyres dans la zone centrale; les gîtes métalliques y sont absents. — Les gneiss, les micaschistes, les grès et les calcaires dans les versants orientaux; les gisements ^xnétalliques du versant occidental y reparaissent. — Mîiintenant, sur -^ette immense étendue, les roches diverses se mêlent, se succèdent de mille manières : il y a des granités au centre (Andésite de M. Daririn), des formations g\pseus(»s, des basaltes, des laves modernes, etc., etc.; mais les trois régions géologiques y sont généralement bien marquées.
!• — Acides au sud du Paso-del-Portillo du 34' au 42* degré de latitude sud, — Elles sont composées, dans cette région, d'un cordon principal avec de nombreux contre-forts des deux côtés. Ce cordon, formant la limite de la (Confédération avec le Chili, porte les sommets les plus élevés et de nombreux volcans. Il est essentiellement
composé de porphyres noirs, bleus et verts , mêlés par conséquent de beaucoup de roches pyroïdes : basalte, trachytes, laves modernes..., etc., etc. Le versant occidental est flanqué de cordons beaucoup plus bas et qui appartiennent au système du gneiss et du micaschiste ; le chaînon qui longe la côte de TOcéan-Pacifique est principalement granitique. Une plaine assez régulière sépare ce dernier chaînon, du versant occidental des Andes; c'est là que se trouve la partie la plus peuplée et la plus fertile du Chili.
Le versant oriental ou argentin offre im grand nombre de chaînons secondaires dont la configuration est peu connue, mais qui ont cependant leur direction générale du nord au sud. Quelques vallées les coupent obliquement du nord -ouest au sud-est et donnent passage aux nombreux affluents du Rio-Négro, du Colorado, de l'Atuel et du Diamante. — Toutes ces petites chaînes offrent une trèsgrande variété de roches cristallines stratifiées, de fusion, etc., etc., on y trouve des calcaires saccharoîdes , des schistes ardoisiers, des grès bitumineux, des basaltes, des obsidiennes, des trachytes, des ponces, des quarts cristallisés et amorphes. A leurs pieds se rencontrent des sels alumineux, du sulfate de fer, du chlorure de sodium et des bitumes, etc., etc.
La chaîne orientale, qui commence au Cerro de Payen et se compose du Névado et du cordon qui se prolonge vers le nord jusque dans le voisinage du Rio-Tunuyan , paraît être composée de grès. Cependant le Névado, d'après Cruz, est entièrement noir, ce qui semblerait indiquer une roche porphyrique , analogue à celle du massif central andin. D'après des échantillons des roches de Payen que nous avons eues entre les mains , ce serait principalement des schistes argileux qui constitueraient ce système. Un calcaire noirâtre très-compacte qui en provient nous a offert des impressions d'ammonites. — Le système de Payen est très-riche en minerais de cuivre et d'argent.
M. Darwin a traversé la cordillère au passage du Port il lo et à celui de la Cwnbre; il en a donné les deux coupes géologiques. D'après lui, « Les Andes offrent au Portillo deux chaînes distinctes et paralc( lèles formées de roches sédimentaires de différents âges , dont les « strates reposent dans l'une et l'autre chaîne sur des roches pluto- « niques par lesquelles elles ont été altérées. On rencontre dans la <( chaîne la plus occidentale, celle de Phiqiienes^ où est le passage de « ce nom, des schistes argilo-calcaires noirs qui s'élèvent à la hauteur ttde près de 4,300 mètres, et renferment des coquilles appartenant